Édition du 22 juin 2021

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Budget du Québec 2014

Budget du Québec 2014 - Pas de cadeau pour les services publics ! (CSQ)

MONTRÉAL, le 20 févr. 2014 - « Pour établir son équilibre budgétaire, le gouvernement Marois semble déjà avoir fait son nid. Nous constatons qu’il choisit d’étrangler les services publics et refuse de considérer des solutions équitables pour les financer », souligne la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot. Les nouveaux budgets alloués aux différentes missions de l’État suffiront à peine à couvrir la croissance normale des coûts. Il faudra imposer des compressions qui auront certainement des impacts sur la qualité et l’accessibilité des services aux citoyennes et Citoyens.

Services de garde : augmentation de tarifs

Bien que le gouvernement prétende éviter de recourir à une augmentation de taxes et d’impôt, la décision d’augmenter de 2 $ les tarifs de services de garde n’est ni plus ni moins qu’une taxe déguisée. Cette orientation traduit un positionnement idéologique clair vers la tarification des services publics qui plaît à la droite, mais qui ne représente pas une réelle solution pour les finances publiques. Cette augmentation de 30 % des tarifs, elle, ne rapporte que quelques centaines de millions de dollars à l’État.

Par contre, pour les familles avec des enfants à la garderie ou à l’école (services de garde scolaire), la facture est salée. En effet, pour une famille avec deux enfants, il s’agit d’une hausse de plus de 1 000 $ par année. « L’accessibilité des services de garde constitue la clé de la stratégie de réussite en éducation. Par ailleurs, elle a grandement contribué à la croissance économique en facilitant l’entrée des femmes sur le marché du travail », rappelle la présidente de la Centrale.

Des sommes insuffisantes

La CSQ perçoit l’augmentation de 3 % du budget de l’éducation comme étant insuffisante. Cette hausse répondra-t-elle vraiment aux promesses faites lors du Sommet sur l’enseignement supérieur et à celles faites en matière de persévérance scolaire et ce, sans compression supplémentaire dans les services ? Pourtant, le gouvernement continue à percevoir les commissions scolaires comme une source de marges de manœuvre. Après plus de 600 millions de dollars de compressions dans les cinq dernières années, comment peut-il espérer faire plus que des économies de « bouts de chandelle ».
En santé, la CSQ constate que l’augmentation suggérée est la plus faible des dernières décennies. « Comment allons-nous maintenir les services en santé, sans même penser les améliorer, avec un ajustement d’à peine 3 % du budget ? » questionne Louise Chabot.

D’autres missions de l’État voient leur budget amputé de près de 1 % : environnement, culture, sécurité publique, famille et petite enfance, etc. Tous les jours des centaines de milliers de personnes consacrent leur énergie et leur talent à rendre divers services à la population. Comment, dans un contexte de coupures en série, pouvons-nous espérer leur donner les ressources et les conditions de travail nécessaires afin qu’elles puissent donner des services de qualité et accessibles ? Leur éthique professionnelle et leur dévotion auront des limites.

Négociation du secteur public à venir

« Il y a une limite à faire porter l’équilibre budgétaire sur le dos des employées et employés du secteur public. Depuis 2000, ces derniers ont perdu près de 10 % de leur pouvoir d’achat à la suite de différents gels de salaire ou d’augmentations insuffisantes », prévient Mme Chabot. Le gouvernement ouvre le bal de la prochaine ronde de négociation en annonçant son souhait d’obtenir une entente négociée et juste pour toutes et tous. Cela tombe bien, car la CSQ désire négocier une entente qui respectera la véritable valeur du travail de ses membres tout en leur garantissant une participation à l’enrichissement collectif.

Un sommet sur la fiscalité s’impose

« Il ne s’agit certes pas d’un problème de dépenses que doit relever le Québec, mais bien d’un problème de revenus. Nous ne le répéterons pas assez, il est urgent, voire essentiel, de tenir un Sommet sur la fiscalité afin d’assurer un financement adéquat et équitable des services publics », conclut Louise Chabot.

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