Une douzaine de militant·es et de dirigeant·es syndicales/syndicaux ont distribué des supports d’information d’IG Metall et échangé avec les passant·es. L’objectif principal était clair : expliquer pourquoi les travailleurs/travailleuses ont besoin d’un syndicat, pour quels types de problèmes sur leur lieu de travail elles et ils peuvent solliciter de l’aide, et quelles possibilités la représentation collective peut leur offrir pour protéger leurs intérêts.
Cette action a été organisée par Felix Groel, secrétaire syndical d’IG Metall Weser-Elbe, et Ivan Ovsyannikov, militant syndical d’IG Metall. Cet événement constituait, en quelque sorte, une expérience : les syndicats allemands tentent de trouver des moyens plus efficaces d’atteindre les travailleurs/travailleuses ukrainien·nes et russophones, dont beaucoup restent méfiant·es, ne serait-ce qu’à l’évocation du mot « syndicat ».
Pendant une heure et demie, les militant·es ont discuté avec les habitant·es, répondu à leurs questions et expliqué en quoi un véritable syndicat diffère des structures post-soviétiques que connaissent bien de nombreuses personnes de la région.
À l’issue du piquet de grève, une table ronde s’est tenue à la Maison des syndicats de Bremerhaven. Elle a réuni des représentant·es d’ONG locales, des militant·es des syndicats allemands IG BAU et ver.di, ainsi que des syndicalistes de pays d’Europe de l’Est.
Oleg Shein, l’un des dirigeants de la Confédération du travail de Russie, et Lizaveta Merliak, directrice générale de Salidarnast e.V., ont évoqué la situation des droits des travailleurs/travailleuses dans leurs pays respectifs ainsi que les perspectives du mouvement syndical.
Aliaksandr Yarashuk, président du Congrès biélorusse des syndicats démocratiques, a également donné son analyse de la situation. Il a souligné que le faible intérêt des Biélorusses pour l’adhésion à un syndicat est largement lié à l’héritage laissé par le système syndical soviétique. Aujourd’hui, a-t-il déclaré, cette même tradition est perpétuée par la Fédération des syndicats de Biélorussie, favorable au gouvernement, au sein de laquelle jusqu’à 95% des travailleurs et travailleuses du pays ont été affecté·es d’office.
C’est pourquoi de nombreuses personnes originaires de Biélorussie, d’Ukraine et d’autres pays de la région associent encore aujourd’hui les syndicats non pas à l’auto-organisation des travailleurs/travailleuses, à la négociation collective et à la protection de leurs droits, mais à une structure bureaucratique rattachée à un employeur ou à l’État.
Pour les syndicats allemands, cela représente un défi de taille. Des centaines de milliers de travailleurs/travailleuses originaires des pays d’Europe de l’Est vivent en Allemagne, et une part importante d’entre elles et eux reste en marge du mouvement syndical.
L’action menée à Bremerhaven visait à comprendre comment communiquer avec ce public dans un langage qui trouve un écho chez lui, et comment redonner au mot « syndicat » son sens véritable : des travailleurs/travailleuses s’organisant collectivement pour défendre leurs propres intérêts.
https://www.salidarnast.info/post/how-ig-metall-is-recruiting-eastern-european-residents-of-bremerhaven-into-the-trade-union
Traduit par DE
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