Édition du 3 décembre 2019

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Dans le rouge

L’endettement des ménages québécois

Si l’ouverture des marchés, la diminution des protections sociales et la précarisation du travail ont grandement contribué à l’enrichissement d’une minorité, elles ont également participé à l’appauvrissement de la majorité des ménages. Depuis le début des années 1980, on constate un affaiblissement du pouvoir d’achat de la majorité des travailleur·euses. L’endettement est la réponse nécessaire aux difficultés économiques dues à la baisse du revenu des ménages.

Si l’on en croit le discours dominant, l’endettement est un phénomène individuel ancré dans une mauvaise gestion des finances personnelles lié à une sorte d’analphabétisme économique. C’est également la faillite morale d’individus vivant au-dessus de leurs moyens. Or, l’argument de la responsabilité individuelle ne peut expliquer l’augmentation importante du nombre de ménages vivant dans un état d’endettement permanent. En effet, le ratio d’endettement des ménages au Canada par rapport au revenu disponible est passé de 66 % en 1980 à 170 % en 2017.

Au Québec comme ailleurs, nous assistons à une importante généralisation de la dette comme nouvel horizon des rapports sociaux. D’une part, la hausse de l’endettement étudiant, la croissance du crédit à la consommation et l’augmentation de l’endettement hypothécaire soulignent bien cette transformation du rapport à la dette. D’autre part, la hausse du nombre de dossiers d’insolvabilité et l’accroissement des difficultés financières chez les aîné·es, qui déclarent de plus en plus faillite, viennent démontrer que le régime d’endettement actuel est insoutenable.

La restructuration du rôle l’État, la détérioration des conditions d’emploi, la stagnation des salaires, la marchandisation croissante de l’éducation et la hausse du coût du logement ont largement contribué à augmenter la pression financière sur les ménages. L’endettement est un phénomène systémique du capitalisme financiarisé qui vient supporter la croissance économique dans un contexte caractérisé par l’érosion de la santé financière des travailleur·euses. Surtout, il représente un puissant outil de contrôle social engendrant de nouveaux rapports de dépendance.

TABLE DES MATIÈRES

Introduction

1. Endettement : les ménages dans le tordeur de la finance (Julia Posca)

2. Les structures de l’endettement au Québec (Sébastien Rioux)

3. Distribution des revenus et endettement des ménages au Québec (Mathieu Dufour)

4. La dette du Québec : les zombies au service de la financiarisation (Philippe Hurteau)

5. Crédit hypothécaire et croissance immobilière au Québec et au Canada (Louis Gaudreau)

6. L’endettement étudiant et les institutions financière au Québec (Charles Guay-Boutet)

7. Le panoptique financier : le contrôle social par la normalisation de la dette (Patrick Ducharme)

Conclusion

AUTEURS et AUTRICE

Patrick Ducharme, sociologue, Mathieu Dufour, économiste, Louis Gaudreau, professeur en travail social, Charles Guay-Boutet, étudiant en économie écologique, Philippe Hurteau, politologue, et Julia Posca, sociologue, contribuent à cet ouvrage dirigé par Sébastien Rioux, géographe.

Richard Poulin

Parution : octobre 2019
Prix : 19,95 $
Pages : 192
format : 5 x 8 pouces
ISBN : 978-2-924924-14-3
Collection : Mobilisations
Endettement des ménages, des étudiant·es, de l’État, crédit hypothécaire, financiarisation, contrôle social, marchandisation

Mots-clés : Livres

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