Édition du 29 septembre 2026

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Planète

COP17 : un grand échec et de petites victoires

Malgré un échec majeur de ses objectifs principaux causé principalement par les États-Unis, de nombreux participants à cette COP17 se sont organisés entre eux pour avancer sur des sujets périphériques, en reportant les points litigieux à la prochaine.

1 septembre 2026

C’est sur le thème restaurer les terres, restaurer l’espoir, que s’est tenu à Oulan-Bator, en Mongolie du 17 au 28 août la 17e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17). Plus de 15 000 personnes y ont participé.

Un échec provoqué principalement par les États-Unis

Le but de cette rencontre était de renforcer la collaboration internationale contre la désertification. Pour plusieurs observateurs, qui avaient pourtant de très basses attentes à son sujet, elle a été un échec, malgré le fait qu’elle se tenait à la suite d’un été ou des événements climatiques extrêmes, des canicules historiques à répétition, de longues sécheresses, des incendies et inondations catastrophiques ont montré l’urgence d’agir.
Actuellement, environ 40 % des terres émergées de la planète seraient dégradées, ce qui impacterait la sécurité alimentaire, l’accessibilité à l’eau et la stabilité économique de plusieurs pays. Ces enjeux appellent à des mesures urgentes et contraignantes. Alors que 131 pays s’étaient déjà engagés à enrayer la dégradation d’environ 1 milliard d’hectares d’ici à 2030, cette conférence n’est pas parvenue à avancer sur ce sujet.

Comme ils l’ont fait dans d’autres récentes rencontres internationales, les négociateurs américains ont empêché le consensus, se concentrant cette fois-ci sur le droit de vote des peuples autochtones, la participation de la société civile, la synergie avec les autres COP, au partage des conséquences, et même à l’égalité homme/femme, bien que ces sujets avaient été discutés et considéré comme réglé lors des réunions préparatoires.

Le président de l’association Cari, qui œuvre pour la résilience agricole au Sahara, Patrice Burger, a affirmé que cette opposition n’a fait que s’aggraver et s’envenimer au cours de la semaine malgré le fait que de refuser d’aborder ces questions revient à vider cette rencontre de sa substance. Le multilatéralisme devrait reposer sur le compromis et la recherche du consensus pour régler des problèmes globaux, affirme-t-il. Si chacun ne pense qu’à ses intérêts, le système s’effondre. Face à ces blocages qu’ils jugeaient inacceptables, les pays du groupe Afrique ont même quitté temporairement la table des négociations le 26 août. Un nombre sans précédent de questions à l’agenda a été bloqué et la discussion sur les points sensibles a été reportée à la COP18, faute d’accord.

De petites victoires

Malgré l’échec des objectifs principaux, les participants se sont cependant entendus sur 34 points mineurs qui incluent les terres de pâture et ceux qui les utilisent, ce qui touche près de 500 millions de personnes.

Un portefeuille de financements de 1,3 milliard de dollars, répartis dans 23 pays sur cinq continents, a été annoncé pour la résilience face à la sécheresse, la restauration des pâturages et l’adaptation. Sur ce montant, près de 650 millions seraient de l’argent frais.
Le Brésil, où 28 % des terres ont divers niveaux de dégradation, a présenté son objectif volontaire de neutralité en matière de dégradation des terres pour 2030. Ce pays veut restaurer plus de 163 000 km de terres dégradées et appliquer des mesures de conservation sur 3,51 millions de km supplémentaires. Le représentant du ministère brésilien de l’Environnement et du Changement climatique, João Paulo Capobianco, affirme que les mesures pour les restaurer sont considérées comme fondamentales pour son pays, car des sols sains seraient essentiels à la sécurité alimentaire, la disponibilité de l’eau et la biodiversité.

La Côte d’Ivoire a aussi lancé le 27 août une coalition de pays africain contre l’orpaillage illégal pour les fédérer autour d’une réponse structurée, durable, unie, face à ses conséquences environnementales et sociales. La coalition se fixe comme objectifs d’harmoniser les politiques et réglementations, renforcer le partage de renseignements, la coopération transfrontalière et prévoit cartographier les principaux foyers d’orpaillage illégal sur le continent. Plus de 8 500 sites auraient déjà été fermés dans les cinq dernières années selon le Conseil national de sécurité (CNS), qui constate cependant la persistance et même l’augmentation de ce phénomène à proximité des frontières. Le projet vise aussi à mobiliser des financements en faveur de la restauration des terres et des écosystèmes dégradés.

Repenser le fonctionnement des COP

Le travail de sape du gouvernement américain a donc encore une fois fonctionné. Le processus de gestion des grands problèmes internationaux de la planète mis de l’avant par l’ONU s’est révélé défectueux, comme cela a déjà été démontré pour les rencontres internationales sur la biodiversité, le climat, la mer ou le plastique. Pour plusieurs, ces rencontres devraient plutôt fonctionner au vote afin de passer outre le blocage de certains pays.

Bien que 355 milliards de dollars seraient actuellement nécessaires jusqu’à 2030 pour rencontrer les défis dans ce domaine, seulement 77 milliards y sont investis et les fonds privés ne représentent que six pour cent de ce montant. 

Si les États africains sont considérés comme les perdants de cette Conférence, puisqu’ils n’ont pas obtenu le cadre contraignant sur la sécheresse qu’ils demandaient depuis plusieurs années, le pastoralisme a enfin été reconnu comme une solution à la dégradation des sols, ce qui le rend éligible à du financement et peut être considéré comme une victoire. La secrétaire exécutive de la Convention, Yasmine Fouad, a aussi affirmé que ce qui avait été décidé il y a deux ans lors de la COP16 à Riyad en Arabie saoudite n’avait pas été défait.

La COP18, ou devrait être discuté un futur cadre stratégique et ses orientations, est prévu pour se tenir en Égypte en 2028. Il est à espérer que le pouvoir de nuisance démesuré de certains pays puisse avoir été endigué d’ici là.
Michel Gourd

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