Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont multiplié les réformes structurelles en promettant une meilleure efficacité du réseau. De la création des CSSS, en passant par celle des centres intégrés (CISSS et CIUSSS), jusqu’à l’implantation récente de Santé Québec, chaque transformation a contribué à éloigner davantage les centres décisionnels des réalités du terrain.
En parallèle, les différentes vagues d’austérité ont fragilisé la capacité du réseau à répondre aux besoins de la population : le sous-financement chronique a favorisé la croissance d’une offre privée à but lucratif, tandis que les équipes du réseau public ont dû composer avec une surcharge de travail devenue chronique.
Le résultat est bien connu : le réseau public s’effrite, l’accès aux soins et aux services est de plus en plus difficile pour les personnes usagères, la pression sur le personnel est toujours plus forte - tout ça alors que l’on assiste à une perte graduelle de l’expertise terrain dans les processus décisionnels.
« La véritable expertise du réseau n’est pas dans les bureaux des ministères. Elle se trouve chez les professionnel•le•s qui travaillent dans le réseau et qui accompagnent les personnes usagères au quotidien. Si l’on veut réellement renforcer notre système public, il faut commencer par écouter celles et ceux qui le font vivre », affirme Robert Comeau, président de l’APTS.
En septembre : remettre l’expertise de nos travailleur•se•s au cœur des décisions
À un mois jour pour jour des élections provinciales, l’APTS a un message pour tous les partis aspirant à former un gouvernement : quels que soient les changements à effectuer dans le réseau de la santé et des services sociaux, ceux-ci doivent prendre en compte l’expertise des équipes sur le terrain.
C’est pourquoi l’organisation syndicale présente trois propositions visant à favoriser un changement de culture et à remettre l’expertise des travailleur•se•s de la santé et des services sociaux au cœur des décisions.
– Renforcer les mécanismes de paritarisme en assurant une représentation du personnel et des groupes communautaires au sein des conseils d’administration des établissements (CAÉ) et de Santé Québec, tout en abolissant les reculs introduits par le projet de loi
reculs introduits par le projet de loi nº 101dans les mécanismes de santé et sécurité du travail.
– Miser sur l’autonomie et le jugement des équipes en les priorisant face aux impératifs de gestion et développer des mécanismes de consultation pour impliquer les travailleur•se•s dans les décisions qui affectent directement leur pratique, notamment lors des achats d’équipement.
– Mettre fin à la culture de peur qui persiste dans plusieurs milieux de travail en protégeant mieux les personnes lanceuses d’alerte et en faisant un suivi plus rigoureux des signalements lorsque les directives des gestionnaires mettent en danger la santé du personnel ou des personnes usagères.
« Les solutions aux problèmes qui persistent dans le réseau existent déjà. Elles se trouvent entre les mains des personnes qui y travaillent chaque jour. Encore faut-il leur donner l’espace nécessaire pour s’exprimer, être entendues et participer aux décisions. Pour créer un réseau plus humain, plus accessible et plus performant, il faut oser écouter la voix du terrain », conclut Émilie Charbonneau, 1re vice-présidente de l’APTS.





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