Édition du 20 septembre 2022

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Aide sociale

Emplois disponibles versus nombre de sans-emploi - Le ministre Blais invité à abandonner l'approche punitive du projet de loi 70 (Collectif pour un Québec sans pauvreté)

QUÉBEC, le 9 févr. 2016 - Dans le cadre de la reprise de la commission parlementaire sur le projet de loi 70, le Collectif pour un Québec sans pauvreté invite le nouveau ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. François Blais, à retirer les articles du projet de loi prévoyant des pénalités pour les nouveaux demandeurs d’aide sociale. Ces articles introduisent le Programme objectif emploi, lequel pourrait faire en sorte que ces personnes voient leur prestation coupée de moitié si elles refusent un emploi jugé « convenable » ou encore si elles refusent de participer à une mesure d’employabilité.

Pour Mme Virginie Larivière, porte-parole du Collectif, « si le projet de loi 70 a pour objectif de remettre les gens sur le marché du travail, il est voué à l’échec ». D’autant plus que les derniers chiffres sur l’emploi révèlent que pour chaque emploi disponible en 2015, cinq personnes le convoitaient. En effet, au deuxième trimestre de 2015, 69 485 emplois étaient vacants pour 342 400 personnes activement à la recherche d’un emploi, selon Statistique Canada. « Comment le ministre Blais peut-il menacer de pénalités financières tous les nouveaux demandeurs considérés aptes au travail, alors qu’il n’y a de toute façon pas assez d’emplois pour toutes et tous ? », de s’interroger Mme Larivière.

« Sur les 17 000 nouveaux demandeurs d’aide sociale visés par le projet de loi 70, combien sont réellement aptes au travail ? », questionne Mme Larivière, rappelant qu’en 2005 la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Michèle Courchesne, considérait qu’à peine 10 % des personnes assistées sociales dites aptes au travail l’étaient réellement. « En forçant ces personnes à réintégrer à tout prix le marché du travail, le gouvernement augmente leur chance d’essuyer un échec. Et en leur imposant une pénalité financière en cas de refus ou, justement, d’échec, il les poussera vers une plus grande pauvreté : car à moins d’un miracle, comment une personne pourrait-elle finir par s’en sortir avec moins de 400 $ par mois ? »

Selon M. Serge Petitclerc, lui aussi porte-parole du Collectif, le retrait des pénalités financières contenues dans le projet de loi 70 permettrait de tenir un débat plus sain sur les moyens à prendre pour sortir durablement de la pauvreté les personnes les plus vulnérables de notre société. « L’opposition généralisée à l’approche punitive que préconise le gouvernement devrait faire réfléchir le ministre. Même les patrons doutent de l’efficacité d’une telle approche. Le Québec n’a rien à gagner à enfoncer encore plus dans la pauvreté des gens déjà accablés de soucis de toutes sortes ».

M. Petitclerc conclut : « Les consultations sur le prochain plan d’action gouvernemental en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale se déroulent actuellement. Le ministre va entreprendre prochainement des rencontres avec les organisations qui travaillent sur le terrain afin d’élaborer ce troisième plan d’action. Le premier ministre a même mandaté le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale pour réfléchir à un revenu minimum garanti. Pourquoi alors mettre la charrue avant les bœufs et imposer cette approche punitive à l’aide sociale ? »

Lors de la conférence de presse, les porte-parole du Collectif étaient accompagnéEs de Dave Turcotte du Parti Québécois, de Françoise David de Québec solidaire et de Jean-Yves Desgagnés, professeur et directeur du module de travail social de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), qui, tous les trois, appuient la demande du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

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