29 septembre 2026s
Nous publions ci-dessous l’audio, la vidéo et la transcription de l’intégrale des discussions.
L’audio de la rencontre
La vidéo de la rencontre (publiée dans lettre de la CSN)
La transcription de l’intégralité des échanges
Rim Mohsen (animatrice) : (...). Donc, merci tout le monde d’être avec nous pour ce débat organisé à l’initiative des quatre grandes centrales syndicales. Donc, je les nomme la CSN, Confédération des syndicats nationaux, la FTQ, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, la CSQ, la Centrale des syndicats du Québec et la CSD, la Centrale des syndicats démocratiques. Vous l’aurez donc compris, on est ici pour parler des enjeux qui touchent le monde du travail au Québec. Ce soir, on va aborder, entre autres, le bilan de la dernière session législative, les derniers quatre ans, l’amélioration des conditions de travail et de vie, les transformations qui sont liées sur les changements technologiques. On va parler de formation continue, de transition juste et des défis qui entourent main-d’oeuvre, immigration, langue française et le développement économique. Et on va faire ça en 1h30. Un défi ? Un défi. En fait, un défi colossal que nos candidat·es ont accepté de relever pour vous. Donc, on a contacté les cinq principaux partis politiques pour le débat de ce soir et le Parti conservateur du Québec a refusé le débat d’aujourd’hui. Nous avons donc la chance d’avoir les quatre candidat·es des quatre partis politiques. Puis, d’ailleurs, je vais nous inviter à essayer nos micros, fait que je vais vous nommer. Les candidats qui viennent représenter leur parti politique, on va le saluer d’abord. J’ai avec moi Guillaume Rousseau, la Coalition Avenir Québec, candidat dans Richemont.
Alors, vous l’aurez remarqué, nos candidats sont assis vraiment proches les uns des autres. On a dit tantôt, quand ils sont arrivés, ils se sentaient en famille. Donc, on les a collés, collés. Et on va y aller avec le format du débat. Aujourd’hui, vous allez voir, donc, on va commencer. Il va y avoir une demi-minute de présentation. Chaque candidat va avoir une demi-minute pour faire l’introduction. Puis ensuite, on va y aller avec trois gros thèmes. Il va y avoir des questions. Puis, je vais tout à l’heure expliquer comment on va fonctionner pour qu’il y ait un débat où est-ce que vous receviez l’information qui vous intéresse, que vous en appreniez plus sur les positions des partis politiques et que ce ne soit pas cacophonique. Parce qu’on veut juste avoir de l’information et on veut que ça se passe bien pour vous aussi. Et donc, sur la question des applaudissements, petite information, sachez que si vous applaudissez pendant l’intervention d’un ou d’une candidate, le temps s’écoule quand même et la personne perd des secondes pour prendre la parole. Donc, soyons vigilants avec comment vous réagissez au contenu. Ça va permettre à tout le monde de pouvoir prendre pleinement les deux minutes. Puis, on n’aura pas de reprise télévisuelle à voir si on va faire ça dans le respect. Ça va pour tout le monde ? Oh yeah ! Excellent ! On va, si ça vous va, on va commencer avec votre deux minutes d’introduction. Puis ensuite, on parlera du prochain. On a fait un tirage au sort pour voir qui va commencer. Et ça s’adonne qu’on vous a mis dans l’ordre dans lequel vous commencez. Donc, M. Rousseau, pour deux minutes, vous avez le chronomètre à l’avant. À vous.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Bonsoir tout le monde. Donc, ça me fait vraiment plaisir d’être ici pour débattre de questions liées au monde du travail. Et en préparant mes notes aujourd’hui, ça me rappelait des bons souvenirs parce que j’ai été brièvement, et il y a longtemps, mais quand même, j’ai été avocat en droit du travail. Donc, ça remontait les notions un petit peu à la surface. Sinon, moi, mes expériences dans le monde des relations de travail, c’est que j’ai été un des membres fondateurs du syndicat des auxiliaires de recherche de l’Université de Sherbrooke. Et à ce jour, évidemment, je suis toujours membre du syndicat des professeurs de l’Université de Sherbrooke des métiers, la guerre commerciale avec les États-Unis qui affecte notre économie, nos travailleurs, nos entreprises, la rareté de la main-d’oeuvre dans plusieurs domaines, dans plusieurs régions. Donc, dans ce contexte, la responsabilité du gouvernement, plus largement de l’État, c’est vraiment de protéger les travailleurs, les soutenir dans leur adaptation face à tous ces changements-là. Il faut les chevaucher, les changements, et non pas les subir. Depuis 2018, vous le savez, on a créé beaucoup d’emplois dans le secteur public. Si le candidat conservateur était là, il me le reprocherait sans cesse. J’aime bien faire des débats avec les conservateurs parce qu’ils sont très forts là-dessus. Mais ce à quoi je lui réponds toujours quand il nous reproche d’avoir trop créé trop d’emplois dans le secteur public, je lui rappelle toujours qu’à 80 %, c’est dans le secteur de l’éducation et de la santé où il y avait des grands besoins. Et donc, je n’ai pas à rougir de ça, ma formation politique non plus. Bon, une fois qu’on a dit ça, le nombre d’emplois, ce n’est pas tout. Ça prend des bonnes conditions. Il y a eu des conventions collectives intéressantes qui ont été signées dans le secteur public. Je reviendrai tantôt. Mais encore là, ça ne se résume pas à ça. Maintenant, il faut d’autres embauches. Il y a certains corps de métier, certaines personnes qui aident nos enseignants, nos infirmières qu’il faut embaucher. Et donc, c’est ce que je vous propose comme sujet ce soir et la transition technologique. J’espère beaucoup vraiment d’avoir l’occasion d’en parler à quel point le gouvernement doit accompagner cette transition pour que vraiment aucun autre travailleur ne soit laissé de côté. Merci.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Deuxième introduction, Parti québécois, M. Lebrun.
Mathieu Lebrun (PQ) : Merci beaucoup. D’abord, merci pour l’invitation. Je suis vraiment très heureux d’être ici ce soir avec vous. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m’appelle Mathieu Lebrun. Je suis candidat du Parti québécois dans la circonscription de Rousseau. Dans ma vie professionnelle, je suis médiateur-conciliateur-chef au ministère du Travail. C’est-à-dire qu’en fait, je crois vraiment à la capacité des employeurs, des travailleurs, des représentants de se rassembler, de se parler, de s’écouter, de se respecter et de négocier ensemble en faisant des consensus pour pouvoir permettre de régler des enjeux qui sont vraiment souvent problématiques. Évidemment, pour ceux qui me connaissent, les 600 négociations dont j’ai parlé, on les a toutes réglées, justement, en se parlant. Donc, quand Paul-Saint-Pierre Plamondon m’a parlé de ramener davantage le consensus, le dialogue, la concertation pour ainsi gouverner le Québec, moi, ça m’a vraiment interpellé. Je me suis senti vraiment touché par ça en me disant « oui, c’est ça que j’ai envie de faire » parce que je suis vraiment convaincu que les meilleures décisions, elles se prennent souvent quand on a pris le temps d’écouter les gens et de comprendre leur réalité. Donc, ce soir, vous allez le constater, notamment par mes différentes prises de position à travers les différents sujets. Puis, bien, je suis vraiment heureux de pouvoir échanger avec vous sur les thèmes de la soirée. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Pour un deux minutes, Parti libéral, Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Merci beaucoup, RIM. Salutations à vous, salutations aux centrales syndicales qui sont présentes ce soir, ainsi qu’à mes collègues des autres formations qui ont accepté cette demande de débattre ce soir, même si le BVA (Bureau de Vote par anticipation) est passé. Je suis Madwa-Nika Cadet, députée sortante de Bourassa Sauvé et porte-parole pour le Parti libéral du Québec en matière de travail, donc au sein de la dernière législature. Donc, Alexandre et moi, on a quand même passé beaucoup d’heures ensemble en commission parlementaire, principalement dans le cadre du dossier du travail, mais dans d’autres dossiers également. Et c’est à travers ce rôle-là, c’est à travers mon rôle de porte-parole en matière de travail que j’ai découvert votre monde, le monde dans lequel vous œuvrez, celui de la négociation des conventions collectives et l’importance d’être capable de négocier des bonnes conditions de travail pour nos travailleurs. De notre côté, au Parti libéral du Québec, vous avez entendu notre chef Charles Milliard parler de l’importance au Québec de changer de ton. Dans l’éventualité d’un gouvernement Milliard, pour nous, ça va être absolument important que l’on puisse rétablir le dialogue social. On l’a vu dans les dernières années, mais parfois, surtout dans la dernière année, on va se le dire, ça a parfois été un petit peu plus difficile de ce côté-là. Et chez nous, au Parti libéral du Québec, avec notre nouveau chef Charles Milliard, on s’est dit qu’on a besoin d’un gouvernement qui veut rassembler tout le monde. D’ailleurs, ça fait partie de notre slogan de campagne, « rassembler, réparer, bâtir ». Mais rassembler, pour nous, ça veut vraiment véritablement dire rassembler l’ensemble des Québécois. Dans un contexte de guerre tarifaire, par exemple, ça va être essentiel pour nous au Parti libéral du Québec de développer une politique industrielle et on est très conscients qu’on aura besoin de vous. Est-ce que ça signifie que si nous formons le prochain gouvernement, qu’on sera toujours d’accord ? Probablement pas. Mais ça veut dire, pour nous, changer de ton, de s’assurer que l’on puisse s’asseoir, qu’on ait des espaces de concertation, que vos opinions soient valorisées et qu’on veille à construire, à bâtir, parce qu’on disait rassembler, réparer, mais bâtir le Québec de demain avec tout le monde, avec l’ensemble d’entre vous, et ça vous inclut, prêts de poursuivre la conversation après le 5 octobre. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Et on termine pour un deux minutes, Québec solidaire avec M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Merci. Bonjour, Rim. Bonjour, tout le monde. Je veux commencer par deux salutations. La politique, c’est important, mais il y a aussi la famille dans la vie, puis c’est la fête à mon frère aujourd’hui. Je sais qu’il nous écoute chez eux. Olivier, 40 ans, qui est conseiller syndical à la CSQ. C’est une belle occupation quand même au recrutement, donc à la CSQ, je le salue. Bonne fête, Olivier. Deuxième salutation, j’ai deux collègues ici dans la salle qui se présentent pour Québec solidaire, qui sont syndicalistes. J’ai une Ginette Langlois ici qui se présente dans Montarville, sur la rive sud de Montréal. Elle vient de la CSN, si je ne me trompe pas. Et Normand Lalonde, qui se présente à Bellefeuille, sur la rive nord de Montréal. Il vient du SCFP. Salutations à vous deux. Vous savez, qu’à Québec solidaire, on est plusieurs syndicalistes à vouloir se lancer à l’assaut de l’Assemblée nationale, à faire de la politique. On a aussi Stéphanie Vachon à Sherbrooke, qui vient de la CSN avec les éducatrices, notamment en CPE. On a Alexandre Boulerice ici, on est chez lui, dans Gouin, qui vient du SCFP à l’origine, qui a été longtemps un député fédéral. Je suis convaincu que, comme moi, ils veulent faire de la politique en tant que syndicaliste. Moi, je me suis présenté, notamment à travers toutes ces années, parce que je trouvais qu’il manquait de syndicalistes à l’Assemblée nationale lorsqu’on traite du droit du travail. Et laissez-moi vous dire que j’ai été servi dans les dernières années. J’ai traité plus d’une quinzaine de projets de loi avec Jean Boulet. Ça n’a pas toujours été facile. Les heures de commissions parlementaires ont été très nombreuses, trop nombreuses peut-être. Cela étant dit, on a fait des gains intéressants dans le cadre de ces batailles-là. On a réussi à trouver aussi des collaborations avec plusieurs syndicats. Je vois plusieurs visages connus aujourd’hui, ce soir avec qui on a fait des batailles plus particulières. Mais aussi, de manière plus générale, on a réussi à faire reculer le gouvernement sur le dossier, notamment de l’abolition de plusieurs décrets de conventions collectives. On a coulé un projet de loi, ça les a fait reculer. Et même chose sur les cotisations syndicales. Rappelez-vous, la première version, il voulait faire un « opting out » individuel des cotisations syndicales. En ayant coulé ce projet de loi-là, le gouvernement a également reculé. Donc, il y a beaucoup de choses à faire. Les autres parties, ce soir, vous proposent de l’austérité budgétaire. Il va falloir qu’il y ait une très grosse délégation de Québec solidaire le 5 octobre pour faire barrage à ça. Merci et bonne soirée.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Donc, c’était leur mot d’introduction. Vous avez été impeccable au niveau du temps. J’ai eu à arrêter personne. Ça part bien. Et là, on rentre dans le bout qu’on va nommer « débat », mais il n’y aura pas de débat ouvert. Vous allez voir la façon qu’on va procéder. À chaque question que je vais poser, il va y avoir au total environ 12 questions qui sont séparées en trois thèmes. Pour chacune des questions, les représentants des partis politiques vont avoir une minute pour répondre à la question. C’est assez sommaire. Et ensuite, ils vont avoir un droit de faire un droit de réplique. C’est là que vous voyez les espèces de jetons qui sont ici. Mais, une petite twist, on a voulu rendre ça un peu intéressant. Vous allez devoir choisir de façon stratégique à quelle question vous choisissez d’utiliser vos droits de réplique. Parce que, par exemple, pour la thématique numéro 1, il y a cinq questions, mais ils n’ont seulement droit qu’à quatre droits de réplique. Donc, ils devront choisir à quelle question ils ne vont pas ajouter leurs droits de réplique. Mais là, on va faire ça facile. Donc, on va y aller la première fois et on va voir comment ça se passe. Ça va pour vous ? Excellent. On va y aller donc pour la thématique. Le grand thème numéro 1, on va revenir sur le bilan de la dernière session législative et l’amélioration des conditions de travail. Donc, ces dernières années, vous en avez parlé aussi. L’adoption de plusieurs lois en lien avec le travail, ça a changé l’équilibre du rapport de force. Puis, ça a ajouté des nouvelles obligations aux organisations syndicales. En plus de tout ça, vous le vivez, l’inflation, l’augmentation du coût de la vie, la crise du logement, ça vient fragiliser encore davantage les conditions de vie des travailleuses et travailleurs. J’y vais donc avec ma première question. L’adoption de ces lois-là a modifié le rapport de force, comme on a dit, entre les syndicats et les employeurs. Comment votre parti entend-il réformer les lois du travail pour assurer le respect des droits des travailleuses et des travailleurs ? Donc, comme on a déjà fait le tirage au sort, la première personne à répondre, ça va être pour le Parti québécois avec M. Lebrun, pour une minute. À vous.
Mathieu Lebrun (PQ) : Évidemment, ce qui a été préoccupant beaucoup, c’est la façon dont ça a été fait. Puis, nous, au Parti québécois, notamment pour deux lois, la loi 14 et la loi 4, on a le... Paul Saint-Pierre Plamondon veut vraiment revisiter les deux lois qui ont été adoptées par le gouvernement. Puis, on veut vraiment être capable de refaire le travail, d’être correctement dans le respect des droits fondamentaux. Évidemment, on croit que les résultats des deux lois avec la CAQ, on ne croit pas que ça donne de meilleures chances au niveau de la négociation. C’est plus, pour moi, un désincitatif un peu au niveau de la négo. Donc, on veut vraiment être capable de changer ça. Évidemment, au niveau de la loi sur les conflits de travail et le recours à l’arbitrage, on veut l’analyser.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Pour une minute, ensuite, on continue avec Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Merci beaucoup. D’abord, je pense qu’on a... M. Lebrun a mentionné les différents projets de loi dont il est question ici, donc particulièrement la loi 4 et la loi 14. Donc, au niveau de la loi 4, on est un peu dans la même lignée. C’est-à-dire que nous, au Parti libéral du Québec, donc c’est moi-même qui était là, qu’on a voté en défaveur du projet de loi 3 qui est devenu la loi 4. Parce que, bien évidemment, en ce qui a trait au projet de loi 3, il y avait deux volets à ce projet de loi-là. On le sait bien, la transparence, puis l’autre volet qui, pour nous, était de l’ingérence. Évidemment que le volet de transparence, c’est un volet qu’on veut maintenir, puis c’est un volet qui fait consensus. On le sait bien, d’abord, le projet de loi 3, il avait été déposé en se basant sur les meilleures pratiques de plusieurs des centrales syndicales. Donc ici, je pense que tout le monde peut être en faveur du principe. D’ailleurs, la première fois que le ministre Boulet avait déposé les dispositions qui concernaient la transparence, il avait le fait dans le cadre du projet de loi 101. Là, il a vu qu’il n’y avait pas de chicanes,
Rim (animatrice) : Non, c’est ça, c’est une minute, mais vous avez, heureusement, des droits de réplique pour pouvoir réagir. On continue, M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Je pense qu’il faut faire deux choses. Il faut d’abord retirer les lois liberticides, les lois qui avaient été dénoncées notamment par le Barreau, portant atteinte à l’état de droit, donc autant celui sur les cotisations syndicales que celui sur le droit de grève. Je pense qu’il n’y a rien à garder de ces lois-là. On met ça au recyclage, mais il faut aussi parler de droits nouveaux, aussi avoir des approches positives, innovatrices. À Québec Solidaire, on propose de réformer les normes du travail pour avoir dix jours de congés payés, notamment pour violences conjugales, des journées fériées supplémentaires, des semaines de vacances supplémentaires, le télétravail reconnu comme droit, le droit à la déconnexion. On veut aussi une commission transpartisane sur l’intelligence artificielle parce qu’elle est en train de bouleverser les milieux de travail et qu’on n’est pas près de personne à faire face à cette révolution-là qui est devant nous. On veut modifier le code du travail pour faciliter l’accès à la syndicalisation, moderniser la notion d’établissement pour la question de la loi des anti-briseurs de grève, interdire les lock-out, avoir le droit de grève politique, moderniser la loi sur le décret de convention collective et j’en passe un gros chantier à faire pour donner plus de pouvoir aux travailleurs et rééquilibrer le rapport de force.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Merci, M. Rousseau. Une minute.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui. Donc, Alexandre disait tantôt qu’on a fait des gains en commission parlementaire, ce qui est bien la preuve que le gouvernement était ouvert au dialogue avec les oppositions et qu’il y a eu des amendements dans le sens de ce que disait l’opposition. Donc, merci d’avoir reconnu ça en partant. Ça me facilite la tâche. Sinon, je sais qu’il y a des inquiétudes pour les lois 4 et 14, mais en tant que juriste, je peux vous proposer une lecture peut-être un petit peu technique. Moi, je pense qu’il n’y a pas à s’en faire. Quand on parle, par exemple, de maintenir un niveau de service pour assurer la sécurité pour les populations affectées de manière disproportionnée par un conflit de travail, tout ça sera interprété à la lumière de la liberté d’association qui inclut le droit de grève. Donc, les tribunaux, ils ne vont pas regarder ces mots-là de manière déconnectée du reste du droit qui protège le droit de grève, mais ça protège aussi le droit à l’égalité. Là, on parle de protéger les groupes vulnérables. Je pense qu’il faut faire confiance aux tribunaux là-dessus. Même chose quand on parle de déférer à l’arbitrage lorsqu’il peut avoir un préjudice grave ou irréparable. Ça, c’est des critères reconnus en jurisprudence pour les cas d’injonction. C’est très, très dur à prouver un préjudice grave ou irréparable. Moi, les fois que j’en plaide, j’en ai perdu plus que j’en ai gagné quand je tentais de prouver qu’il y a un préjudice grave ou irréparable. Donc, je pense que la jurisprudence va bien encadrer ça. Il ne faut pas trop s’en faire.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Donc là, vous avez quand même touché à la question de la loi 14 et de la loi du PL3. On va en parler dans la prochaine question aussi. Sachez, mais je vois que vous avez des... Exact, je vous le dis, c’est ça, parce que j’ai vu vos prises de répliques. Donc, est-ce qu’il y a des droits de réplique en ce moment-ci ? Vous voulez le prendre ? Parfait, M. Lebrun.
Mathieu Lebrun (PQ) : Bien, je pense que... Merci, Guillaume, mais moi, je pense qu’il y a de quoi s’en faire, notamment dans les deux lois, la loi 14 et la loi 4. Évidemment, ce qui est important, c’est vraiment... Tu sais, pour la loi 4, évidemment, au niveau de la transparence, je pense qu’on est d’accord avec ça, la transparence financière, mais principalement au niveau des cotisations facultatives. Puis ça, je pense qu’on peut vraiment craindre au niveau des droits fondamentaux. Nous autres, ce qu’on veut faire, c’est vraiment rétablir le dialogue puis être capable d’avoir de la concertation pour demander au CCTM de revoir le nouveau régime puis ensuite de consulter les acteurs pour voir ce qui est possible de faire.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. C’est des gros sujets puis c’est des sujets qu’on pourrait prendre plus de temps pour en parler. D’ailleurs, la prochaine question, on va aller chercher un peu plus de précisions, peut-être pour aller être très clair au niveau de vos engagements, justement, sur la loi 14, mieux connue sous le nom de PL 89, et la loi 4, mieux connue sous le nom de PL 3. Là, idéalement pour les gens en ligne et les gens dans la salle, vos engagements clairs et concrets envers ces lois-là. Votre perspective, on l’a entendu un peu, mais là, c’est vraiment l’occasion d’aller être très clair pour le public. Donc, on essaie de ne pas tourner en rond puis on y va direct. Vos engagements, la première personne qui commence, Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Merci, Rim. En fait, de notre côté, notre chef, Charles Milliard, il a été très clair au cours de la campagne électorale. On a rencontré Mme Magali Picard pendant la campagne, puis on s’est dit, nous, on veut se rasseoir avec les parties prenantes pour être capables de revoir ces lois-là. Donc, au niveau de la loi 4, je l’ai mentionné, donc nous, on avait voté contre en raison du volet ingérence, cotisation facultative. Mais au niveau, donc, du projet de loi 89 qui est devenu la loi 14, de notre côté, on est prêt à se rasseoir avec l’ensemble des syndicats pour voir comment est-ce qu’on peut mieux s’assurer qu’on puisse veiller à la prestation des services. Parce que pour nous aussi, au Parti libéral du Québec, la question du maintien des services, elle est importante. Mais la manière dont ce projet de loi-là, donc, a été déposé, puis peut-être qu’il y a certaines dispositions, on le verra, parce qu’on le sait qu’avec la question du CPE Le Jardin de Robi, ça a porté le dossier devant la Cour. Donc, on verra ce que les tribunaux auront à dire sur ce projet de loi-là. On est le parti de l’État de droit, donc on surveillera aussi ce que les tribunaux auront à dire sur la constitutionnalité de certaines des dispositions, et on s’ajustera en conséquence.
Rim (animatrice) ; Merci beaucoup. M. Leduc
Alexandre Leduc (QS) : Je pense qu’il faut qu’on reconnaisse que la distribution de la richesse au Québec est à deux leviers. Elle a bien sûr l’État, avec ses programmes sociaux, les impôts qu’elle collecte, mais d’abord et avant tout, les syndicats, là où se crée la richesse dans les milieux de travail, il faut qu’elle se redistribue tout de suite dans le milieu de travail, sinon on n’y arrivera pas. Et pour ça, il faut des syndicats vigoureux, des syndicats qui sont capables d’avoir des rapports de force avec les employeurs, et force est de constater que l’approche de la CAQ n’a pas été au rendez-vous pour donner de la vigueur, donc, aux syndicats. Comme je le disais tantôt, moi, je pense qu’il n’y a rien à récupérer dans ces deux lois-là. Et non seulement il n’y a rien à récupérer, puis il y en a une qui va être à peu près inopérante, c’est sur les cotisations syndicales, et j’en tire une grande fierté. Les nombreuses heures que j’ai passées en commission parlementaire à poser mille et une questions d’application sur toutes les petites virgules de cette loi-là, a fait en sorte que, bonne chance aux tribunaux pour essayer de voir comment ça va s’appliquer, et constater que le ministre lui-même disait qu’on n’ira pas vérifier comment seront gérées les cotisations. Bref, c’est juste un gros show de boucane. Ce qui m’inquiète à ta réponse, c’est que quand j’entends mon collègue du Parti québécois dire qu’on va réévaluer tout ça, ça m’inquiète pour la suite parce qu’au contraire, il faudrait juste jeter ça aux poubelles.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. On poursuit avec M. Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc, loi 14, je l’ai abordée plus tôt. Loi 4, on parlait tantôt de droits fondamentaux. Bien, la loi 4, c’est justement une loi qui protège la liberté de conscience parce qu’on va se le dire, quand on a un membre d’un syndicat qui est extrêmement opposé à des positions politiques, pas des positions de négociation, pas des positions par rapport aux conditions de travail qui, forcément, il y a un monopole de représentation de son syndicat. On a des positions politiques qui, parfois, très peu à voir avec la mission du syndicat. Lorsqu’on est comme syndiqué forcé de financer des causes qui vont profondément contre nos convictions. Je suis désolé, mais c’est un problème de liberté de conscience et c’est un juriste qui vous le dit. Je peux vous donner par analogie. Moi, quand le barreau du Québec, à un moment donné, voulait invalider toutes les lois québécoises parce que, supposément, elle n’avait pas été adoptée suffisamment en anglais, il a fallu se battre en assemblée pour faire arrêter ça. C’est extrêmement choquant quand on prend notre argent dans nos poches pour financer des choses qui sont contraire à ce qu’on a de plus profond dans notre âme, dans nos valeurs. Donc, nous, on a cherché un compromis entre protéger la liberté de conscience, mais on n’a pas fait le « opting out » pour aussi protéger la liberté collective d’expression et l’autonomie du syndicat.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Dernière intervention avant les droits de réplique. M. Lebrun.
Mathieu Lebrun (PQ) : Je pense que pour, je l’ai répété tantôt, pour le Parti québécois, on veut vraiment changer la façon de gouverner. Donc, pour être capable de rétablir le dialogue social, bien évidemment, on va faire de la concertation. Puis évidemment, ce qu’on souhaite avoir, c’est un avis du CCTM afin de consulter les partenaires pour essayer de revoir à même c’est quoi le régime soit du maintien pour la loi 4 et la loi 14. Puis l’objectif, c’est vraiment de cerner les difficultés d’application, ses effets sur les droits collectifs et les services, puis pour produire vraiment des recommandations.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Est-ce qu’il y a des droits de réplique ? M. Leduc, pour 30 secondes.
Alexandre Leduc (QS) : Concernant mon collègue du Parti québécois, moi, j’ai eu un test important de votre position, en soi-disant, avec un préjugé favorable aux travailleurs. Ça a été la grève de la STM. La grève de la STM était difficile. Ça avait des conséquences sur les personnes, mais c’était les droits des travailleurs et vous avez échoué ce test-là. Vous avez décidé que c’était correct de modifier la loi pour imposer un retour forcé. Et je n’ai pas été surpris parce que le Parti québécois a dans son historique le record de nombre de retours à des lois de retour forcés au travail. Et non seulement ça m’inquiète, mais il y a la négo du secteur public dans deux ou trois ans et dans votre plateforme, dans votre cadre financier, il y a de l’austérité qui s’en vient. Est-ce qu’il faut s’attendre à des lois de retour forcée au travail pour le secteur public ?
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Est-ce qu’il y a d’autres droits de réplique que vous souhaitez prendre ?
Les candidat·es : On s’abstient collectivement.
Rim (animatrice) : Alors, on va donc passer... Vos droits de réplique... Y a-tu une droits de réplique ? Ah, oui. Parfait. Vous pouvez le prendre.
Mathieu Lebrun (PQ) : Bien oui, je pense que... En fait, ce que je veux répéter, c’est vraiment... On a envie vraiment de gouverner avec l’équipe du Parti québécois d’une façon vraiment axée sur le dialogue, la concertation. Je comprends qu’au niveau de la STM, il y a eu des choses qui sont dites, on verra la suite des choses, mais je pense qu’on veut gouverner de façon consensuelle. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Alors, on poursuit. On est déjà rendu à la question numéro 3. 3 de 12. La prochaine question porte sur l’adoption du projet de loi numéro 101. On veut connaître ici clairement votre position sur les mécanismes de prévention et de participation dans les établissements dans le secteur de l’éducation, de la santé, des services sociaux qui sont initialement prévus dans la loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail. Ça fait que c’est vraiment de connaître votre position sur les mécanismes de prévention et de participation à l’intérieur de l’adoption du projet de loi numéro 101. La première personne à y aller, M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : En politique, notre parole, c’est notre principal outil de travail. C’est ce qui fait qu’on est crédible, qu’on est entendu, qu’on peut faire des ententes. Et là-dessus, M. Boulay a renié sa parole. La CAQ a renié sa parole sur les mécanismes de prévention en santé et en éducation. Dans la grosse et compliquée réforme, la loi 59, quelques années auparavant, il avait dit que c’est le CA de la CNESST qui va faire ça. Il y avait des bons mécanismes de prévention comparables à ceux qu’on trouve dans le secteur privé à prédominance masculine. Et finalement, non, il n’a pas été capable de gérer l’État employeur qui disait qu’il n’est pas question quand même les mêmes seuils de prévention pour la santé et l’éducation. Il a reculé. Donc, c’est sûr qu’à Québec solidaire, on s’est opposé à ça et on ramènerait des seuils intéressants. Je ne peux pas passer les quelques secondes qui me restent sans faire une salutation à l’UTAM qui a fait une belle campagne sur la déjudiciarisation aussi de la santé et sécurité au travail, l’abolition du BEM (Bureau d’évaluation médicale), la création d’un service d’accompagnement public pour les salariés qui ne sont pas syndiqués et qui vivent donc tout le parcours de contestation judiciaire, des fameuses mutuelles de contestation que j’aime appeler dans le domaine. Merci.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Pour une deuxième réponse, M. Rousseau, pour une minute.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc il n’y a pas d’engagement clair de mon parti de modifier ces choses-là. Par contre, c’est sûr qu’on est toujours dans une optique d’une orientation plus générale d’équilibre, de dialogue. Donc, s’il y a des ajustements à faire dans les prochaines années, ça pourrait se faire. Mais ce que je tiens à rappeler par-dessus tout, c’est que sous le gouvernement de la coalition, on a fait des réformes, les réformes les plus importantes de santé et sécurité depuis les 35 dernières années. Ça en était très peu fait sous les gouvernements précédents. On en a fait beaucoup. On a intégré toute la question de la prévention des risques psychosociaux. Donc, on a pris acte dans la société québécoise. La santé mentale, c’est devenu une préoccupation extrêmement importante. Et on a inclus ça. Ça, ça a été un grand progrès pour les travailleurs et les travailleuses. De même, on a fait beaucoup pour contrer la violence psychologique, la violence à caractère sexuel. Donc, ça, il y a vraiment des mesures très, très concrètes qui ont été adoptées dans ce sens-là. Et donc, on a l’intention de continuer pour protéger les travailleurs. Puis, c’est de faire face, finalement, à des nouveaux phénomènes de société, à des prises de conscience collectives. Par exemple, en matière de violence sexuelle, on sera toujours là pour adapter les cadres, les lois pour mieux protéger les travailleurs face à ces nouveaux phénomènes émergents, à ces prises de conscience.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. On continue avec M. Lebrun.
Mathieu Lebrun (PQ) : Lors de la réforme du régime de santé et de sécurité qui a lieu en 2021, ensuite, évidemment, en 2025, avec le projet de loi 101, la CAQ a choisi de créer un régime qui est particulier. Nous, Parti québécois, on dénonce ça parce qu’évidemment, Radio-Canada, hier, a publié un reportage sur l’augmentation, évidemment, de l’absentéisme qu’il y a eu dans le milieu de la santé, notamment. 17 % pour le personnel infirmier et 24 % pour les préposés. Donc, pour nous, c’est important de faire des changements. Puis, la réforme de 2021, eh bien, au bout de cinq ans, ça arrive là maintenant, on doit faire le bilan. Donc, on devrait profiter de cette révision-là pour regarder ce qui a fonctionné, ce qui a été amélioré, puis surtout, donner l’accent sur la prévention. Donc, je pense que ça serait important de renforcer les mécanismes de prévention pour donner à la CNESST les moyens de remplir sa mission. Évidemment, de contrer l’absentéisme. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Et comme dernière intervention, Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Dans votre intervention, M. Rousseau, vous disiez, bien, regardez, donc, on a modernisé le régime. On a parlé des risques psychosociaux, mais c’est exactement ça l’objet de la question. C’est précisément là-dessus. Le gouvernement a reculé juste au début de cette année en se disant, bien, regardez, nous, on avait modernisé ce régime-là en 2021-2022 après énormément d’heures de commissions parlementaires. Je n’étais pas là à l’époque. Et là, quelques années plus tard, quatre ans plus tard, on se dit, bien, finalement, nous, comme étant employeurs, on va avoir un régime à deux vitesses alors que les risques psychosociaux sont plus prévalents dans les métiers à prédominance féminine et justement, donc, au sein du secteur public en santé et en éducation. Donc, pour nous, ça a été une aberration. Donc, c’est la raison pour laquelle on a voté contre cet aspect-là du projet de loi 101. Puis, pour la suite des choses, on va regarder avec l’État de nos finances publiques comment est-ce qu’on est en mesure de moderniser le tout puis de répondre aux attentes du milieu. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On a terminé vos premiers droits de parole. Est-ce qu’il y aurait des doigts de réplique pour ce thème ? M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Dans le cadre d’un des rares projets de loi de Jean Boulet que j’ai apprécié, celui du PL 42 sur le harcèlement et la violence sexuelle au travail, j’avais proposé qu’on modifie le 47-2, le fameux 47-2, l’obligation de représentation pour dispenser le syndicat suite à une enquête diligente de représenter quelqu’un qui est accusé de violence à caractère sexuel. On connaît le fléau des 47-2. Je trouvais que c’était une manière de renverser un peu le fardeau et de mettre de la pression sur, on va le dire, les bonhommes dans certains milieux de travail qui se pensent tout permis et qui savent qu’ils vont se faire défendre par leur syndicat. J’avais jeté cette idée-là, donc j’avais mis cette idée-là au jeu. J’aimerais ça entendre mes autres collègues s’ils pensent que ça serait une bonne idée.
Rim (animatrice) : On va voir s’ils prennent un droit de réplique. Est-ce qu’il y a d’autres répliques pour ce thème ? Le droit de réplique. On va donc passer à la question numéro 5. Alexandre, je vais aussi vous demander d’enlever votre petit carton pour montrer qu’il vous reste seulement deux droits de réplique. Ce n’est pas populaire, les répliques, quand on laisse ça aller comme ça. Alors, on y va pour la prochaine question qui est une question qui va toucher un ensemble de travailleurs, travailleuses et aussi pour l’ensemble des citoyens. Mais aussi d’organismes communautaires en général, c’est clair qu’on va devoir augmenter substantiellement le salaire minimum pour permettre justement aux travailleurs, travailleuses de subvenir à leurs besoins et de vivre dignement. On veut savoir concrètement à l’intérieur d’une minute, est-ce que votre parti s’engage à augmenter le salaire minimum à 20 $, voire plus ? Et sinon, on veut connaître les autres mesures que vous envisagez pour aider les travailleurs, travailleuses à affronter l’augmentation du coût de la vie. Donc, on va y aller pour cette question-ci. On va commencer avec M. Rousseau pour une minute.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, nous, notre politique, c’est de faire en sorte que le salaire minimum soit d’environ 50 % du salaire industriel moyen. Parce que la science économique est très claire, c’est la meilleure façon d’augmenter progressivement de manière prévisible, ce qui est important, le salaire minimum, sans nuire à la création d’emplois. Parce que si on monte d’un coup vraiment beaucoup le salaire minimum, ça va aider ceux qui vont garder leur emploi, mais il va y avoir des pertes d’emploi et il va y avoir au moins de création d’emplois. Donc, il y en a certains qui vont, au contraire, en souffrir. Sans parler que ça va faire forcément augmenter les coûts de certains aliments, de certains services. Ça, c’est les plus pauvres au salaire minimum ou en dessous qui vont en souffrir. Donc, c’est vraiment important de suivre le rythme d’à peu près 50 % du salaire industriel moyen. Et il faut aussi s’assurer que la hausse du salaire minimum est supérieure à l’inflation. Donc, nous, on a augmenté de 40 % le salaire minimum et à la même époque, c’était 27 % l’inflation cumulée. Il faut aussi que le salaire minimum augmente beaucoup plus que les frais de scolarité universitaire parce qu’il y a beaucoup d’étudiants au salaire minimum. Donc, 40 % de hausse du salaire minimum, 20 % d’hausse des frais de scolarité. C’est comme ça qu’on combat la pauvreté sans nuire à la création d’emplois.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. On y va pour le particulier. M. Lebrun, une minute
Mathieu Lebrun (PQ) : De notre côté, évidemment, oui, le salaire minimum est déterminé, environ 50 % du salaire horaire moyen. Mais je pense qu’on devrait peut-être revoir la méthode de calcul et regarder c’est quoi les indicateurs qui devraient être réellement pris en compte. L’évolution des salaires, le coût de la vie, le pouvoir d’achat, les impacts sur les entreprises. Parce qu’il y a beaucoup de tensions du côté patronal et syndical vis-à-vis la méthode de calcul. Donc, notre objectif, ce serait vraiment de trouver un mécanisme qui permet d’améliorer le rendement, réellement le niveau de vie des travailleurs, tout en donnant surtout, donnant aussi de la prévisibilité pour les entreprises pour y arriver puis réussir à absorber les hausses. Donc, ça, ça doit être fait en concertation avec les différents acteurs patronaux et syndicaux. Donc, on va améliorer concrètement le pouvoir d’achat, mais plutôt, au lieu de miser sur le salaire minimum, on devrait miser plutôt sur des mesures fiscales qui permettraient de réduire les dépenses pour les ménages puis d’avoir plus d’argent dans leur poche.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. On poursuit, Mme Cadet, Parti libéral.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Merci beaucoup. Donc, de notre côté aussi, nous n’avons pas un engagement de hausser le salaire minimum à 20 $. Donc, nous comptons sous un gouvernement libéral, donc certainement, continuer de hausser le salaire minimum de façon progressive. Je pense que les questions de méthodologie la rémunération des stages dans le secteur public. On a déposé trois motions en ce sens. Puis, malheureusement, donc, du côté de la CAQ, donc, il y avait une des motions-là qui avait été acceptée, mais le gouvernement de la CAQ a renié sa parole par la suite. Donc, on aurait espéré arriver à une rémunération des stages. Donc, ça, c’est l’un des engagements qu’on a, donc, pour les futures infirmières, futures infirmières auxiliaires, futures enseignantes, soient capables d’être rémunérées dès lors qu’elles font un stage, qu’elles complètent un stage, qui est un stage de travail, qui n’est pas un stage d’observation, d’autant plus que l’État est leur employeur à ce moment-là. Et nous avons aussi dans notre plateforme le fait, donc, de poursuivre les travaux sur la réforme du filet social des artistes. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Sur, donc, le 20 $, dernière intervention, M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Il y a 700 000 personnes au Québec qui travaillent en deçà de 20 $ de l’heure. Ce n’est pas normal. C’est beaucoup de gens qui vivent, donc, dans la pauvreté. Si ton modèle d’affaires combien de fonctionnaires, 5 000, 10 000, 20 000, au plus fort à la poche, mais c’est important d’avoir un État fort pour intervenir parce que la loi du marché ne favorise pas les travailleurs, en particulier les petits travailleurs, les petits salariés, en bas de l’échelle. Il faut une augmentation rapide à 20 $ l’heure. On est conscient, par contre, qu’une rapidité, donc, l’argent supplémentaire qui est gagné par les salariés de plusieurs milliers de dollars par année, bien, il est réinvesti dans l’économie réelle. Les gens vont aller au resto, vont aller à l’épicerie. Ils ne vont pas dépenser ça dans les paradis fiscaux. Ça va retourner dans l’économie de nos quartiers, de nos villages. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Merci. J’ai déjà vu un droit de réplique. Monsieur Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, la question est pour Alexandre. Donc, j’aimerais ça avoir les chiffres. Donc là, tu nous parles d’une enveloppe de quelques centaines de millions pour pallier aux effets négatifs de la hausse du salaire minimum à 20 $ de l’heure. J’aimerais savoir comment ça va coûter aux entreprises versus ce que vous leur proposez. Deuxièmement, j’aimerais ça connaître sur les centaines de millions que vous proposez, combien vaut au Communautaire par rapport à ce que représente le Communautaire sur l’ensemble des employeurs. Merci.
Rim (animatrice) : Il y a un droit de réplique d’autres candidats sur la question. M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : D’abord, c’est 330 millions dans notre cadre financier pour accompagner les PME, le communautaire, etc. Et de ce 330-là, c’est 100 millions pour le communautaire qu’on a chiffré. Moi, j’en ai une question aussi pour M. Lebrun. Dans votre plateforme, quand vous étiez en 2022 en train de flasher à gauche, vous aviez un chiffre, vous aviez 18 $ de l’heure. Là, vous flashez un petit peu plus à droite cette année, plus proche du PCQ. Là, vous n’avez pas de chiffre. Qu’est-ce qui va se passer ? Parce qu’on connaît votre historique. Le PQ, c’est le parti qui a le moins haussé le salaire minimum. Il y a même eu des gels. Imaginez-vous donc des gels de salaire minimum des années 90. À quoi il faut s’attendre ? Merci.
Mathieu Lebrun (PQ) : C’est plutôt au niveau de la méthode de calcul qu’on souhaite capable de reviser. Puis on verra qu’est-ce que ça va donner ensuite comme chiffre. Mais l’idée, c’est de s’entendre sur la méthode de calcul parce que présentement, quand on a des salaires minimums, on met les taux. Mais évidemment, c’est souvent soit l’employeur ou du côté syndical qui ne sont pas satisfaits.
Rim (animatrice):Merci beaucoup. Et revirement de situation, une autre droite de réplique pour M. Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, je vais poursuivre mon dialogue avec Alexandre s’il le souhaite bien. Donc, tu nous parles de 300 millions. Tu nous parles de 300 millions. Or, le chiffre que j’ai, moi, sur le coût pour les entreprises, c’est 10 milliards. Donc, 300 millions pour une mesure qui va leur coûter 10 milliards. À moins que tu as un autre chiffre pour tout ce que ça coûte à toutes les entreprises d’augmenter de 16,60$ à 20 $. Toutes les entreprises du Québec, ça va leur coûter 10 milliards par année. C’est le chiffre que j’ai. Si tu as en a un autre, je suis preneur. Et sur les 330 millions, tu disais que vous prévoyez qu’il y en a 100 millions pour le communautaire. Or, le communautaire, c’est à peu près 2 % des employeurs. Donc là, tu proposes à peu près 40 %, 33 % de l’envoi pour 2 %. Sinon, il y a un autre... Considérant que le Québec solidaire est proche du communautaire, ne pense pas que ce n’est pas... Au niveau des apparences, il me semble que ce n’est pas l’idéal. Qu’en penses-tu ?
Rim (animatrice) : Alors, les parties peuvent choisir de répliquer ou non de prendre leur droit de réplique. Oui, il y a une dernière question. On la garde. Alors, ça soulève des passions, la question du 20 $ de l’heure et avec raison, je crois. Oui, vous, vous n’avez pas passé vos... Non, on ne donne pas des cartes. Regardez ça qu’ils veulent se faire. On va se donner les cartes entre eux. Ils m’avaient dit qu’on va être sages, on va être sages pour ce débat. Non, les cartes restent sur la table, s’il vous plaît, à chaque personne. Il nous reste une dernière question, mais je pense que l’enjeu de la question du 20 $ de l’heure aborde en fait un peu des éléments de la prochaine question qui parlent d’aussi une sorte de pression qui arrive aussi sur la population qui est la question des coûts sur le logement parce que la question du 20 $ c’était pour être dans la réalité d’aujourd’hui puis de voir comment on peut soutenir ou non les travailleurs et travailleuses pour qu’ils puissent vivre dans la dignité puis un des gros éléments du portefeuille qui sort, c’est la question du logement. Donc, en raison de l’augmentation des coûts du logement, les gains salariaux obtenus grâce à l’action syndicale sont en partie effacés. Même si le taux d’inoccupation a légèrement augmenté au cours des derniers mois, la crise du logement va persister et va même s’empirer. Qu’est-ce que votre parti entend faire pour s’assurer que les travailleurs et travailleuses aient accès à un logement décent qui correspond à leur capacité de payer ? Donc, vraiment sur la question de l’accès au logement, on va commencer pour cette question avec M. Lebrun pour une minute.
Mathieu Lebrun (PQ) : En matière de logement, il faut augmenter l’offre. Le Parti québécois s’engage à financer environ 20 000 logements hors marché sur 5 ans et 2 000 logements étudiants. Mais le logement, ce n’est pas seulement une politique sociale. En fait, au niveau du travail, c’est important parce que si le travailleur ne peut pas se loger à un bon prix, un prix raisonnable, ça va devenir un frein pour la mobilité de la main-d’oeuvre, la rétention au niveau du recrutement. Pour augmenter l’offre rapidement, ce qu’on souhaite faire, c’est travailler avec les partenaires. Le mouvement syndical, la FTQ, le fonds d’action de la CSN, participent déjà au financement et au développement de logements sociaux. Donc, je pense que ça va être des mettre en contribution, en même temps utiliser l’expertise avec la CCQ, les municipalités, les coopératives, pour justement réussir à accélérer les projets. Pour qu’un logement soit abordable, c’est permettre à un travailleur qui va venir s’établir puis de rester justement dans la région où est-ce qu’il va travailler. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On poursuit, Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Effectivement, il n’y a pas 36 000 solutions quand on parle de la crise du logement parce que de notre côté, évidemment, on le reconnaît. Donc, malgré le fait que la CAQ ait nié la crise du logement pendant plusieurs années, on a un rattrapage à faire au niveau de l’offre. Alors, au niveau du Parti libéral du Québec, vous avez probablement entendu notre chef Charles Milliard le dire à de nombreuses reprises lors des débats des chefs, il nous faut construire l’équivalent de 100 000 nouveaux logements par année pour être capable de rétablir un certain équilibre dans l’offre et la demande. Donc, on veut miser sur le bois, on veut miser sur le préfabriqué, donc on a besoin de construire plus vite et de prendre au sérieux le besoin de rétablir une certaine forme d’abordabilité. On est bien conscients que rétablir un meilleur équilibre dans l’offre et la demande, ça ne permettra pas tout seul d’assurer l’abordabilité. Donc, nous, on veut qu’on ait 40 000 logements dans les cinq prochaines années qui soient des logements abordables et des logements sociaux et d’avoir un parc locatif qui soit à 20 % constitué de logements sociaux et abordables d’ici 2050 pour qu’on soit véritablement capables de rétablir cette abordabilité pour les travailleurs et les travailleuses.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup, M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : La crise du logement, c’est d’abord et avant tout une crise d’abordabilité. Il faut en remettre de cheval sur la question de l’abordabilité. Il faut un plafonnement des loyers, un gel des loyers à l’inflation maximum dès l’an 1. Il faut inverser le fardeau de preuves. Si quelqu’un veut faire une autre augmentation du loyer, il y a plusieurs éléments qui ramèneraient un peu de stabilité dans le marché parce qu’il faut atteindre 20 % idéalement de logements hors marché. Et oui, il faut construire, c’est bien, mais il faut aussi, pour arriver rapidement à ce 20 %-là de logements hors marché, acheter des plexes déjà existants. Ça va aller beaucoup plus vite et on pourrait offrir un rabais sur la taxe en gain capital aux individus qui voudraient vendre des plexes à l’État, à des OBNL, à des co-ops, etc., pour les sortir du marché et que ça arrête d’être dans une spirale spéculatoire infinie et enfin atteindre une certaine stabilité dans le marché locatif. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Dernière intervention, M. Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc à l’époque des gouvernements Marois, Couillard, on était à peu près à 40 000 mises en chantier par année. Maintenant, on est à 60 000. Donc, clairement, on est sur la bonne voie. Entre autres, notre gouvernement a voté des lois pour donner des pouvoirs aux municipalités pour accélérer les permis et tout pour qu’on puisse construire davantage de logements. Et là, on veut également aller plus loin. On a eu 2,4 milliards d’investissements pour la rénovation de HLM. Puis là, on a un fonds d’urgence en matière d’itinérance parce qu’évidemment, c’est lié à la question du logement, un 250 millions. On a également un 100 millions qu’on a annoncé pour 1 000 suppléments au loyer supplémentaire, des suppléments accompagnement pour éviter, c’est-à-dire pour ramener des gens de la rue à un logement. On a également 1 000 suppléments de loyer prévention pour prévenir quelqu’un qui pourrait se retrouver en situation d’itinérance. Donc, on a vraiment des mesures fortes dans ces domaines-là. Et le bilan côté logements sociaux abordables, 17 300 qui ont été livrés et 15 800 qui sont en construction ou en développement. C’est du jamais vu dans l’histoire du Québec. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : C’était la dernière fois. Donc, M. Leduc, c’est la dernière droite réplique. Les derniers droits de réplique. M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : J’ai participé à des débats dans les chambres de commerce autant à l’Est de Montréal que la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et tous les autres partis disaient fièrement qu’ils voulaient déréglementer l’industrie de la construction pour construire plus vite. Vous n’avez pas entendu ça aujourd’hui. La crowd est un peu différente. Peut-être que le message a été ajusté. Question pour ma collègue, Mme Cadet. Dans votre cadre financier, si on prend le nombre...
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : c’est 1,5 milliard supplémentaire qu’on veut mettre à la construction des logements sociaux et abordables. Donc, le 1,5 milliard, c’est pour les 40 000 logements sociaux et abordables qu’on veut construire d’ici les cinq prochaines années. Puis, vous-même, dans votre réponse, vous l’avez mentionné. Donc, les 40 000 logements, oui, il y a de la construction mais aussi de la conversion parce que vous l’avez dit, pour aller plus vite, il faut qu’on soit capable de faire cet achat-là. Donc, on est de la conversion de logements existants pour parvenir à ce nombre-là de 40 000 logements qui sont sociaux et abordables. Donc, non, on ne peut pas tout simplement faire une division de nombre de 40 000 par porte parce que, bon, c’est des argents supplémentaires. Merci.
Rim (animatrice) : Est-ce qu’il y a d’autres droits de réplique sur cette dernière question du thème du bilan ? Pas de droits de réplique ? On vient de compléter le premier thème. Donc, êtes-vous réchauffé ? Ça s’en vient. On va corser ça. Donc, merci beaucoup. Donc, on comprend un peu le rythme sur les droits de réplique. Et là, je vous invite à enlever le chiffre 4 de vos droits de réplique. Vous allez avoir trois droits de réplique puisqu’on a quatre questions pour le prochain thème. Le thème, c’est le travail d’aujourd’hui, le travail de demain, puis c’est teinté parce que, bien, vous l’avez mentionné un petit peu, c’est le travail d’aujourd’hui. Donc, on sait qu’au Québec et partout dans le monde, on doit s’attendre à des transformations majeures pour l’économie. On va donc, les travailleurs et travailleuses vont avoir besoin d’être soutenus. Puis là, on veut savoir spécifiquement pour la question numéro 6. Est-ce que votre parti s’engage à encadrer législativement le développement et l’utilisation de l’IA ? Vous engagez-vous à mettre en place une stratégie de souveraineté numérique ? Donc, vraiment, sur cette thématique-là, on veut que les gens qui nous écoutent comprennent votre position sur la question de l’IA et de la souveraineté numérique. Et pour cette question, on commence avec Mme Cadet. Merci beaucoup. Une minute.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Alors oui, c’est très clair pour nous, au Parti libéral du Québec, c’est dans notre plateforme. Donc, nous, nous comptons déposer une loi cadre sur le développement et le déploiement de l’intelligence artificielle. Et aujourd’hui, ce sont environ 30 000 postes vacants qui existent, qui ont une haute exposition et une faible complémentarité à l’intelligence artificielle. Donc, c’est indéniable qu’il nous faut encadrer législativement l’intelligence artificielle. Dans la dernière législature, on a déposé plusieurs demandes qu’on ait des commissions parlementaires pour parler de l’intelligence artificielle, que ce soit dans le secteur culturel, que ce soit dans le milieu de l’éducation, et qu’on se dise, bien voyons, comment est-ce qu’on va chercher les différents experts pour qu’on puisse mieux encadrer l’intelligence artificielle ? Il y a déjà eu des consultations. Donc, le ministre du Travail actuel a fait ces consultations-là. Il y a eu un avis du CCTM qui a été remis au ministre le 9 avril dernier. Je pense que l’Ordre des CRHA (conseiller des ressources humaines agrées) a aussi effectué une consultation sur l’encadrement de l’intelligence artificielle. Donc, on a tous les outils pour le faire. Puis nous, on s’appuierait sur les recommandations qui ont déjà été validées par le Conseil de l’innovation du Québec en ce qui concerne surtout la transparence. Puis pour nous, ça va être important que dans cette loi-cadre-là qu’on indique qu’il y ait toujours un humain au bout de la ligne qui soit capable de demeurer responsable de la prestation de services. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Je pense qu’il y a des points de convergence parfois entre les partis politiques sur certains thèmes. La crainte que nous avons par rapport à l’intelligence artificielle, je pense, ferait relativement consensus. Un outil que nous avons à l’Assemblée nationale qui peut être utilisée, c’est la commission spéciale. On en a fait une sur le temps d’écran dans la précédente législature. Il y en avait une aussi sur l’exploitation sexuelle des mineurs dans la législature d’avant. Je pense qu’il devrait y en avoir une sur l’encadrement de l’intelligence artificielle au Québec, notamment sur la question de l’emploi. J’ai posé une question au ministre de l’Emploi dans le cadre des études de crédit. Est-ce que votre ministère a évalué le nombre d’emplois qui est à risque au Québec en lien avec l’arrivée de l’intelligence artificielle ? Il n’en avait aucune idée. Cette question-là n’avait pas été réfléchie au ministère de l’Emploi pour vous dire à quel point on est en retard. J’ai déposé une motion sur le sujet de l’IA et de l’enjeu de l’IA générative, plus précisément pour les artistes, pour les illustrateurs et illustratrices, une motion qui a été adoptée qui demandait à ce que le gouvernement adopte des règles pour lorsqu’il fait des subventions à des institutions culturelles comme un musée ou un festival, mais que cet argent-là ne puisse pas être utilisé pour faire de l’intelligence artificielle dans les affiches, par exemple, dans la promotion et qu’au contraire, on utilise des artistes de chez nous.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Monsieur Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc, notre gouvernement a été à l’origine d’une loi qui a été adoptée à l’unanimité, effectivement, dans ce domaine-là, on retrouve de ça sur la souveraineté culturelle, donc faire en sorte que les algorithmes qui sont évidemment de l’intelligence artificielle soient comme obligés de permettre la découvrabilité du contenu francophone, donc on a beaucoup travaillé là-dessus. On a produit un guide gouvernemental des recommandations d’enseignement supérieur qui nous envoyait des premiers guides, des premières recommandations, donc vraiment, le gouvernement était très allumé là-dessus, très proactif, et on a également une politique de souveraineté numérique et d’approvisionnement en technologie, toute la question de l’hébergement des données, il faut en héberger plus au Québec, donc ça, il y a vraiment, on est à l’ouvrage là-dessus, 25 000 fonctionnaires qui en ce moment sont en train d’être formés à l’utilisation de l’IA et l’idée, c’est de retirer le plus possible des tâches répétitives à des employés pour améliorer leurs conditions de travail, mais même s’il faut évidemment garder une supervision humaine pour les usages sensibles.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Dernière intervenant avant le droit de réplique, M. Lebrun.
Mathieu Lebrun (PQ) : Oui, je pense qu’on est pour une stratégie de souveraineté numérique. Avant, par exemple, d’aller vers une loi, peut-être que ça va donner ça, mais l’idée, c’est vraiment de l’encadrer, mais comment on va le faire ? Je pense que le Parti québécois s’est engagé à créer un comité d’experts qui va vraiment travailler pour encadrer l’intelligence artificielle. Puis en complément du comité d’experts, je pense que ce serait important de mandater autant les experts au ministère du Travail pour les employés syndiqués puis à la CNESST pour les employés non syndiqués pour développer en concertation avec les représentants des travailleurs et des employeurs comme le CPMT, l’avis évidemment du CCTM, la CCQ, de développer vraiment des balaises spécifiques au monde du travail. Évidemment, il faut être capable d’anticiper les transformations plutôt que de les subir puis être capable d’identifier les emplois puis développer les formations qui vont être nécessaires pour donner aux travailleurs les moyens de s’adapter et de développer les nouvelles compétences. Encore une fois, on verra avec les partenaires ce que ça va donner comme résultat. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Est-ce qu’il y a des droits de réplique pour cette question ? M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Un aspect qu’on n’a pas assez par rapport à l’intelligence artificielle, c’est les centres de données. Qui sont contre l’arrivée de ce centre de données-là ? Qui sont très critiques par rapport à l’intelligence artificielle, en particulier par rapport à la culture ? Je profite de la présence de M. Rousseau ici, qui est candidat en Estrie aussi. Est-ce que vous avez pris position contre l’arrivée de ce centre de données-là à Sherbrooke ?
Rim (animatrice) Merci beaucoup, M. Rousseau, de réplique.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, c’est une question super intéressante, mais il faut comprendre qu’à peu près tous les partis ici sont en faveur de la décentralisation, de l’autonomie municipale. Quand on fait des beaux débats théoriques sur le monde municipal, on veut de la décentralisation du pouvoir aux régions. Mais dès que ça brasse un petit peu, on veut que le gouvernement du Québec arrive avec ses grosses pattes et gère un dossier qui est totalement de compétence municipale, on veut faire de l’ingérence. Donc, vous n’êtes même pas encore au pouvoir que déjà vous êtes dans l’ingérence dans les compétences municipales. Moi, je pense qu’il faut laisser la municipalité gérer ça. Oui, on peut avoir un cadre national, oui, on peut avoir des balises nationales, mais quand ça relève de l’autonomie locale, des régions, il faut respecter ça. Merci.
Rim (animatrice ) : Il y a d’autres droits de réplique pour ce thème. Bien, on a débuté la conversation sur, vous avez ouvert un peu la porte dans votre réponse sur l’IA sur les travailleurs et travailleuses vont vivre ces transformations-là, vont être affectées. Là, en partie, on parlait de l’IA, mais on a parlé aussi des autres thématiques sur la transition socio-écologique, sur la question des tarifs. On voudrait connaître vos engagements puis votre posture parce qu’on veut avoir de façon concrète qu’est-ce que votre parti compte mettre en place pour accompagner les vraies personnes, les vrais travailleurs et travailleuses qui vont vivre ces transformations-là puis pour celles et ceux qui vont se trouver en marge de l’emploi. Comment est-ce que vous comptez articuler une réelle offre de formation continue tout au long de la vie parce qu’on sait que ce n’est pas une question de peut-être un ou deux ans. Il y a des travailleurs et travailleuses qui sont affectés dans ces emplois-là. Y a-t-il des mesures concrètes ? Parce que là, vous avez ouvert la porte en disant oui, on souhaite les accompagner. Notre question, c’est comment ? Et pour cette question, on va commencer avec M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Il faut éviter les réflexes de pousser vers les formations courtes et rapides pour rapidement mettre un travailleur devant un nouveau poste. On a eu ce réflexe-là qui était en cause que c’est des mauvais salaires qu’on offre dans ce secteur-là. Mais en fermant, en baissant le nombre d’heures et la qualification, ce qu’il a fait, c’est qu’il a juste vidé les techniques. On a fermé des classes de techniques d’éducation à l’enfance. Même chose dans le milieu de la construction. On voulait aller plus vite, alors que même les patrons et les syndicats étaient opposés à ce qu’on réduise les qualifications pour les frigoristes. En plus, on a payé des gens pour aller devenir compétents pour rénover leur chalet aux frais de l’État. C’est bien sympathique de rénover son chalet. C’est pour ça que c’était un bon investissement. La CAQ n’a toujours pas reconnu à ce moment-ci. Ça avait été une erreur massive. Merci.
Rim (animatrice) : M. Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc concernant la formation de la main-d’oeuvre, on a déposé un plan qui prévoit 400 millions sur quatre ans pour bonifier le programme de formation en entreprise. On propose également qu’il y ait un suivi des effets réels de l’IA sur les travailleurs, que l’Institut de la statistique du Québec suive de très, très près tout ce qui concerne les effets de l’IA sur les travailleurs pour qu’on puisse savoir ce qui se passe au fur et à mesure pour être préventif, pour être proactif dans ce dossier-là. On souhaite également que la loi du 1 % puisse servir à cette révolution industrielle de l’IA, peut servir à ce que nos travailleurs puissent faire face à la révolution de l’IA et ça, la fameuse loi du 1 % peut être utile ici. Donc, il s’agit vraiment de faire en sorte que nos travailleurs aient cette capacité-là. Donc, l’idée, ce n’est pas de résister aux changements. L’idée, c’est de dire on va la transformer notre économie québécoise. On va être en avant de la parade pour l’IA. On va être en avant de la parade à la fois pour l’achat local, à la fois pour la diversification des exportations ailleurs qu’aux États-Unis. On va être en avant de la parade partout là-dedans avec nos travailleurs parce qu’on va investir dans leur formation pour qu’ils soient adaptés au changement à l’avenir et à l’avenir ou de se requalifier tout au long de leur parcours professionnel.
Mathieu Lebrun (PQ) : Puis, la formation pour le Parti québécois, ça commence vraiment par mieux valoriser la formation professionnelle. Donc, évidemment, pour certains secteurs comme la santé, les services sociaux, la petite enfance, on souhaite avoir des stages qui sont rémunérés au salaire minimum. Donc, par exemple, un stage de 420 heures équivaut environ à 7000 $. Puis, pour nous, l’important, c’est que la formation soit un véritable outil pour les travailleurs. Pour y arriver, évidemment, encore une fois, ça ne sera pas tout seul. Il faut mobiliser les différents partenaires, les comités sectoriels, le CCTM, tous les partenaires syndicaux pour être capables de développer des compétences en lecture, en calcul, puis notamment en numérique pour les travailleurs.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Mme Cadet, dernière intervention.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Oui, d’abord, pour la main-d’oeuvre qui est déjà à l’emploi, effectivement, la loi du 1 % peut être un levier intéressant pour être en mesure de les former face à ces différentes transformations, notamment l’intelligence artificielle, collègue M. Leduc ici, où ce qu’on a vu, je pense, dans le réseau d’éducation aussi, ça a été un peu la même chose, où on a énormément de parcours de formation qualifiante et qu’on se demande, OK, mais c’est quoi le problème avec le bac 4 ans ? C’est quoi le problème avec la formation initiale qui, elle, permet, donc la rétention aussi des travailleurs parce que moi, je l’ai souvent répété dans le cadre du dernier mandat, pour moi, la formation, elle est vectrice de rétention. Donc, un, si on a besoin d’accélérer le tout, c’est sûr que là, les coûts, eux, deviennent un peu plus intéressants parce que là, on est en alternance travail-études. Puis, effectivement, dans le secteur de la construction, l’alternance travail-études est beaucoup plus intéressante que les formations qui ont été préparées par M. Boulet ou que les gens allaient rénover leur chalet. Mesdames, en recherche d’emploi.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Je vous invite à prendre votre droit de réplique. Merci. Et donc, on termine cette ronde. Est-ce qu’il y a des droits de réplique ? Vous souhaitez le prendre ? Oui ? Allez-y, Mme Calé.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : En fait, c’était juste merci. C’est juste pour compléter parce qu’on pense aussi que c’est important de permettre aux gens d’avoir accès aux organismes spécialisés en employabilité. On a vu que plusieurs d’entre eux ont été un peu malmenés par le dernier gouvernement puis à notre sens, bien, de permettre aux jeunes et aux moins jeunes de pouvoir accéder aux OSE. Bien, c’est un mécanisme qui va être intéressant pour leur permettre de se requalifier puis de surtout de permettre le maintien à l’emploi parce que c’est le rôle que ces organismes-là jouent. Donc, c’est pour ça qu’on a un financement de 200 millions pour les organismes communautaires et ils auraient accès aussi à ce financement.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Est-ce qu’il y a d’autres droits de réplique sur cette question-là ? M. Lebrun ?
Mathieu Lebrun (PQ) : Oui. Bien, en fait, effectivement, au Parti québécois, je pense qu’au niveau de l’action communautaire va avoir aussi un rôle à jouer. Tantôt, j’ai parlé des partenaires, mais au niveau de la formation, on peut penser au carrefour Jeunesse-Emploi ou au Bureau Accès-Emploi dans la circonscription de Rousseau qui, eux, justement, aident les jeunes à favoriser le retour sur le marché du travail ou à avoir leur premier emploi. Donc, pour nous autres, c’est vraiment très important et c’est une manière, justement, d’aider les jeunes à se trouver du travail.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Je ne vois pas d’autres droits de réplique. Vous êtes prêts à passer à la prochaine question ? On reste encore dans cette thématique-là d’accompagner les travailleurs et travailleuses. Donc, là, avec les plateformes numériques, il y a beaucoup de travailleurs et travailleuses qui échappent à la relation d’emploi qui est traditionnelle qu’on a connue plutôt classique et sont classées de façon erronée comme étant travailleurs autonomes. La question qui est directe pour votre parti, on veut savoir, est-ce que votre parti s’engage à corriger cette injustice, notamment en élargissant la définition de salarié dans le Code du travail ? Donc, vraiment, sur cette question-là en particulier, on va commencer. J’invite M. Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc, pour l’instant, on n’a pas cette orientation-là. Donc, ce qu’on souhaite, c’est maintenir la définition traditionnelle de ce que c’est qu’un salarié-là qui ait une définition axée sur le lien de subordination, ce qui fait en sorte qu’on n’inclut pas automatiquement effectivement toutes les personnes qui oeuvrent dans des plateformes de type DoorDash, Uber, etc. L’idée, c’est que ça préserve une certaine flexibilité. Ça fait en sorte que dans certains cas, si effectivement il y a qui est en cours, on a commencé à écouter les différents partenaires des relations de travail et c’est possible qu’il puisse y avoir des ajustements. On attend la fin de ce processus-là. On n’est pas complètement fermé, mais a priori, on préfère un peu de flexibilité plutôt qu’une solution mur à mur.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. M. Lebrun
Mathieu Lebrun (PQ) : Évidemment, de notre côté, on croit que la définition actuelle de salarié ne permet pas vraiment de répondre adéquatement aux nouvelles réalités du travail. Les travailleurs de plateforme, évidemment, les chauffeurs Inc., dont le Parti québécois a justement dit qu’il allait faire quelque chose pour ces genres de travailleurs-là et les faux statuts de travailleurs autonomes. Nous, ce qu’on pense, évidemment, c’est de continuer un processus de consultation, c’est de mandater le ministère du Travail puis la CNESST pour justement analyser l’évolution de ces différentes formes de travail. Évidemment, nous faire des recommandations sur qu’est-ce que ça pourrait être la nouvelle définition de salarié. Ensuite de ça, ces recommandations-là, menées avec un nouveau régime pour les nouveaux salariés, une modification au code du travail, on verra ce que les partenaires vont nous dire.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : On parlait de transformation un peu plus tôt puis ça, je pense que c’est un phénomène qui existe quand même depuis une dizaine d’années maintenant mais tout de même qui est une transformation du milieu du travail, du milieu de l’emploi qui demande, je pense, au gouvernement responsable de pouvoir actualiser les définitions parce que, bon, bien des travailleurs, malheureusement, n’ont pas toujours les protections nécessaires, n’ont pas toujours les protections adéquates alors que les définitions actuelles ne tenaient pas en considération l’évolution des nouvelles technologies puis leur impact sur le milieu du travail. Donc, de notre côté aussi, je pense qu’on doit continuer donc de consulter. On n’a pas d’engagement précis dans notre campagne électorale, dans notre plateforme électorale sur la définition de salariés mais on est très ouverts à continuer les processus actuels puis à voir comment est-ce que ces définitions-là pourraient être actualisées puis notamment, parce qu’on a parlé du dossier de Chauffeur Inc. De notre côté aussi, avec mon collègue, mon chef Deraji qui était porte-parole en matière de transport, on a rencontré donc les acteurs puis on a vu qu’on avait des définitions qui ne correspondaient pas à la réalité de ces salariés-là qui étaient perçus comme des travailleurs autonomes. Merci beaucoup.
Rim (animatrice : Monsieur Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Sur la notion de salariat, je pense qu’il faut élargir, simplifier et harmoniser les définitions de salariat. Il y a quasiment une différente par chacune des lois du travail contrairement au code fédéral du travail qui est unifié à ce niveau-là. Une des rares choses peut-être qui font mieux que nous au fédéral. Blague à part. J’ai eu la chance de faire un certificat en droit du travail à l’UQAM et tous mes profs me disaient qu’il faut la présomption simple de salariat. Renverser le fardeau. On présuppose que la personne qui exerce son droit est un salarié. C’est beaucoup plus simple. Il faut aussi aller faire le ménage dans un des principaux instruments de confusion alentour de ce dossier-là, aussi dans le milieu des CPE. Il y a des agences de placement de personnel dans les services de garde éducatif à l’enfance qui se multiplient, qui font beaucoup d’argent et ça fragilise le système, ça fragilise les finances de nos CPE. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Est-ce qu’il y a des droits de réplique pour cette thématique-là ? Oui, M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : qui parle de salariés précaires, parle de décrets de convention collective, la fameuse LDCC (Loi sur les décrets des conventions collectives) , une drôle de bébite en droit du travail qui est très méconnue, qui est certainement difficile à expliquer dans une entrevue lorsqu’on fait des médias, qui a été menacée par le gouvernement de la CAQ et je ne vous fais pas une grande surprise, c’était beaucoup la FCEI qui travaillait en sous-marin pour pistonner cette loi-là. Elle l’avait faite dans le passé pour les gouvernements du PQ et des libéraux. Elle le refera certainement. J’aimerais ça entendre mes collègues vous en engagez-vous à maintenir la LDCC et la améliorer, la moderniser et non la mettre aux poubelles. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Il y a des droits de réplique là-dessus pour les autres parties. On pourra peut-être en parler par la suite au sec à sept. Merci. Donc, on va tomber dans la dernière question de ce dernier thème-là. Je vous laisse le temps si jamais vous voulez vous... Bon, parfait, l’eau est... Vous êtes abreuvés. La dernière question, depuis tantôt, on parle des turbulences et des changements. Quand on en parle, on parle beaucoup de l’IA, mais ça ouvre aussi la porte à la question des changements climatiques. Donc là, on va vraiment adresser cette question-là sur la question des changements climatiques pour lui donner la place que ça a et l’urgence que ça a. On veut savoir, votre parti s’engage-t-il envers une transition juste et comment entend-il soutenir les travailleurs et travailleuses qui sont directement affectées par ce type de situation. Donc, pour une minute, pour cette question, on va commencer avec M. Lebrun. Une minute.
Mathieu Lebrun (PQ) : Évidemment, le Parti québécois, il se dit déjà dans son plan climatique de 2022, personne ne doit être laissé pour contre et les emplois doivent pouvoir s’adapter à mesure que notre économie se transforme. Mais évidemment, on a un plan environnemental pour 2026 puis évidemment, ça mise sur l’efficacité énergétique, l’électrification, le transport collectif, etc. Mais la transformation de l’économie, elle ne se fera pas sans les travailleurs. Donc, je pense qu’encore une fois, c’est important de travailler avec le CPMT, les organisations syndicales, les employeurs pour anticiper les différentes transformations qui vont s’en venir. Puis, il faut adapter aussi nos règles de santé et sécurité aux changements climatiques. Par exemple, si la CNESST pourrait faire des recommandations pour des mesures de prévention qui sont nécessaires, soit en cas de chaleur, feu de forêt, changements climatiques violents. Évidemment, pour nous, la transition, c’est une transition juste, beaucoup.
Rim (animatrice) : On poursuit, Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Oui, bien, effectivement, je pense que dans votre question, vous le mentionnez, on a beaucoup parlé des différentes turbulences, puis on ne parle pas exclusivement de l’intelligence artificielle lorsqu’on parle de ces turbulences-là. Donc, oui, dans le contexte de l’adaptation aux changements climatiques, on va avoir besoin de soutenir nos travailleurs avec des corps d’emploi qui vont être affectés par ça. Au Québec, on est quand même, au Québec, on est relativement chanceux quand on se compare à des provinces comme l’Alberta. Je me rappelle, à l’époque, avoir déjà parlé en 2015, 2016, 2017, parler avec des homologues qui étaient en Alberta et qui nous disaient à quel point la question de la transition juste pour eux, c’était presque un défi très, très, très structurel étant donné la structure de leur économie. Donc, de notre côté, on veut poursuivre dans l’accompagnement des travailleurs vers cette transition juste-là pour qu’on puisse préserver les emplois, mais surtout les emplois accompagnés dans la requalification. Donc, je reviens sur l’importance d’avoir nos organismes communautaires qui les soutiennent dans cette requalification-là sur l’alternance travail-études et sur la formation au milieu de travail. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) Monsieur Leduc : .
Alexandre Leduc (QS) : La vision qu’on met de l’avant à Québec Solidaire, c’est de réussir à faire du Québec la première économie, le premier pays au monde à se décarboner et à le réussir en créant des emplois, en créant de la richesse et en distribuant la richesse au Québec et de faire de la diplomatie internationale à partir de cette réussite-là. Mais pour y arriver, il faut que les travailleuses et les travailleurs soient au centre de cette transition-là. C’est pourquoi j’ai déposé un projet de loi pour créer des comités de transition à même les planchers de travail, usines, bureaux, écoles, etc., parce que les travailleurs et les travailleuses en ont des idées, ils ont des choses à dire. Donc, il y a un comité de transition qui serait basé de manière similaire à celui, par exemple, sur la santé et sécurité au travail, pour qu’il y ait un levier, pour que les travailleurs puissent avoir leurs mots la foresterie durable, tous des éléments sur lesquels on est déjà quand même assez fort au Québec, mais qu’on pourrait être encore plus fort pour être plus efficace, donner des bons emplois aux travailleurs et travailleuses et réussir cette transition. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : M. Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, au Québec, plus de 50 % de nos besoins énergétiques sont comblés par des hydrocarbures importés. Donc, ça, c’est très mauvais pour l’environnement et c’est très mauvais pour l’économie. Ça veut dire qu’à chaque fois que vous voyez une voiture à moteur thermique, dites-vous que c’est une partie de notre déficit commercial sur quatre roues. Donc, c’est vraiment, il faut sortir de là le plus rapidement possible en respectant les contribuables et tout en allant quand même dans le sens d’une acceptabilité sociale, mais clairement, il faut sortir de là, aller vers les énergies propres, mais il ne faut pas garrocher les travailleurs en dessous de l’autobus, fut-il un autobus électrique. Non, il faut s’assurer que cette transition se fasse dans le respect des travailleurs. Donc, la façon de faire, c’est que oui, il va y avoir certains secteurs où il va y avoir une décroissance, des pertes d’emplois dans l’hydrocarbure ou quoi, c’est possible, mais il faut absolument créer beaucoup, beaucoup d’emplois dans les énergies renouvelables. C’est pour ça qu’on a un plan d’action avec Hydro-Québec, 200 milliards d’investissements, 35 000 emplois à pourvoir et même chose pour ce qui est de l’éolien, du solaire, mais dans ces cas-là, il faut vraiment faire attention, dialoguer avec les MRC, les communautés autochtones, ça prend beaucoup d’acceptabilité sociale. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On a terminé la dernière question. Est-ce que vous avez, vous voulez souhaiter utiliser votre droit de réplique pour ajouter du contenu ? M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : Toujours moi qui commence. C’est correct. On va recommencer encore. Question pour M. Lebrun. En 2022, votre parti s’était collé beaucoup sur le nôtre pour la plateforme environnementale. Cette année, vous avez sorti votre plateforme comme un petit dimanche matin tranquille de la mi-août bien avant la campagne pour être certain pour financer une baisse de taxes d’essence. C’est probablement la chose la moins environnementale qui est possible et imaginable. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Que vous souhaitez prendre des droits de réplique ?
Mathieu Lebrun (PQ) : Non. En fait, oui, je vais le prendre. Je vais le prendre, c’est vrai. En fait, ce que je veux juste dire, c’est que pour nous autres, au niveau du plan environnemental, je pense qu’il est vraiment audacieux. Mais ce qui est important de dire, c’est qu’au niveau du travail, parce qu’aujourd’hui, ce soir, c’est vraiment au niveau du travail qu’on va travailler, c’est que c’est important, dans le fond, d’impliquer vraiment les travailleurs là-dessus puis d’être capable d’avoir les ressources nécessaires pour les accompagner. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Il y a d’autres droits de réplique, ça va clore notre deuxième thème. On va vous donner un petit une minute pour placer vos notes, prendre un petit verre d’eau. On s’enligne vers le troisième thème et là, je vois qu’il est déjà 8h15. On est prévu de terminer à 8h30 et on a déjà beaucoup de personnes qui nous écoutent en ligne, donc on ne va pas pousser plus loin que ça. Donc, pour le troisième thème, le dernier thème, on va faire seulement deux questions et ensuite, on va passer à la période de conclusion. Vous aurez une minute pour clore votre propos. Ça va pour vous ? Donc, je vais quand même garder deux droits de réplique pour le dernier thème, donc le même nombre de droits de réplique que le nombre de questions et de façon à répondre aux besoins de la salle qui est venue vous écouter. Je vous invite quand même à, je vous incite à utiliser vos droits de réplique pour compléter vos questions parce que les gens se sont déplacés pour entendre vos engagements complets. Donc, c’est une suggestion comme ça que je vous fais. En plus, je vous enlève partenaire du marché du travail, la CPMT, est sur le point d’adopter une vision concertée du marché du travail qui constitue une stratégie d’action sur cinq ans. Dans cette stratégie-là, les questions de disponibilité, de développement des compétences de la main-d’oeuvre sont au cœur. Cette vision-là est nécessaire parce qu’on en a parlé depuis tantôt, toutes les transformations qui touchent le monde du travail, l’intelligence artificielle, les technologies, la guerre tarifaire sont vraiment des menaces à nos industries. Donc, ce qu’on veut faire, c’est attirer, retenir puis former nos travailleurs et travailleuses pour garder un Québec fort. Puis, on veut que ce Québec-là soit aussi inclusif en matière de main-d’oeuvre puis on veut offrir des emplois de qualité. Donc, ça, c’est cette thématique-là. On va avoir deux questions. La première, le Québec a accueilli un nombre record de résidents temporaires au cours des dernières années. On veut savoir, en une minute, quelle est la vision de votre parti en matière d’immigration ? Êtes-vous d’accord pour favoriser l’immigration permanente et abolir les permis fermés pour les travailleurs étrangers temporaires ? Et pour cette question, on va commencer avec Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Merci beaucoup. De notre côté, nous, au Parti libéral du Québec, c’est important que l’on puisse répondre d’une part aux besoins des entreprises, mais aussi accueillir de façon humaine l’ensemble des nouveaux arrivants, donc des personnes qui nous arrivent d’un peu partout avec leurs histoires de vie et de leur parcours et qu’on soit capable de les accueillir avec dignité. Dans les dernières années, avec la CAQ, on a vu que malheureusement, dans bien des cas, on avait l’impression que tous les maux du Québec avaient pour réponse ou avaient pour cause l’immigration. Donc, je veux vous assurer qu’avec le Parti libéral du Québec, ce ne sera pas notre vision. D’abord, pour les personnes qui sont ici, qui sont ici au Québec, pour nous, c’est important qu’on soit capable de les garder parce qu’on n’a pas envie que les gens soient, perds-moi l’inscription, mais soient garrochés d’une partie ou d’une autre.
Rim (animatrice) : – on poursuit avec M. Leduc.
Alexandre Leduc (QS) : – Oui, il faut abolir les permis fermés. C’est une absurdité. C’est un relant d’un capitalisme sauvage, cette affaire-là. Je déplore aussi l’énième campagne électorale sur laquelle on met beaucoup de problèmes sociaux sur le dos de l’immigration. Ça ne met pas un climat positif dans la société québécoise, alors qu’au contraire, on a 125 000 postes à pourvoir en ce moment au Québec. Il y a 30 000 enfants qui attendent une place dans un service de garde. On a besoin de renforts, on a besoin de main-d’oeuvre. C’est rare que le patronat et le syndicat aient d’accord sur des choses et là, il y a un accord parfait entre les syndicats et le patronat sur le fait qu’il faut en avoir de l’immigration. Il en faut davantage. L’entièreté des chambres de commerce, particulièrement en région, panique à l’idée de voir le Parti québécois réduire les seuils de manière drastique comme ils ambitionnent de le faire. Moi, j’ai la chance d’être dans un caucus avec plusieurs collègues qui ont vécu un parcours d’immigration. Alejandra, Andrés, Ruba, ma porte-parole, ils sont des Québécois et des Québécoises de très grande qualité. Ils sont des beaux exemples pour les jeunes qui sont ici au Québec et qui viennent de l’immigration aussi. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On poursuit avec M. Rousseau. Une minute.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, au niveau de l’immigration permanente, nous, on fixe le seuil à 45 000, ce qui est plus que le Parti québécois qui le fixe plutôt à 35 000. Québec solidaire, 70 000. On n’est pas exactement d’accord, mais au moins, je salue la transparence de ces deux partis-là qui donnent un seuil, ce qui n’est pas le cas du Parti libéral qui joue avec une fourchette qui nous dit que c’est les chambres de commerce et les élus municipaux qui pourraient décider, mais ça n’a pas de sens. C’est une question d’intérêt national, alors il faut que ce soit décidé par l’État québécois, évidemment avec concertation avec les régions, mais ultimement, c’est une décision de l’État et l’élection, c’est le temps de le dire comment on veut des migrants permanents. Donc nous, on veut de l’immigration permanente à ce niveau-là. On a beaucoup bonifié les budgets de francisation, c’est passé 95 millions à près de 260 millions pendant les années du gouvernement de la coalition et on a régionalisé l’immigration. Enfin, du temps des gouvernements libéraux, aux péquistes, on parlait de régionalisation de l’immigration, mais ça ne se faisait jamais. Là, on l’a fait. Quand on va en région, on le voit et ça permet effectivement la prospérité de nos PME. Mais en même temps, il faut à la fois la prospérité des PME, mais le respect de la capacité d’accueil et la vitalité du français. Donc, en considérant tout ça, qu’on arrive au seuil de 45 000. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On poursuit. M. Lebrun.
Mathieu Lebrun (PQ) : Évidemment, au Parti québécois, on veut mieux cibler et aussi mieux protéger. Donc, une immigration qui dépasse la capacité d’accueil, elle peut créer un déséquilibre dans certains secteurs, réduire la pression sur l’employeur pour améliorer les conditions de travail. Ça, c’est important de le mentionner. Évidemment, le Parti québécois, il propose de remplacer les permis de travail fermés liés à un seul employeur à un permis de travail régionaux et sectoriels. Mais on ne peut pas bâtir un modèle économique qui repose en permanence sur l’arrivée de travailleurs temporaires pour combler les pénuries. Je pense que la pénurie, elle peut nous amener aussi à améliorer les conditions de travail, former et retenir les travailleurs puis à faire preuve de productivité, d’innovation et d’automatisation. Donc, l’immigration fait donc partie de la solution, mais elle ne peut pas être la seule réponse. Puis surtout, ça nous prend un modèle qui va protéger les droits des travailleurs immigrants. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Est-ce qu’il y a des droits de réplique pour ça, Mme Cadet ?
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Oui. D’abord, au Parti québécois, on ne pourra pas tout automatiser. Donc, c’est sûr que de notre côté aussi, quand vous nous arrivez avec des seuils de 35 000 aujourd’hui alors qu’on a une population de 9 millions de Québécois, pour nous, ce ne sont pas des seuils qui sont réalistes. Puis à la réponse à M. Rousseau, nous, ce qu’on se dit, c’est assez simple. On ne peut pas tout seul dans une tour d’ivoire décider d’un chiffre comme ça magique et se dire, bien voilà, c’est le chiffre. On veut parler avec les municipalités, on peut parler avec la Ville de Québec qui nous dit, bien voici, quel est votre potentiel d’accueil ? On veut parler avec les différentes régions qui nous disent, bien voilà, comment est-ce qu’on est capable de se mobiliser pour être capable de régionaliser et d’accueillir tout le monde dont on a besoin. Donc, c’est une fourchette entre 45 000 et 70 000. Merci.
Rim (animatrice) : Est-ce que M. Lebrun ?
Mathieu Lebrun (PQ) : En fait, ce qui est important, ce n’est pas seulement l’automatisation, c’est être capable aussi d’avoir les besoins de formation, d’être capable d’investir dans la productivité pour être capable d’améliorer les conditions de travail. Je le répète des fois, évidemment, s’il y a une immigration qui dépasse complètement de capacité d’accueil dans certaines régions, par exemple du Québec, bien ça peut vraiment réduire la pression sur le dos des employeurs puis évidemment, ça va affecter les conditions de travail puis le but, c’est d’améliorer les conditions de travail. Merci.
Rim (animatrice) : Avant d’aller pour Mme Rousseau puis ensuite Mme Cadet.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc sur la question des seuls d’immigration au Parti libéral, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas parce que votre chef a donné l’exemple. Vous dites qu’il faut consulter les municipalités, les élus municipaux et votre chef a donné l’exemple de la ville de Québec. Le maire de Québec dit 13 000 immigrants pour la région de Québec. Or, la région de Québec, c’est 10 % de la population. Donc, si on fait une règle de 3, ça voudrait dire 130 000 immigrants permanents. Et donc, bien au-delà de votre fourchette entre 45 et 70. Donc, ça ne marche pas. Si vous allez voir les régions, ils vont vous en demander pas mal plus que 75 000. Donc, votre fourchette 45 et 70, elle ne fonctionne pas du tout.
Rim (animatrice) : Si vous prenez votre droit de parole, il ne vous en reste plus après. Je veux juste vous avertir. C’était votre deuxième. Juste pour ne pas me le faire dire tantôt. Par équité. Est-ce que vous souhaitez le prendre pour répondre à la question ?
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Oui, je vais le prendre. Je ne sais pas ce qu’il y a l’autre question après. Écoutez, pour nous, c’est assez simple. On dit que les municipalités, donc, elles connaissent leur propre potentiel d’accueil. Ce n’est pas juste une question de savoir à qui de notre côté, donc de combien de travailleurs on a besoin. Les municipalités sont capables de nous dire, OK, bien comment est-ce qu’on est capables de construire ces logements et de prendre des décisions ? La CAQ, ce que vous avez fait dans les dernières années, c’est de complètement vous déresponsabiliser en matière d’immigration parce qu’en 2018, vous êtes arrivés, vous avez dit en prendre moins, mais en prendre soin. Puis finalement, vous avez fait, oh my God, ça ne marche pas. Ça fait qu’on est obligés donc d’arriver avec un autre modèle par la porte d’en arrière parce qu’on n’est pas capable de respecter notre presse électorale.
Rim (animatrice) : J’apprécie l’enthousiasme, mais je vais devoir vous arrêter. Monsieur Leduc
Alexandre Leduc (QS) : En huit ans de conditions de député, de vie de député, ça ne m’est pas arrivé souvent d’avoir honte de la classe politique québécoise, mais il y a quelques mois, quand le jugement de la Cour suprême est tombé pour dire que les enfants de demandeurs d’asile ont bel et bien le droit d’aller dans les services de garde éducatif à l’enfance et que tous ces partis ont surenchéris sur celui qui l qu’utiliserait e plus vite la clause de dérogation pour barrer ce jugement-là. J’ai eu honte. J’ai eu honte de la classe politique québécoise. C’est des enfants. C’est des enfants. Le problème, ce n’est pas eux autres. Le problème, c’est qu’on a sous-financé les CPE et les services de garde.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Je ne vois pas d’autres droits de réplique. On passerait donc à la dernière question de cette troisième thématique. On est prêts ? Je vois que ça commence à... On s’échauffe. On est rendus là. À la dernière question, on y arrive. Ça va être... J’imagine aussi une question qui parle de la question de la force de travail puis on va toucher au secteur un peu manufacturier et au niveau industriel. Donc, dans ce contexte-là, on n’arrête pas de parler de la question d’incertitude économique, de la guerre tarifaire. On veut une mise en application d’actions structurantes. Le Québec doit s’engager là-dedans. Est-ce que vous partagez l’idée que le Québec doit se doter d’une véritable politique industrielle ? Et ce qu’on veut savoir aujourd’hui, c’est que c’est quoi les mesures concrètes que votre parti entend mettre en œuvre pour protéger les emplois du secteur manufacturier plus particulièrement. Pour une minute, j’invite M. Leduc à commencer.
Alexandre Leduc (QS) : Ça fait longtemps qu’on aurait dû avoir une politique industrielle digne de ce nom au Québec. Elle devrait même d’ailleurs être précisée par région, précisée par secteur. L’État, qui devrait être à notre avis un État fort, devrait être un acheteur, un État qui donne une direction à l’économie. Quand on est capable de fédérer des achats groupés, on peut donner aussi une meilleure négociation dans notre rapport de force avec les entreprises. L’autre affaire qu’il ne faut pas oublier, tous nos collègues ici, à quelques exceptions près, parlent de rouvrir peut-être les gaz de schiste, même le pétrole du Saint-Laurent. Nos nouveaux partenaires avec qui on va renforcer des liens économiques en Europe, ils sont déjà en train d’en faire la transition. La guerre avec l’Ukraine, le pétrole, les gaz russes, ils veulent s’en sevrer pour des raisons évidentes. Ils ne sont plus en train de se demander s’ils achèteraient peut-être du gaz de schiste du Québec qu’on chipperait là-bas je ne sais trop comment. Alors, on a eu des parties qui ont pris des positions ambiguës sur Marinvest, par exemple. Nous, on pense que Marinvest, c’est un mauvais projet. Une politique industrielle doit servir à faire la transition juste au Québec. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On poursuit avec M. Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc nous, on a présenté un plan de 500 millions pour les PME. On a diminué l’impôt sur les petites entreprises de 3,2 à 2,2 %. Alors, c’est ce genre de mesures-là qui permettent de développer l’industrie au Québec. Et 94 % des interventions d’investissement au Québec ont visé des PME. Contrairement parfois à ce qu’on entend dire, une espèce de légende urbaine comme quoi Investissement Québec s’occuperait que des grandes compagnies étrangères. Non, non, c’est 94 % Il y a davantage d’achats locaux. On veut augmenter ça à 60 % pour vraiment diminuer évidemment notre dépendance aux États-Unis. Là, on produisait pour exporter aux États-Unis. Là, il faut consommer au Québec. Il faut exporter ailleurs qu’aux États-Unis. Et c’est comme ça qu’on va et on souhaite doubler la croissance et la productivité manufacturière dans ce contexte-là. Et l’autre enjeu, le reprenariat. Il faut vraiment que les entreprises puissent être reprises. Et ça, on a une enveloppe de 500 millions pour le reprenariat. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On poursuit M. Lebrun.
Mathieu Lebrun (PQ) : La politique industrielle du Parti québécois repose d’abord sur l’idée qu’on veut développer davantage notre économie à partir de nos entreprises puis de nos ressources et de notre savoir-faire québécois. Donc, évidemment, il faut utiliser nos ressources naturelles, mais c’est miser un peu plus sur nos... vraiment miser sur nos PME, l’innovation, l’achat local, la transformation de nos ressources pour créer une économie qui est forte puis qui est créée sur des emplois de qualité partout au Québec. Puis, on pourrait peut-être se servir aussi de la crise tarifaire pour bâtir une véritable politique industrielle avec des emplois vraiment de qualité puis développer vraiment le marché de la transformation pour justement faire en sorte que, dans le fond, on va vraiment être capable de survivre à la guerre tarifaire. Puis, j’ajouterais aussi que la politique industrielle pour les entreprises qu’on va aider, ça prend des conditions de maintien en emploi. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On poursuit avec Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Bien là, je pense qu’ici, il y a unanimité. C’est sûr qu’au Québec, ça nous prend une politique industrielle puis dans les huit dernières années, malheureusement, on a vu un gouvernement qui a gouverné à tâtons puis qui ne savait pas trop ce qui s’en allait sur le plan économique puis on ne savait pas trop quelles étaient ses priorités. Donc, nous, au Parti libéral du Québec, on le dit puis je l’ai nommé d’entrée de jeu tantôt, ça nous prend une politique industrielle. Nous, avec notre chef Charles Milliard, on veut que cette politique industrielle s’articule d’abord et avant tout autour de nos secteurs primaires. Donc, l’agriculture, on a beaucoup, on a peu parlé malheureusement d’agriculture dans la campagne électorale mais on a essayé de l’amener de notre côté en disant, bien voilà, notre politique industrielle doit favoriser notre secteur agricole, le secteur des forêts aussi qui est un de nos joyaux sur le plan sectoriel ici au Québec. Donc, nous, on veut miser sur le secteur des forêts et aussi sur celui des mines. À l’autre bout, avec notre chef Charles Milliard, on se dit, bien il faut que le secteur aéronautique et aussi celui des sciences de la vie soient aussi favorisés dans le cadre d’une politique industrielle puis évidemment, donc on n’aura pas le choix d’avoir un gouvernement qui met de l’avant nos PME parce que oui, dans les dernières années, on a joué au casino avec notre argent avec la grande entreprise. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : On commencerait le dernier droit de réplique. Est-ce que vous souhaitez argumenter ou réagir à ce que vous avez entendu avant qu’on termine ? J’ai l’impression que la fatigue se fait sentir. On est rendu vers la fin du débat. D’abord, je veux vous remercier parce que le dernier bout, ça va être notre bout de conclusion et ensuite, on va vous remercier plus officiellement. Donc, on va vous laisser une minute. C’est un mot de clôture. Vous pouvez revenir sur des éléments tout en gardant en tête que c’est le débat national sur le travail et afin de laisser les personnes qui nous écoutent et les personnes qui sont dans la salle qui soient plus informées et obtenir plus de clarté sur leur choix électoral. Donc, pour cette partie, on va commencer avec M. Leduc pour une minute.
Alexandre Leduc (QS) : Merci à mes collègues pour ce savoureux débat. Ça fait huit ans que j’ai la chance et l’honneur d’être le député de Hochelaga-Maisonneuve. Ça fait huit ans que j’exerce ma passion syndicale à l’Assemblée nationale sur les différents dossiers du travail. J’ai envie de le faire de nouveau dans les prochains quatre ans. Devant vous, vous avez différents partis. Un seul ne vous promet pas de l’austérité budgétaire dans son cadre financier. Un seul ne vous promet pas de couper dans les fonctionnaires en faisant semblant qu’il n’y aura absolument aucun impact dans les services. Québec Solidaire veut faire la transition économique, la transition juste en plaçant les travailleurs et les travailleuses au centre de cette économie-là. On veut donner plus de temps aux travailleurs pour vivre, pour profiter de la vie, avoir moins d’épuisement professionnel, plus de temps pour la famille, un meilleur RREGOP, les normes du travail, on en a parlé plus tôt. On veut aussi plus de démocratie dans notre milieu de travail et on veut aussi plus de démocratie au Québec. Je pense qu’il est plus que temps d’avoir une réforme du mode de scrutin. Les distorsions électorales du 5 octobre risquent d’en être une énième démonstration, malheureusement. Merci beaucoup tout le monde et bonne fin de soirée.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Merci. On va poursuivre avec Mme Cadet.
Madwa-Nika Cadet (PLQ) : Merci à vous d’abord. Merci à vous d’avoir été si attentifs tout au long du débat et merci à mes collègues pour ces échanges. Je pense qu’ils ont été assez constructifs tout au long du débat. Écoutez, de notre côté, au Parti libéral du Québec, je l’ai mentionné d’entrée de jeu, ça va être important que dans un mandat libéral qu’on soit capable de travailler avec tous les Québécois, c’est-à-dire s’assurer qu’on répare nos écoles, nos hôpitaux, nos infrastructures de transport en commun aussi. Puis nous, ce qu’on dit dans notre plateforme électorale, c’est que 75 % de ce que l’on met dans notre PQI doit être dans le maintien d’actifs parce qu’on est tanné de voir nos bâtisses tombées en ruines, c’est une question d’équité intergénérationnelle. On veut aussi, on l’a dit, bâtir, on a besoin de bâtir des logements et pour ça, on aura besoin de l’ensemble des travailleurs parce que ça, c’est une mesure qui va être essentielle pour le coût de la vie qu’on espère avoir votre appui le 5 octobre prochain. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Merci beaucoup. Merci. On va poursuivre avec M. Lebrun.
Mathieu Lebrun (PQ) : Merci pour votre écoute et merci aussi, chers collègues, pour le débat. Si je devais retenir une chose aujourd’hui, c’est qu’on ne peut pas parler d’avenir du travail sans donner une véritable place aux travailleurs puis à ceux qui représentent les travailleurs. Les sujets qui ont été discutés aujourd’hui, c’est vraiment des sujets qui sont des transformations importantes dans le marché du travail puis on ne peut pas les faire sans les gens qui vont vivre ces réalités-là au quotidien. On veut ramener, comme Mme Cadet l’a mentionné, le dialogue social au cœur des décisions. Ça veut dire consulter en amont, écouter les travailleurs, les employeurs et leurs représentants, reconnaître les rapports de force puis chercher les consensus lorsque c’est possible. Moi, c’est ce que j’ai appris comme médiateur puis c’est une des raisons pour lesquelles je fais le soin politique. Je vous assure qu’un gouvernement du Parti québécois va consulter d’intérêts différents mais pour faire avancer le Québec, il faut recommencer à se parler. Merci beaucoup.
Rim (animatrice) : Dernière intervention. Dernière intervention. M. Rousseau.
Guillaume Rousseau (CAQ) : Oui, donc merci pour l’organisation du débat. Merci aux co-débatteurs. Merci à la foule. Merci au public qui a bien joué son rôle du public. Ce n’était pas toujours équilibré, mais ce n’est pas grave, vous avez bien fait ça. Donc vraiment, ils ont vraiment un bon débat. Je finis une espèce de série de 10 débats en deux semaines puis c’est vraiment un des meilleurs sinon le meilleur. Donc vraiment, sincèrement, félicitations. Wouhou ! Ils continuent de bouffer mon temps, ils font exprès. Donc rapidement sur l’austérité. Nous, on ne prévoit pas d’austérité. On prévoit un contrôle des dépenses parce que c’est important de ne pas refiler une facture aux prochaines générations. Mais on a vu la différence entre 2018, le gouvernement Couillard et nous. On a augmenté les salaires entre autres. Ça s’est vu, une infirmière énergétiques. On va vraiment être là et oui, ça doit se faire dans un dialogue et ça va être encore plus probablement que dans les années précédentes. On va être là pour dialoguer et on va être là. Puis on ne laissera tomber aucun travailleur dans le cadre de cette formidable transformation économique qui attend le Québec dans les prochaines années. Merci.
Rim (animatrice ) : Merci beaucoup. Merci. Merci, c’est fait. C’est fini. Merci beaucoup. On va prendre deux minutes pour reconnaître le fait que ces quatre parties-là ont choisi de venir dans les derniers jours de campagne électorale pour prendre une heure trente pour venir vous répondre à ces questions-là. Merci beaucoup. Merci. Et c’était un débat où ils n’ont pas arrêté. Ils ont répondu une minute. C’est difficile de faire de façon sommaire de donner vos réponses. Merci beaucoup d’avoir pris ce temps-là et d’avoir fait l’effort de synthèse. J’espère que vous, dans la salle et aussi les gens qui écoutent à la maison, que ça vous aura apporté de la clarté, que ça vous a aidé à avancer sur des réflexions et que ça vous mène à faire, soit à venir valider un choix ou à venir informer votre choix. Et si ce n’est pas encore complet, je vous invite à aller regarder sur les sites web et les plateformes des différents partis politiques pour faire un choix parce que le 5 octobre prochain, c’est la dernière journée pour voter. Donc oui, le 5 octobre, mais il reste encore des jours où vous pourriez aller, si ce n’est pas possible, vous pouvez aller voter au bureau du directeur de scrutin. Donc c’est notre invitation en particulier. Et un dernier mot de remerciement, les 4 centrales syndicales ont des comités organisateurs et des salariés qui ont travaillé très fort pour mobiliser et organiser la soirée. On les remercie. Et un mot tout particulier, vous le savez, c’est quoi, assister à une rencontre le soir, une heure et demie sur Internet. Il y a des gens partout au Québec, Saglac, Montérégie, à Québec, qui ont fait ça. Donc on vous remercie d’avoir été avec nous, d’avoir pris le temps. Je vais vous souhaiter une bonne soirée. Ça a été un plaisir. J’aurais tellement envie que vous preniez tous vos doigts de réplique, mais ça a été un plaisir de vous animer. Je vous invite à rester. On a la salle jusqu’à 9h. Parlez entre vous, jasez, et on se retrouve peut-être ici dans 4 ans.
Merci ! Merci, au revoir !
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