Édition du 12 novembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Economie canadienne

Dette fédérale : les partis en campagne n'ont pas à s'inquiéter (IRIS)

MONTRÉAL, le 3 oct. 2019 - La dette devrait-elle inquiéter le prochain gouvernement ? Non, les partis actuellement en campagne électorale peuvent mettre de l’avant des projets ambitieux sans craindre une crise de la dette. C’est la conclusion à laquelle arrive l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans une note socioéconomiquequi analyse le niveau d’endettement du Canada et les risques de crise de la dette.


Dette du Canada (en % du PIB), 1983-1984 à 2017-2018 (Groupe CNW/Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS))

Depuis 2010, la dette du Canada oscille entre 31 et 33 % de son PIB. « Bien qu’on cite souvent l’Allemagne en exemple, c’est le Canada qui a la dette la plus avantageuse de tous les pays du G7, souligne Mathieu Dufour, chercheur à l’Institut. Même si le gouvernement accumulait des déficits totalisant 150 G$ au cours des 5 prochaines années, soit 5 fois le plus gros déficit du gouvernement Trudeau, la dette aurait le même poids dans l’économie. »

Engager ces nouvelles dépenses publiques aurait plutôt comme effet de stimuler l’économie, augmentant ainsi le ratio dette/PIB de seulement 1 %. « On ne propose pas nécessairement de dépenser plus, on dit simplement qu’il y a de la marge pour le faire, explique le chercheur associé Alexandre Bégin. Le déficit zéro ou pire, la diminution de la dette sont des choix politiques qui pourraient être contre-productifs et miner la vitalité économique du pays. On pourrait par exemple investir massivement dans la transition écologique pour limiter notre dette environnementale, qui à l’heure actuelle est beaucoup plus inquiétante. »

Dette : quelle différence entre un État et une famille ?

Le Canada doit 97 % de sa dette en dollars canadiens. Puisqu’il a le plein contrôle de sa politique monétaire, dont la possibilité d’imprimer cette devise, il ne pourra jamais faire faillite. Chercheuse à l’IRIS, Julia Posca rappelle que « nous ne pouvons pas nous retrouver dans la même situation que la Grèce, dont la dette publique était libellée en euros, devise qu’elle ne contrôle pas. » À l’opposé d’un État, une famille doit effectuer des versements avec un horizon de remboursement donné. « Si je ne fais pas les paiements sur ma voiture ou mon hypothèque comme entendu avec ma banque, à terme, je risque la faillite. Ça ne fonctionne pas du tout comme ça pour un pays comme le Canada, qui n’a pas de paiement mensuel à faire », conclut Mme Posca.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Economie canadienne

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...