Édition du 12 novembre 2019

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Élections fédérales 2019

CSN : Élections fédérales, priorités syndicales

La scène politique canadienne a subi d’importantes transformations au cours des derniers mois. À l’aube des prochaines élections fédérales, les récentes victoires de partis conservateurs dans différentes provinces ont de quoi inquiéter.

Soulignons d’entrée de jeu le retour des conservateurs en Ontario, dirigés par Doug Ford et soufflés par la « Ford Nation », cette ceinture de banlieues de classes moyennes entourant Toronto. En Alberta, les néodémocrates se sont fait montrer la porte, la réunification de la droite albertaine ayant permis à Jason Kenney, ancien ministre fédéral sous Stephen Harper, de remporter les élections.

Encore tout récemment, les libéraux de l’Île-du-Prince-Édouard étaient défaits par les progressistes-conservateurs. Quant à eux, les libéraux néobrunswickois, minoritaires, ont dû laisser le pouvoir au chef progressiste-conservateur Blaine Higgs après avoir perdu un vote de confiance.

Le Québec n’est pas en reste. Après une cinquantaine d’années d’alternance entre le Parti libéral et le Parti Québécois, la Coalition avenir Québec a remporté une majorité parlementaire le 1er octobre dernier. Surfant sur des milliards de surplus budgétaire, le premier budget de la CAQ, imparfait à bien des égards, ne s’est pas traduit par les compressions budgétaires que certains craignaient. Néanmoins, le positionnement à droite du spectre politique du parti dans les mois suivant sa création en 2011 ne doit pas être ignoré, en dépit d’un certain recentrage à la veille des élections.

Bref, à l’heure actuelle, sept des dix provinces canadiennes sont dirigées par des gouvernements campés à droite du spectre politique. Seules la Nouvelle-Écosse (libéraux), Terre-Neuve (les libéraux, minoritaires, pourraient rapidement être renversés par les conservateurs) et la Colombie-Britannique (néodémocrates) échappent à l’hégémonie conservatrice. Les prochains mois nous diront si le Québec peut se targuer d’une telle chose.

Plusieurs idées portées par la droite s’élèvent ainsi d’un océan à l’autre, à des degrés variables. Nombreux sont les porte-voix d’une remise en question de la taxe sur le carboneou d’un retrait de la bourse sur le carbone. Les pressions exercées sur différents acteurs politiques se multiplient pour développer les débouchés commerciaux des sables bitumineux.Sans aucun doute, l’échiquier politique des gouvernements provinciaux risque de resserrer la scène fédérale vers la droite.

Nouvellement élu, Jason Kenney pourrait vraisemblablement s’ériger en porte-parole de la droite des provinces. Fait plutôt inusité dans l’histoire politique québécoise, la récente visite en Alberta du ministre des Finances du Québec, Éric Girard, tend à confirmer cette hypothèse.

Cette montée en puissance des partis conservateurs provinciaux laisse-t-elle présager un changement de garde à Ottawa ? Malheureusement, les récents sondages pancanadiens en prévision des prochaines élections laissent entrevoir la réelle possibilité d’un retour des conservateurs à Ottawa.

(...)

Propositions

À l’approche de la campagne électorale fédérale, il est proposé que la CSN et ses organisations affiliées interpellent les différents candidats et partis politiques sur la base des revendications suivantes :

1.Que le Canada se dote d’un plan concret pour réduire notre production et notre consommation d’hydrocarbures afin de respecter nos engagements internationaux en matière de réduction de gaz à effet de serre et de lutte contre les changements climatiques ; que ce plan comprenne un soutien financier afin que cette transition énergétique soit juste envers les travailleuses, les travailleurs et les communautés.

2.Qu’une réforme de l’assurance-emploi soit mise en œuvre afin d’accroître la durée des prestations pour régler le problème du « trou noir », d’instaurer une norme d’admissibilité au régime indépendante du taux de chômage régional qui permette un accès raisonnable aux prestations pour les travailleuses et travailleurs atypiques et, enfin, de créer une caisse autonome, indépendante et dissociée de la comptabilité générale du gouvernement. Que cette réforme corrige également les éléments discriminatoires quant à l’accès des femmes à l’assurance-emploi.

3.Que le gouvernement canadien mette en place un régime d’assurance-médicaments public et universel, tout en respectant les champs de compétence provinciale.

4.Que le gouvernement fédéral s’assure d’utiliser toutes les modalités possibles pour favoriser l’emploi local lors de l’attribution de contrats publics, que ses sociétés publiques y soient encouragées et que l’équité entre les différentes régions du Canada soit rétablie lors de l’octroi de tels contrats.

5.Qu’Ottawa pérennise son programme de crédit d’impôt sur la masse salariale des salles de presse et qu’il finance, en taxant adéquatement les multinationales numériques présentes au Canada, des mesures additionnelles pour soutenir les médias canadiens.

6.Que le gouvernement canadien résolve, sans délai, les problèmes du système de paye Phénix et compense adéquatement tout travailleur ou travailleuse ayant été lésé.

7.Que le gouvernement fédéral mette un terme à la possibilité pour les entreprises de rapatrier des dividendes en franchise d’impôt à partir de paradis fiscaux et qu’il applique les initiatives du G20 et de l’OCDE pour lutter contre l’évasion et l’évitement fiscaux ainsi que les solutions mises de l’avant par le Collectif Échec aux paradis fiscaux.

8.Que le Canada mette en œuvre les recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation et celles du rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) et que le gouvernement fédéral s’engage aussi à agir en faveur des recommandations visant particulièrement le Québec.

9.Que le gouvernement canadien réinvestisse davantage dans les fonds de recherche fédéraux.

10.Que le gouvernement canadien mette en place des mesures contraignantes pour mettre fin aux disparités salariales que subissent encore les femmes malgré la Charte canadienne des droits et libertés de la personne et les lois sur l’équité salariale.

11.Que le gouvernement fédéral tienne compte des besoins et de la sécurité des travailleuses et des travailleurs de la fonction publique, notamment pour les agents de la paix, lorsqu’il introduit des modifications qui mettent des droits opposés en action.

12.Que le gouvernement instaure une loi anti-briseurs de grève.

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