Moins !
Kōhei Saitō
Traduit du japonais
Tous ceux que le réchauffement climatique préoccupe réellement devraient lire cet important essai ! L’auteur nous y décrit ce qui demeure la seule voie réaliste pour faire face à la catastrophe environnementale appréhendée : le communisme de décroissance ; communisme de décroissance qui implique la mise en place de communs, la réappropriation de la démocratie et un monde axé sur l’entraide, la valeur d’usage des biens et services et la prospérité, sans oublier personne. Tout le contraire du capitalisme, de la croissance illimitée, inégalitaire et destructrice de notre environnement, qui n’assure en fait la prospérité que d’une faible minorité de possédants. Un bouquin plein d’optimisme aussi, qui nous trace la voie à suivre.
Extrait :
Le capitalisme dépend de la rareté artificielle. C’est ce capitalisme, en tant que système d’austérité, qui nous force à endurer une vie de pauvreté. Nous ne sommes pas pauvres parce que nous ne produisons pas assez. Nous sommes pauvres parce que l’essence du capitalisme c’est la rareté. C’est ça l’opposition entre valeur et valeur d’usage. Les politiques néolibérales d’austérité menées récemment conviennent parfaitement au capitalisme, car ce sont des politiques qui augmentent la rareté artificielle. Au contraire, l’abondance demande une rupture avec le paradigme de la croissance économique.
Le pari québécois d’une culture avant le pays
Jean-Claude Germain
Jean-Claude Germain nous a quitté plus tôt cette année. J’ai lu ses très intéressantes chroniques dans L’aut’journal pendant des années. Il nous y parlait de notre petite et grande histoire, du passé dont il avait été témoin, de culture, de la nôtre et de celles des autres, de façon colorée, avec des anecdotes, des souvenirs, des rappels de notre passé. Dans ce dernier bouquin, il nous parle de Durham, et de ceux qu’il nomme ses trois fils spirituels : Wilfrid Laurier, Louis St-Laurent et Pierre Elliot Trudeau. Il nous parle aussi de nos artistes, de notre langue, de féminisme… Un de nos grands historiens et grands raconteurs comme il s’en trouve peu.
Extrait :
À une époque où Maurice Duplessis tenait le Québec sous le charme de ses calembours et de son éloquence du terroir, Louis Stephen Saint-Laurent cassait son français. Cette particularité linguistique de Mononcque Louis — cette distanciation brechtienne par l’accent — lui conférait dans le paysage politique québécois, du moins celui des oreilles, un statut exotique. Presque celui d’un étranger.
L’OTAN
Medea Benjamin et David Swanson
Traduit de l’anglais
Ce bouquin, dont je vous recommande vivement la lecture, nous apporte un éclairage absolument nécessaire sur cette alliance militaire qu’est l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), la plus grande et destructrice alliance militaire de tous les temps. Les militants pacifistes Medea Benjamin et David Swanson y exposent comment cette organisation en perpétuelle croissance et qui viole continuellement de nombreux articles de la Charte des Nations Unies stimule la course à l’armement, exacerbe les conflits dans le monde et accentue dangereusement le risque d’une guerre nucléaire.
Extrait :
Pour prévenir un autre confit mondial dévastateur et créer un ordre international qui ne sera pas fondé sur des alliances militaires, mais sur une coopération dont tous les pays sortiront gagnants, la tâche à accomplir est claire : il faut construire un mouvement citoyen mondial qui dira non à l’OTAN et non à la guerre.
Satan Belhumeur
Victor-Lévy Beaulieu
Victor-Lévy Beaulieu, qui nous a quittés le mois dernier, est une des figures les plus imposantes de notre littérature. Dans un style et une langue bien à lui, il nous aura légué une œuvre importante comprenant des dizaines de romans, de récits, d’essais, de téléromans et de pièces de théâtre. Dans ce roman, paru en 1981, le protagoniste Satan Belhumeur est un type marginalisé qui vit dans un tonneau, rue Monselet, à Moréal-Mort. Il a pour amis Jos, l’homme-cheval Bom’ Câlice Doucet et Abel, et il à maille à partir avec les autorités, en particulier avec le maire Polux Ryani et l’infâme Caligula Trudel, qui veulent le forcer à quitter les lieux…
Extrait :
S’il y a une chose qui n’est pas normale, déclare l’un de ceux-ci, c’est bien celle-là : que Belhumeur occupe l’un des derniers beaux terrains qu’il nous reste à Moréal-Mort ! À la place de cet affreux tonneau, imaginez ce que ça serait si l’on érigeait une Tour d’habitation, avec plein de petites boutiques au rez-de-chaussée et un immense parquigne dans le sous-sol ! Pensez à la reconnaissance que tous nos vieillards et toutes nos vieillardes nous manifesteraient même après leur mort !























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