Édition du 16 décembre 2025

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

25 novembre : contre la violence faite aux femmes

#25Nov25

Appel à l’action : Ni guerre, ni galère — justice, paix et souveraineté pour les femmes paysannes, maintenant !

Bagnolet, 3 novembre – Depuis 26 ans, le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, rappelle au monde : NON à la violence contre les femmes ! Cependant, cette journée intervient dans un contexte marqué par de multiples crises — climatique, alimentaire, économique, politique, migratoire et des soins — qui menacent les avancées en matière d’égalité, au point que, selon ONU Femmes, il faudra près de300 ans pour atteindre l’égalité de genre.

Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/11/17/25-novembre-2025-contre-le-patriarcat-ni-oubli-ni-silence-marchons-contre-les-violences/?jetpack_skip_subscription_popup

La situation reste plus alarmante que jamais : les quelques droits acquis par les femmes — en particulier par les femmes paysannes, bergères, pêcheuses, sans-terre, salariées agricoles et saisonnières — reculent aujourd’hui, tandis que les taux de violence continuent d’augmenter en milieu rural.

Selon le rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation des femmes et des filles rurales, 43% de la population mondiale vit en zones rurales, et parmi les 80% des personnes vivant en situation d’extrême pauvreté dans ces zones, la moitié sont des femmes. Le rapport souligne que l’inégalité persiste : les femmes rurales ne gagnent que 82 centimes pour chaque dollar perçu par les hommes dans l’agriculture, et dans de nombreux pays, seules 29% des lois garantissent effectivement l’égalité des droits fonciers.

Nous observons également avec grande inquiétude la montée de la droite et de l’extrême droite à l’échelle mondiale, ainsi que les conservatismes qui portent atteinte aux droits historiques et fondamentaux des femmes. Cette dynamique s’accompagne de guerres, conflits, génocides, crises climatiques, discriminations, colonisations directes et indirectes des territoires, et militarisme, exposant les femmes paysannes, les enfants et les personnes LGBTQIA+ à de graves menaces pour leur sécurité et à diverses formes de violence systémique et structurelle.

En tant que mouvement paysan international, nous sommes horrifié·e·s de voir que, dans certaines régions du monde — Gaza, le Soudan, le Congo, Haïti et l’Équateur — les populations subissent quotidiennement massacres, exécutions brutales et attaques extrêmes, où la violence atteint son paroxysme.

En 2024, l’ONU a estimé que 676 millions de femmes, filles, soit 17% de la population mondiale, vivaient à moins de 50 km de zones de conflit, le chiffre le plus élevé depuis les années 1990. Cette réalité constitue une catastrophe humanitaire de dimension planétaire. Malgré l’ampleur de ces atrocités, les droits internationaux et les mécanismes de protection restent largement dépassés, incapables de protéger les survivant·e·s. Les femmes, et les filles paient le prix le plus lourd et sont exposées à des tactiques de guerre brutales, telles que l’utilisation de la famine ou de la violence sexuelle comme armes de guerre.

Les femmes rurales comme urbaines, qu’elles vivent dans le monde arabe, en Afrique, en Amérique latine, en Asie ou en Europe, subissent toutes violences, injustices et crimes contre l’humanité. Ces réalités sont indéniables et ne peuvent plus être minimisées. La violence affecte tous les aspects de la vie d’une femme : physique, psychologique, sexuelle, économique, politique, patrimoniale, culturelle, institutionnelle et environnementale.

À cela s’ajoutent des taux alarmants de féminicides, preuve que le droit fondamental à la vie des femmes — gardiennes de la vie — reste en danger permanent. Selon un rapport de l’ONU publié en 2024, chaque jour, 140 femmes, et filles meurent sous les coups ou agissements de leur partenaire ou d’un proche, soit une personne toutes les dix minutes.

Cette réalité reflète les défaillances d’un système mondial à la fois capitaliste, patriarcal, colonial et raciste, qui oriente les politiques locales et internationales et condamne la moitié de la planète à vivre dans un danger permanent et une injustice structurelle, loin de toute égalité de genre. L’universalité de ces faits n’est pas anodine : elle est renforcée par les hiérarchies patriarcales et la faible représentation féministe dans les espaces de pouvoir, perpétuant la violence structurelle et l’inégalité de genre.

Les femmes paysannes, autochtones, travailleuses migrantes, sans terre, bergères, pêcheuses, nomades et cueilleuses sont en première ligne des luttes et résistances contre toutes les formes de violence et contre le système capitaliste mondial qui confisque la souveraineté des peuples et la paix. Gardiennes des systèmes de vie et de la résilience des communautés, elles sont au cœur des combats pour la justice climatique, la terre et une alimentation saine. Protectrices de la terre, elles préservent leurs territoires et les semences, et nourrissent leurs familles, leurs communautés et le monde entier. Leur travail de soin défie les modèles économiques et politiques de mort : elles préservent les pratiques agricoles ancestrales, assurent la production et la transformation des aliments, garantissent une alimentation saine pour toutes et tous et jouent un rôle crucial dans la lutte pour la souveraineté alimentaire, tout en proposant des changements structurels basés sur les droits et en étant actrices politiques de transformations qui soutiennent la vie et la planète.

Elles réalisent un travail productif — qui soutient les économies locales et les territoires — et un travail reproductif — qui préserve la vie, la solidarité et la cohésion des communautés. Pourtant, au cœur même de cette mission vitale, elles se trouvent privées de leur droit à la terre et aux ressources qui garantissent leur autonomie, leur dignité et la justice. Elles sont les plus touchées par la famine, les crises climatiques, la pauvreté et le manque de soins.

C’est pourquoi notre mouvement considère que la véritable révolution vers un monde plus juste, en paix et capable de garantir la souveraineté alimentaire ne pourra advenir sans les femmes et leur justice. Nous poursuivons notre lutte paysanne, femmes et hommes uni.e.s, pour défendre la vie et la justice dans le monde contre ce système global basé sur la logique de destruction et le profit capitaliste, qui menace la Terre-Mère, les systèmes écologiques, les communautés rurales, la souveraineté alimentaire, notre santé et les générations de demain.

Notre vision du monde, basée sur les principes de souveraineté alimentaire, réforme agraire et pratiques agroécologiques, est une réponse à toutes ces crises contre la pauvreté et la famine.

En ce jour, nous appelons toutes nos organisations régionales et locales, nos allié·e·s, nos mouvements et collectifs sociaux, ainsi que toutes les personnes de conscience, à se réunir et à se mobiliser pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les diversités, tant à la campagne qu’en ville, et face aux guerres et aux génocides.

Notre lutte pour la paix est collective et solidaire.

Ensemble, nous pouvons changer cette réalité et affronter un système capitaliste mondial qui nous affecte toutes et tous.

Rejoignez l’action mondiale !

Tout au long du mois de novembre, nous vous invitons à vous auto-organiser et à partager vos actions locales avec nous. Nous vous encourageons également à tisser des alliances avec nos organisations nationales et régionales afin d’amplifier nos luttes collectives. Nous le ferons en construisant l’unité d’action ! Il est temps d’enraciner les féminismes dans les luttes paysannes et d’unir nos forces dans la lutte pour la souveraineté alimentaire !

Le 25 novembre, nous lancerons notre nouvelle publication : « Justice climatique, la perspective du féminisme paysan et populaire  », disponible en espagnol, français, anglais et portugais. Consultez notre site officiel pour la télécharger et l’utiliser dans les formations aux niveaux régional, national et local.

Kit de communication : lienICI– Affiche officielle + Formats pour les réseaux sociaux — adaptez l’affiche à votre langue locale ; une version vierge est également disponible.

Mur des actions mondiales : téléversez via ce LIEN les actions locales et régionales que vous réaliserez durant cette journée. Utilisez également ce mur comme outil de consultation pour découvrir toutes les actions menées à l’échelle mondiale.

Utilisez ces hashtags : #25N25 #StopAuxViolencesFaitesAuxFemmes #FemmesEnLutte #FéminismePaysanEtPopulaire

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Envoyez vos actions (communiqués, invitations, photos ou vidéos) à : communications@viacampesina.org
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Cette publication est également disponible en English : liste des langues séparées par une virgule, Español : dernière langue.
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