Édition du 24 novembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

États-Unis

Congédiez Donald Trump !

Nous n’avons aucune illusion à propos de Joe Biden, mais nous avons besoin qu’il gagne

C’est l’élection la plus importante de notre vivant, celle qui aura tenu le plus de place dans les 155 ans d’histoire de The Nation. Lorsqu’il a accepté la nomination (à la candidature présidentielle) en 2016, Donald Trump a promis de : « ramener la sécurité, la prospérité et la paix dans le pays (…), d’y ajouter des millions de nouveaux emplois et des milliers de milliards de dollars de plus à la nouvelle richesse ». Lors de son assermentation, il est revenu sur ce thème s’engageant à reconstruire : « notre pays avec des efforts américains par la main d’œuvre américaine ». Ça s’est avéré être un mensonge.

The Nation, Premier octobre 2020
Traduction, Alexandra Cyr

Au lieu de nous diriger vers la prospérité, il nous a rentré dans la gorge une loi sur les impôts et taxes qui a acheminé des milliards de dollars vers ses riches supporters et les membres de son cabinet, donné des réductions de 40% aux entreprises et quelques miettes aux familles de la classe ouvrière. Au lieu de travailler à la paix, il a dénoncé l’entente sur le nucléaire avec l’Iran, dénoncé le traité sur les armes nucléaires de moyenne portée que R. Reagan avait négocié et il a retiré le pays de l’entente sur « Open Skies ». Et c’est sans mentionner le retrait des USA de l’accord de Paris sur le climat. C’était prévisible avec cette administration qui ne veut rien savoir de la science, a une aversion à la vérité et une confiance aveugle dans (la prétendue) infaillibilité des marchés et des élites. D. Trump inonde « Twitter » pendant que l’ouest du pays brûle et n’a rien d’autre à offrir que quatre années de plus d’incompétence et d’indifférence. Celui qui s’était engagé à en finir avec le « carnage des États-Unis » s’est révélé être le champion de la suprématie blanche, du fanatisme et de la haine nationaliste.

Et, tout cela, sans prendre en compte la misérable façon dont il a géré la crise du Coronavirus qui nous a révélé sa terrifiante inefficacité comme leader, et son incapacité quasi mortelle à prendre conseil ou à s’élever au-dessus de la mêlée. La pandémie s’étend toujours. Notre pays détient le record de décès et de souffrance dans le monde. Nous devrions nous demander : « Est-ce que je me sens plus en sécurité qu’il y a quatre ans » ?

Défaire D. Trump dans les urnes ne guérira pas les terribles blessures infligées à notre corps politique depuis quatre ans. Mais c’est l’absolu premier pas nécessaire. Cela veut dire voter pour Joe Biden que ce soit par le vote anticipé partout où c’est possible ou par le vote en cas d’absence prévue et, si nécessaire, le vote en personne.

Nous n’avons aucune illusion au sujet de J. Biden. Comme nous l’avons dit en novembre dernier, il a participé au retrait de la protection de la faillite aux personnes incapables de rembourser leurs prêts étudiants, il a aidé à la rédaction de la loi qui empêche les États d’établir un maximum aux taux d’intérêt et sur les transferts bancaires entre les États. Sa carrière au Sénat a amené de l’eau au moulin de l’industrie des cartes de crédit du Delaware (État dont il est le Sénateur n.d.t.). Donc, dire que J. Biden est un agent dormant du socialisme est une blague cruelle tout comme dire qu’il est un radical qui se cache.

Durant les primaires démocrates, des candidats.es avec des idées radicales étaient sur les rangs. Bernie Sanders, le candidat préféré de The Nation, a présenté une (nouvelle) vision de Medicare pour tous et toutes et mis au rang de droit humain, la santé et la sécurité économique. Elizabeth Warren a condamné les largesses de J. Biden envers les banques et a fait campagne avec un programme contre les millionnaires monopolistiques et les voleurs milliardaires qui ont manipulé notre économie (en leur faveur). Maintenant ces deux candidats vont voter pour J. Biden.

Tout comme Angela Davis, Noam Chomsky et Jesse Jackson. Ils font campagne pour démontrer le potentiel d’une élection présidentielle pour dépasser les frontières du possible. Comme le dit A. Davis, l’objectif de cette élection est de : « choisir un candidat sur lequel on puisse faire suffisamment pression pour qu’il accorde plus d’espace au mouvement antiraciste en évolution ». The Nation a toujours préféré mettre sa confiance dans les mouvements que dans les sauveurs. C’est à partir des mouvements et d’un gouvernement disposé à écouter plutôt qu’à tout décider qu’il est possible de garder espoir en ce moment, nous en sommes convaincus.es,

La mort récente de la juge R. B. Ginsburg permet de souligner tout ce qui est en jeu. Pour N. Chomsky : « que vous aimiez J. Biden ou non n’a rien à voir. Quatre années de plus avec D. Trump peut littéralement nous amener à un niveau où la survie des sociétés humaines organisées soit en péril  ». Peut-être pensez-vous que c’est mousser la peur. Peut-être vivez-vous dans un État sécuritaire. Les Newyorkais.es ont la chance d’avoir la possibilité de voter pour J. Biden en votant pour les candidats.es du Working Families Party, en même temps un vote contre D. Trump et contre l’élite corporatiste dominante du Parti démocrate. Mais il faut clairement battre D. Trump par le vote populaire pour empêcher un appel à la Cour suprême qui penche déjà de son côté (conservateur) et pour cela il faut que chaque vote compte.

Quand nous avons endossé la candidature de J. Biden en avril dernier, B. Sanders le complimentait : «  vous voulez que tout l’électorat vous rejoigne, même ceux et celles qui ne sont pas d’accord avec vous  ». Et de fait, quels que soient ses mérites par ailleurs, le choix de Kamala Harris comme colistière met en lumière sa volonté de travailler avec l’une de ses critiques les plus efficaces. C’est aussi un message de son respect pour les électorats de couleur, particulièrement les Afro Américains et surtout les femmes de cette minorité. Leur rôle est fondamental dans la coalition démocrate mais elles ont trop longtemps été prises pour acquis.

Après sa nomination, J. Biden a implicitement convenu que les temps actuels exigent des solutions plus solides que la restauration (du mode de gouvernement) qu’il a promis durant les primaires. Il a formé un groupe de travail comprenant non seulement B. Sanders, mais aussi : la présidente du caucus noir du Congrès, Mme Karen Bass, les représentantes A. Ocasio-Cotez et Pramila Jayapal, le co-fondateur du mouvement Sunrise, Varshini Prakash, et la présidente de l’Association des Flight Attendants, Sara Nelson. Il s’agit sans nul doute de la plateforme la plus progressiste depuis des décennies, malgré le refus têtu de J. Biden d’accepter la proposition de Medicare pour tous et toutes même en plein milieu de la pandémie qui fait rage. C’est une décision à courte vue et politiquement nuisible.

Comme l’a déclaré B. Sanders à la convention démocrate : «  Si D. Trump est réélu, tous les progrès que nous avons faits (jusqu’ici), seront en danger  ». Parce que, malgré les bois dans les roues de la part du Président, nous avons progressé dans nos attitudes en regard du réchauffement climatique, des droits de reproduction, de la justice raciale, des inégalités économiques, de la brutalité policière, des réformes à apporter en matière d’immigration et des soins de santé universellement financés et prodigués.

Se débarrasser de D. TRump va faire en sorte que les mouvements qui ont permis ces avancées pourront continuer de faire pression plutôt que de perdre les quatre prochaines années sur la défensive. Le pouvoir des véritables progressistes dûment élus.es sera aussi renforcé. Spécialement, si les Démocrates gagnent dans les États pivots. Mais nous n’avons aucune garantie. Il n’y a pas de pouvoir s’il n’y a pas de revendication.

Ce dont nous sommes certains.es c’est que D. Trump est un danger non seulement pour notre république et nos institutions démocratiques, mais même pour nos propres vies. Débarrassons-nous de lui. Le 3 novembre on le congédie !

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