Édition du 21 juin 2022

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Environnement

Contamination des eaux en Gaspésie

Plusieurs groupes environnementaux et citoyens demandent au gouvernement de faire la lumière sur la contamination léguée par les entreprises pétrolières et gazières

Québec, Montréal, Gaspé, Baie-des-Chaleurs, le 8 décembre 2021 - Grâce à la
vigilance de groupes citoyens et environnementaux en Gaspésie, Le Soleil
révélait ce samedi que la nappe phréatique près du puits Bourque à
Murdochville était contaminée dès 2017

<https://www.lesoleil.com/2021/12/04...>

en raison des activités de l’entreprise pétrolière Pétrolia. Greenpeace,
Eau Secours, Nature Québec, Environnement Vert Plus, la Coalition étudiante
« Arrêtons GNL », La Planète s’invite au Parlement-Gaspé, Solidarité
Gaspésie, Équiterre, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec,
Fondation David Suzuki, l’Association québécoise des médecins pour
l’environnement (AQME), Mères au front et Prospérité sans pétrole
s’inquiètent que d’autres puits à travers le Québec soient dans la même
situation et qu’il n’existe actuellement aucun état de la situation
permettant de comprendre l’ampleur du passif environnemental légué par les
pétrolières et les gazières.

Les groupes demandent un inventaire complet de la qualité des eaux
souterraines pour tous les puits forés au cours des vingt dernières années
ainsi que tous ceux considérés comme problématiques par le gouvernement.
Ils demandent également plus de transparence et d’actions de la part du
gouvernement pour tous les puits répertoriés comme problématiques et sous
la responsabilité de l’État en raison de la défection de l’industrie qui
les a creusés.

Dans le contexte où le gouvernement s’apprête à mettre un terme définitif à
l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures et considère « indemniser
 » les entreprises pétrolières et gazières, il est inconcevable que cette
information ne soit pas considérée à sa juste valeur et que la population
n’ait pas accès à ces informations. À l’heure où le gouvernement évalue la
possibilité de donner des dizaines, voire des centaines de millions de
dollars en cadeaux aux entreprises pétrolières et gazières, rappelons
qu’une pétition ayant récemment été lancée à ce sujet a reçu l’appui de 25
000 personnes s’opposant à cette éventualité.

<https://www.finilescadeaux.com/pour...>

La contamination des eaux souterraines dans le cas du puits Bourque est
loin d’être anodine. Les entreprises n’ont l’obligation de produire un
rapport sur la qualité des eaux souterraines suivant un forage que depuis
l’entrée en vigueur du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur
protection (RPEP) en 2014. Cela signifie que les rapports sur le suivi de
la qualité des eaux souterraines existent seulement pour certains forages à
Bourque, à Galt et à Haldimand, tous en Gaspésie. Or, aucun de ces puits
n’a fait l’objet de fracturation, contrairement à 19 des 31 puits forés
dans les basses terres du Saint-Laurent durant la saga des gaz de schiste.
Les rapports de suivi n’existent pas non plus pour les puits forés au
Bas-St-Laurent. Les groupes réclament conséquemment que la lumière soit
faite sur la contamination des nappes phréatiques, particulièrement autour
des puits où les compagnies demandent, en ce moment même, des
indemnisations pour plier bagage.

Ailleurs au Canada, où des dizaines de milliers de puits de pétrole et de
gaz abandonnés sont toujours en attente de décontamination, la population
est aux prises avec des émanations toxiques qui se présentent sous forme
d’éruptions spontanées et non contrôlées, notamment de sulfure d’hydrogène
qui est une substance connue pour avoir des impacts néfastes sur la santé
humaine. Comme d’autres provinces ont eu à le faire au pays, le Québec a la
responsabilité de mettre sur pied des plans de traitement accompagnés
d’importants fonds dédiés à la décontamination de ces puits.

Citations :

Opacité de l’entreprise fautive et décontamination très coûteuse

«  On ne trouve aucune trace de la contamination à Bourque dans les PV du
comité de suivi du projet
<https://drive.google.com/drive/u/1/...> .
Pourquoi Pieridae, le successeur de Pétrolia, n’en a jamais touché mot ? Il
n’y avait déjà aucune raison de faire des cadeaux à cette industrie pour
qu’elle quitte. En considérant les coûteuses opérations de décontamination
que nous aurons à mettre en branle pour les décennies à venir, le
gouvernement du Québec devrait considérer combien ces entreprises devraient
verser pour réparer leurs pots cassés.
 » mentionne Pascal Bergeron,
porte-parole d’Environnement Vert Plus

Une absence d’analyse inquiétante

« C’est outrageant qu’il n’y ait pas d’analyse faite sur les eaux
souterraines entourant les forages datant d’avant l’adoption du RPEP en
2014 ! On doit impérativement savoir où les sources d’eau potable ont été
contaminées et l’ampleur des contaminations qui deviendront malheureusement
le fardeau des communautés locales. Le MERN doit procéder à l’analyse de
tous les puits sous sa responsabilité et présentant des signes de fuite ou
de contamination. Cela représente plus d’une vingtaine de puits partout au
Québec, en plus des quelque quarante puits appartenant toujours à des
entreprises qui quêtent justement une indemnité au gouvernement.
 » explique
Rébecca Pétrin, directrice d’Eau Secours.

Ne pas récompenser les pollueurs

«  Privatiser les profits et collectiviser les coûts : voilà ce qui pourrait
résumer la stratégie de l’industrie pétrolière et gazière au Québec. La
situation en Gaspésie en est un autre exemple probant. Ces entreprises ont
depuis longtemps fait la preuve que la santé des Québécoises et Québécois
de même que celle du territoire n’est pas une priorité. Le pire signal à
envoyer serait de récompenser ces comportements en leur versant des
indemnités. Le gouvernement ne doit pas céder.
 » souligne Émile
Boisseau-Bouvier, analyste des politiques climatiques chez Équiterre

C’est à l’industrie de payer pour les dégâts qu’elle a causés

« Le gouvernement se doit d’encadrer davantage l’industrie des
hydrocarbures, insoucieuse du bien-être du territoire et de la santé des
Québécoises et Québécois, afin de s’assurer que les externalités négatives
des projets pétroliers et gaziers soient limitées. L’industrie se doit de
payer pour les torts qu’ils ont causés et qu’aucune indemnisation ne leur
soit versée. »
mentionne Charles Bonhomme, spécialiste, communications et
affaires publiques à la Fondation David Suzuki

Le tabac et le pétrole, même combat

« Donner des fonds publics aux compagnies qui ont contaminé les sources
d’eau, le territoire et l’atmosphère reviendrait à donner notre argent aux
entreprises de tabac qui nous ont elles aussi empoisonnés pendant des
décennies. L’argent des contribuables doit servir à financer la transition
juste vers un monde sobre en carbone, pas à récompenser des voyous.
 » conclut
Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

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