Tiré de Révolution permanente
23 septembre 2026
Par Marc Iñaki
Crédits photo : Izquierda Diario
Ce mardi 22 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU), Donald Trump lors de son discours revendique la politique impérialiste et vient accentuer les menaces et les provocations notamment à l’encontre de Cuba et de l’Iran. Au cœur de son discours : la réaffirmation de son pré-carré historique qu’est l’Amérique Latine.
Comme prévu, Trump a de nouveau réitéré ses menaces d’anéantir l’Iran : « Parviendra-t-on à un accord avec l’Iran qui lui permettra de se reconstruire et de créer un pays bien meilleur qu’auparavant, ou bien anéantira-t-on la République islamique ? ». Une intimidation qui s’inscrit dans la continuité de celles proférées au plus fort de la guerre, lorsqu’il menaçait de « détruire une civilisation ». Aujourd’hui, la situation est cependant différente. En effet, si les mots s’envolent, les États-Unis ont essuyé une défaite historique et tentent désormais de s’en relever en contraignant l’Iran à conclure un accord.
Aussi confirmée lors de son discours : la construction de nouvelles bases militaires américaines au Groenland, à la suite de l’accord conclu avec le Danemark la veille de son discours. Présenté par Washington comme un droit « permanent [à assurer] tout ce qui est nécessaire » pour la sécurité de l’ile, ce pacte vise en réalité, des mots même de Trump, à s’assurer un accès privilégié aux nombreuses ressources que compte le territoire, tout en en excluant la Chine et la Russie.
Au centre de ses ambitions : l’Amérique Latine
Le principal point de son discours était la réaffirmation de ses ambitions impérialistes sur son pré carré historique : l’Amérique Latine, notamment en menaçant d’utiliser la « puissance militaire » pour pour garantir les intérêts vitaux des États-Unis dans la région. En effet, il a ouvertement assumé l’opération du 3 janvier au Venezuela, revendiquant directement l’intervention militaire qui avait abouti à la capture de Maduro et présentant le lien désormais noué avec le gouvernement de Delcy Rodríguez comme le fruit de cette opération.
Au sujet du Vénézuela et de son pétrole, au travers d’une vielle formule coloniale selon laquelle « le butin revient au vainqueur », son discours vient réaffirmer une volonté de transformation du pays en un protectorat États-Unien. Aujourd’hui, les Etats-Unis exercent un contrôle direct sur des pans entiers de la vie politique et économique du pays, la souveraineté formelle vénézuélienne cohabitant avec une subordination totale de ses choix stratégiques aux intérêts de Washington.
Au cœur de ses attaques contre l’Amérique Latine, il désigne Cuba comme sa prochaine cible. « Mon administration vise un changement fondamental de la situation à Cuba, où le régime communiste subit une pression énorme, la plus forte pression à laquelle il ait jamais été soumis » déclarait-il. L’intervention au Vénézuela était un avertissement pour Cuba, Washington voulant démontrer qu’ils sont prêts à passer des sanctions et menaces à l’action militaire. C’est pourquoi il annonce désormais publiquement qu’il cherche un « changement fondamental » à Cuba, tout en maintenant et en renforçant le blocus économique et énergétique contre l’île. Il entend transformer Cuba en une nouvelle colonie soumise aux diktats de l’impérialisme américain.
Il faut s’opposer aux ambitions impérialistes de Trump : Construisons un grand mouvement anti-impérialiste
Les provocations de Trump à l’ONU, montrent que ce ne sont pas seulement le Venezuela ou Cuba qui sont menacés, mais bien tous les peuples qui s’opposent aux intérêts impérialistes. Face à de telles ambitions, il faut une campagne internationale contre l’impérialisme américain, qui allie la défense du Venezuela à celle de Cuba et à la lutte contre toute forme d’intervention militaire, de blocus, d’occupation, de pillage et de subordination coloniale.
Comme le revendique Milton D’León dans les colonnes de la Izquierda Diario : « Il faut construire une force internationale par en bas. Une campagne qui exprime, dans les rues d’Amérique latine, des États-Unis, d’Europe et du monde entier le rejet de l’intervention impérialiste au Venezuela, la fin du protectorat néocolonial sur ce pays, le rejet du pillage de ses ressources et la défense sans réserve du droit du peuple vénézuélien à décider de son propre destin. Une campagne qui exige la levée du blocus contre Cuba, la fin du siège économique et énergétique, le rejet de toute intervention militaire et le droit du peuple cubain à décider librement de son avenir. [...] Une campagne qui s’oppose à la militarisation et à l’ingérence américaine en Amérique latine et dans les Caraïbes et qui dénonce l’utilisation des ressources de nos peuples comme butin de guerre. C’est le droit des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes de ne plus jamais redevenir des colonies. »
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