Édition du 14 septembre 2021

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Criminels : le gouvernement japonais veux rejeter dans l'océan l'eau radioactive de Fukushima

Tokyo a annoncé mardi qu’il envisage de rejeter plus de 1,2 million de tonnes d’eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima dans l’océan Pacifique dans les deux ans à venir et pendant 20 ans. La décision devait être annoncée officiellement après les Jeux Olympiques à Tokyo de cet été mais il y a eu "fuite". Chine, Corée du Sud, Corée du Nord et d’autres pays voisins s’indignent et s’opposent à de tels agissements criminels.

Par admin le mercredi 14 avril 2021
photo et article tiré de :lettre d’information de la Coordination antinucléaire du sud-est (France) du 28 avril 2021

Tokyo a annoncé mardi qu’il envisage de commencer le rejet de plus de 1,2 million de tonnes de l’eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima dans l’océan Pacifique dans les deux ans à venir. Séoul, Pékin, Pyongyang, et d’autres pays voisins alertent le monde entier sur cet acte criminel.

Diluer la radioactivité pour diluer les responsabilités et les preuves de la forfaiture nucléariste tel est l’objectif de la nucléocratie ; quitte à contaminer le patrimoine commun mondial qu’est la mer, à pourrir la faune et la flore, à rendre impropre à la consommation les poissons, à détruire l’activité économique et sociale de la pêche, à mettre à mal l’écosystème et l’environnement. Comme si la catastrophe nucléaire n’avait pas suffit à déstabiliser des centaines de milliers de gens, d’enfants, de familles. Toujours plus, toujours plus horrible, toujours plus odieux sont les adeptes de la destruction atomique et leur serviteurs zélés politiciens.

Le ministre japonais de l’environnement, Yoshiaki Harada, qui a laissé fuiter l’information a été aussitôt limogé après avoir précisé que le « rejet » dans l’océan Pacifique était le « seul moyen » pour éliminer un million de mètres cubes d’eau contaminée aujourd’hui stockée dans un millier de citernes sur le site saturé de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi.

Cette eau polluée et radioactive accumulée à raison aujourd’hui de 100 m3 par jour provient des eaux utilisées pour refroidir les réacteurs atomiques toujours en perdition. Dès les premiers jours et premiers mois après l’explosion et la destruction de trois des quatre réacteurs nucléaires du site l’eau radioactive était rejetée dans l’océan car aucune solution autre n’était envisagée. Puis la société exploitante de la centrale nucléaire, Tepco, a commencé à récupérer par pompage 300 à 400 m3 d’eau par jour qu’elle a stocké dans des citernes. Puis, par des procédés chimico-physiques non-vérifiés cette eau a été filtrée partiellement (sans qu’on sache ce qu’il est advenu des résidus radioactifs "récupérés").

Tritium radioactifs en veux-tu en voilà pendant plus de 20 ans

Fukushima_reacteur-3_2015.jpgPour autant cette eau contient toujours notamment le radionucléide tritium. Or pour séparer et récupérer ce tritium mortel non seulement c’est très compliqué mais c’est aussi très coûteux, sauf à utiliser des techniques complexes qui n’ont jamais été mises en œuvre à de telles échelles. Cet isotope de l’hydrogène présent dans les molécules d’eau génère une radioactivité de 2,5 millions de Becquerels par litre d’eau (1 Bq = 1 désintégration radioactive par seconde). Ce niveau est 40 fois supérieur aux normes de rejets dans l’environnement au Japon, et la norme d’acceptabilité de contamination radioactive fixée par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) est de 10.000 Bq par litre d’eau potable. En France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) diligente une enquête quand la radioactivité dépasse les 100 Bq par litre d’eau dans les rivières tout en acceptant que l’usine de La Hague (Manche) rejette par une canalisation de plusieurs kilomètres de long jusqu’à 18.500 térabecquerels par an de tritium radioactif (1 térabecquerels vaut mille milliards de becquerels).

Comme la France émet des quantités comparables, qui sont ensuite énormément diluées, les instances d’accompagnement et de soutien du nucléaire tricolore (IRSN, ASN) et la nucléocratie nippone estiment acceptable ces rejets japonais pendant 20 ans.

La décision devait être annoncée officiellement après les Jeux Olympiques à Tokyo

Le taux en strontium 90 de certains réservoirs d’eau contaminée est aussi plus de 10.000 fois au-dessus des "normes" de rejet. Si ce tritium et d’autres composés radioactifs sont rejetés dans l’océan pendant plusieurs années ils vont s’incorporer aux algues, aux mollusques et aux poissons puis entrer dans la chaîne alimentaire d’enfants à naître. C’est la vie que l’industrie nucléaire assassine.

Les instances internationales pro-nucléaires (AIEA/Agence Internationale pour la promotion de l’Energie Atomique dite civile) et les experts nucléaristes devront autoriser ces rejets d’effluents radioactifs dans des conditions encadrées qu’ils définiront eux-mêmes en concertation avec les politiciens et exploitants nucléaires japonais. Le calendrier est quelque peu chamboulé car la décision devait être annoncée officiellement après les Jeux Olympiques à Tokyo.

Nul doute que la décision qui sera précédée d’une étude d’impact light pour la faune, la flore, l’environnement et pour l’homme ainsi que d’une concertation pour la forme avec les pays riverains ne devrait pas être contraire aux intérêts de la nucléocratie internationale.

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