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Malgré le débordement auquel font face nos maisons, j’ai été impression née de nous voir si impliquées, aux côtés de notre Regroupement, pour faire avancer les causes qui nous tiennent à cœur. L’année a été marquée par des moments de solidarité, où l’on s’est tenues ensemble. Nous n’avons pas ménagé nos efforts pour faire reconnaître l’importance de notre travail et la nécessité de rehausser le financement des maisons : dans les réseaux sociaux, auprès de nos députées et députés, de nos partenaires, dans les médias, allant même jusqu’à nous faire entendre sur le parvis de l’Assemblée nationale, dans une mobilisation exceptionnelle qui a vu converger les maisons des quatre coins du Québec.
Cette campagne « On ne protège pas les femmes à moitié » a été aussi rassembleuse que fructueuse : le marathon, auquel ont pris part quelques maisons non affiliées, a mené à de nouveaux investissements pour consolider notre réseau. S’il reste du travail pour combler l’ensemble des besoins, célébrons cette victoire et célébrons cette force commune qui nous y a menées.
Force commune qui s’est illustrée aussi dans la multitude de comités à l’œuvre au sein du Regroupement tout au long de l’année : 16, pour être précise, auxquels s’ajoutent les agentes de sensibilisation du programme « Milieux de travail alliés », les porte-parole médiatiques et politiques, ainsi que les formatrices. Force commune qui s’est aussi illustrée dans la rue, à l’occasion de la 5e Marche mondiale des femmes à Québec, ou lors de vigiles à la mémoire de femmes tuées par leur (ex-) partenaire. En véritable acteur de transformation, le Regroupement a posé une nouvelle pierre à l’édifice de la lutte contre la violence conjugale en créant cette année l’Institut Écho : un carrefour d’échange et de formation visant à soutenir celles et ceux qui interviennent auprès des victimes.
Armé d’une vision ambitieuse et d’un réseau de partenaires solide, cet Institut a rencontré un réel engouement lors de son lancement. En témoigne la liste impressionnante de formations et de conférences déjà offertes (39 !) en seulement 4 mois d’existence. Avec cette initiative, le Regroupement assume son rôle de catalyseur, en encourageant la circulation des idées et des bonnes pratiques, en suscitant une envie d’agir qui pourra se concrétiser facilement et faire des petits. Les bonnes pratiques, elles, dépassent largement le cadre des frontières. Le Regroupement l’a bien compris, et il clôture une année sous le signe du rayonnement international. Belgique, France, Espagne, Australie : les occasions d’échanges et de collaborations n’ont pas manqué.
Côté Atlantique, l’expertise de pointe développée sur le contrôle coercitif a mené le Regroupement à la rédaction collective d’un ouvrage de référence sur la question, qui croise des perspectives belges, françaises et québécoises. Cette expérience a même donné lieu à une tournée de formation en Belgique, qui a permis au Regroupement de mettre à profit son savoir, mais aussi d’en retirer des apprentissages à réinvestir ici. Côté Pacifique, la perspective de criminalisation du contrôle coercitif au Canada a amené le Regroupement à se tourner vers l’Australie pour tirer des leçons de deux législations récentes.
Une mission organisée là-bas a permis de rapporter des informations précieuses, aussitôt mises à profit dans le cadre du cheminement d’un projet de loi visant à créer une infraction de contrôle coercitif dans le Code criminel. Cette contribution du Regroupement s’ajoute à tout le travail réalisé depuis plusieurs années pour préparer le terrain à la criminalisation, par le biais d’outils, de rapports et de formations des acteurs socio-judiciaires. Alors que le projet de loi pourrait bientôt se concrétiser, n’ayons pas peur de dire que le Regroupement aura été un véritable fer de lance au Québec pour faire reconnaître le contrôle coercitif, ses ramifications et sa dangerosité.
J’aimerais adresser un grand bravo à chacune et à toutes les femmes extraordinaires qui composent notre réseau, car la somme de nos actions fait un Regroupement fort, dont l’élan n’est pas près de fléchir. Une dernière pensée pour les femmes que la violence masculine a privées de leur vie et de leur voix, pour celles dont la vie et la voix sont chaque jour un peu plus limitées. Mais aussi pour leurs enfants qui sont plongés dans un climat de peur, et pour leurs proches, qui se sentent souvent impuissants et dévastés. Nous ne perdons jamais de vue que c’est pour elles, et pour eux, que nous redoublons d’efforts, chaque jour.
– Annick Brazeau Présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale










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