Édition du 3 décembre 2019

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Québec

Desjardins : Vers la bancarisation du Mouvement des caisses populaires ?

Nous publions des extraits de la note Économique de l’IRIS, inititulée : Vers la bancarisation du Mouvement des caisses populaires ? Pour lire l’intégrale de la note cliquez sur l’icône.

Il est proposé, dans cette note, d’étudier le processus de bancarisation du Mouvement Desjardins, de même que l’érosion des principes coopératifs que ce processus a encouragée. Dans un premier temps, nous allons nous pencher sur le contexte de la naissance du Mouvement et sur le mode de fonctionnement qu’il a adopté au début. Dans un deuxième temps, nous nous intéresserons à ses trois grandes transformations successives et verrons comment chacune d’elles a contribué à lui donner l’allure d’une banque. Cette analyse nous aidera à comprendre les effets de ces transformations du Mouvement Desjardins sur ses membres et, plus encore, sur leur capacité de prendre en charge leur devenir économique.

Note socioéconomique de l’IRIS

Faits Saillants

01. Les transformations qu’a subies Desjardins au fil du temps l’ont éloigné des principes coopératifs qui étaient au cœur de sa mission d’origine.
02. Autrefois véhicule d’épargne, Desjardins encourage désormais la consommation et le recours au crédit personnel par ses membres.
03. Alors que le nombre de caisses a chuté drastiquement, le Mouvement est devenu un complexe financier où la gestion est assurée par des experts salariés.
04. Depuis qu’il se finance par le biais des marchés financiers, Desjardins a fait de la maximisation des rendements et des excédents sa mission principale. Les ristournes aux membres, elles, ont eu
tendance à diminuer.

Sommaire

Les caisses populaires Desjardins : un mouvement coopératif au service de l’émancipation économique des classes populaires

LE CAPITALISME INDUSTRIEL ET LE LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE COMME CONTEXTE GÉNÉRAL DE CRÉATION DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS

LE FONCTIONNEMENT INTERNE DU MOUVEMENT DESJARDINS, DE SON ORIGINE AUX ANNÉES 1960

La transformation de Desjardins : la bancarisation du Mouvement et l’érosion de ses principes coopératifs

LA LIBÉRALISATION DU CRÉDIT ET LE SOUTIEN À L’ENDETTEMENT INDIVIDUEL

LA CRÉATION DE SOCIÉTÉS FILIALES, LA PROFESSIONNALISATION DES HAUTS DIRIGEANTS ET L’ADOPTION D’UN OBJECTIF D’EFFICIENCE

LE RECOURS À LA CAPITALISATION EXTERNE ET L’AUGMENTATION CONTINUE DES RENDEMENTS FINANCIERS

L’ADHÉSION VOLONTAIRE AUX INDICATEURS DE MARCHÉ ET LE RENDEMENT COMME NOUVELLE MISSION
L’ADOPTION D’UNE CULTURE DE LA VENTE

LA TRANSFORMATION DE L’ORGANISATION DU TRAVAIL

LA RÉDUCTION DES COÛTS DE FONCTIONNEMENT (PROCESSUS D’OPTIMISATION

LA CENTRALISATION DES POUVOIRS

Conclusion

Dans cette note, nous nous sommes intéressés au processus de bancarisation du Mouvement Desjardins depuis les années 1960. Nous avons vu que ce processus s’est fait de façon cumulative, par le biais de trois transformations : la libéralisation du crédit, la création des sociétés filiales et le recours à la capitalisation externe.

Si chacune de ces transformations a participé à l’érosion des valeurs coopératives qui étaient au cœur du Mouvement au moment de sa fondation, c’est néanmoins lorsque ce dernier a eu recours à la capitalisation externe qu’il a véritablement pris l’allure d’une banque : tout comme ce type particulier d’institution financière vise la maximisation des profits pour ses actionnaires, le Mouvement se voue dorénavant à l’augmentation continue des rendements pour satisfaire les investisseurs institutionnels qui achètent ses débentures. Pour mieux répondre à cet objectif, les pouvoirs sont désormais concentrés dans les mains de dirigeantes et dirigeants rémunérés à la performance.

Bien que, d’un point de vue légal, le Mouvement Desjardins soit une coopérative financière, on peut a L’écart de rémunération s’explique ici par l’arrivée du nouveau et jeune PDG, Guy Cormier, néanmoins trouver très difficile de le distinguer de ses homologues bancaires, puisque, d’une institution au service du bien-être de tous, il est maintenant devenu une entreprise agissant principalement au bénéfice de ses bailleurs de fonds et de sa haute direction. À l’encontre de ce que souhaitait Alphonse Desjardins pour le Mouvement, le capital n’est plus l’accessoire, mais est devenu le principal.

Julia Posca

Doctorante en sociologie à l’UQAM et chercheuse associée à l’IRIS

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