24 février par CADTM Afrique
https://www.cadtm.org/Declaration-Des-Femmes-Rurales-Des-Communes-De-Domba-Massigui-Et-Sanso
Face aux défis de remboursement des crédits dont le taux d’intérêt usuraire varie entre 16 et 100% ; des conditions d’octroi de crédits (garanties mobilières et immobilières, cautionnement, aval et cautions solidaires), des pressions constantes dans le recouvrement des créances, les pénalités de retard de paiement et la saisie des biens mobiliers et immobiliers entrainant parfois à la perte en vies humaines, dont les femmes des trois communes sont profondément affectées.
Leurs activités génératrices de revenus et leurs conditions de vie deviennent de plus en plus précaires.
Les impacts socio- économiques des microcrédits dans les trois communes sont très préoccupantes. Ils se traduisent notamment par la dislocation de familles, le surendettement, les emprunts pour rembourser les anciennes dettes, le rééchelonnement.
Par ailleurs, on observe un exode rural accru des femmes vers les zones minières dans le but de faire face à leur obligation financière, la fuite, la migration des femmes, l’adultère souvent dû à la trahison ou le refus de paiement des autres membres du groupe qui ont contracté la dette
Nous lançons un appel à la reconnaissance du rôle central des femmes dans le ménage et la société tout entière.
Nos constats après déclaration des femmes rurales
• Le taux d’intérêt usuraire ;
• La trahison des autres membres de la caution solidaire entraînant l’engagement d’une poursuite de la présidente par l’institution de microcrédits ;
• L’application des taux d’intérêt usuraires ;
• Le versement de la caution judiciaire par les débitrices ;
• L’alimentation du compte par les débitrices ;
• Les ONG qui font des pratiques dédiées au microcrédit ;
• Les hommes qui se cachent dernière leur femme pour contracter une dette ;
• Les femmes ne sont pas suffisamment formées pour exercer des activités génératrices de revenus ni de la bonne gestion du fond reçu ;
• Des pénalités sont appliquées à chaque retard de paiement ce qui rend la dette plus lourde
• La retenue d’un montant sur le prêt contracté considérée comme une épargne de garantie
• La méconnaissance des textes qui régissent le secteur de la microfinance ;
• L’adultère des femmes pour pouvoir rembourser les crédits ;
• Les conflits conjugaux et l’humiliation des emprunteurs dans leur communauté.
« Nous ne demandons pas l’impossible : juste une socialisation du secteur des institutions de microcrédits conformément aux objectifs institutionnels qui leur sont assignés »
Nos propositions de solutions et Alternatives
• La réduction du taux d’intérêt de 24 à 4% en révisant les critères de convergence de l’UEMOA ;
• La revue de la politique de l’octroi du crédit par la constitution des femmes en association qui oblige la présidente à payer seule le prêt ;
• La suppression des pénalités de retard de paiement ;
• La suppression de la caution judiciaire ;
• L’arrêt de l’alimentation du compte par les femmes ;
• L’arrêt de retenue sur le montant des prêts accordés ;
• Le rejet des demandes d’emprunt faites par les femmes au profit des hommes ;
• La suppression du profit chez les ONG qui exerce l’activité des institutions de microcrédits ;
• La formation des femmes sur les textes qui régissent le secteur de la microfinance ;
• La formation des femmes sur les activités génératrices de revenus et la gestion des emprunts ;
• La transformation des tontines traditionnelles des femmes en système d’épargne de crédits auto-gérés, à taux zéro et non clientéliste.
Nous appelons nos autorités, partenaires et alliés, à marcher à nos côtés pour la transformation sociale du secteur de la microfinance.
« Quand les femmes se lèvent pour la socialisation du secteur de la microfinance, elles défendent l’amélioration réelle de leurs conditions socio-économiques »
Nous, femmes des communes de Massigui, Sanso et Domba, réunies à Massigui dans le cadre d’un atelier de renforcement de capacités des Femmes rurales sur l’endettement abusif : sensibilisation et construction d’alternatives solidaires, avons échangé sur nos réalités, nos difficultés et nos solutions locales.
Nous faisons face aux mêmes défis d’obtention et de remboursement de crédits : le taux d’intérêt usuraire entre 16 à 100%, les garanties imposées qui dépassent les capacités de remboursement des femmes ; la pression constante dans le recouvrement des créances, le paiement des pénalités de retard et la saisie des biens mobiliers et immobiliers.
Nos activités génératrices de revenus sont directement touchées, et nos conditions de vie deviennent plus précaires.
Les impacts socio-économiques des microcrédits continuent d’affecter les femmes.
Partout, nous demandons que les autorités et les partenaires reconnaissent notre rôle central dans la prise en charge des ménages.
Fait à Massigui, le 06 février 2026
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :











Un message, un commentaire ?