Édition du 1er décembre 2020

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États-Unis

Etats-Unis : En pleine campagne, les mobilisations sociales se poursuivent

Mobilisations sur les lieux de travail, mobilisations féministes et antiracistes : la fin du mandat de Donald Trump est agitée par divers mouvements sociaux d’ampleur. Face à l’augmentation continue des morts du Covid, les travailleurEs « essentiels » se sont mobilisés dans divers endroits pour se protéger des risques qu’ils et elles sont invités à prendre par l’administration Trump et leurs propres employeurs.

Par Dianne Feeley

SalariéEs en première ligne

La main-d’œuvre dans les maisons de retraite, les usines de transformation de viande ainsi que dans la production agricole est majoritairement composée de personnes racisées et d’immigrantEs. Ils et elles ont de bas salaires et ont peu d’avantages sociaux. Lorsqu’ils et elles sont représentés par des syndicats [du fait de la législation US, ceux-ci ne peuvent s’implanter dans toutes les entreprises NDLR], ils peuvent parfois recevoir une prime de risque et s’ils sont testés positifs pour le virus, ils peuvent recevoir un congé payé. Les chauffeurEs de bus, les enseignantEs, les infirmières et les postierEs ont des emplois mieux rémunérés et de meilleurs avantages sociaux ; ils et elles sont également plus susceptibles de faire partie d’un syndicat. Néanmoins, en tant que travailleurEs de première ligne, des centaines d’entre eux sont morts lors de la première vague de la pandémie.

Les chauffeurEs de bus et les infirmierEs ont été les premiers à organiser des piquets et à faire grève, exigeant des équipements de protection et une réduction du nombre de passagerEs ou de patientEs dont ils étaient responsables. Craignant leurs conditions de travail dangereuses, les employéEs d’Amazon ont également organisé des piquets devant leurs entrepôts.

Mais en raison de l’extrême hostilité de la direction à l’égard de toute mobilisation et de l’organisation syndicale, ces actions ont généralement abouti à des licenciements.

À la mi-mars, la plupart des districts scolaires sont passés aux cours en ligne. Les responsables de l’éducation ont pensé que la reprise des écoles se ferait, comme d’habitude, à l’automne. Les enseignantEs, parfaitement conscients de la situation (des salles de classe surpeuplées avec des fenêtres qui ne s’ouvrent pas et un manque de matériel de nettoyage), pensent que cela n’est pas sûr du point de vue sanitaire. En organisant des défilés de voitures, en témoignant aux réunions des conseils scolaires, en installant des piquets et en organisant des conférences de presse, les enseignantEs et leurs syndicats ont forcé les conseils scolaires de deux des plus grands districts scolaires (Chicago et Los Angeles) à planifier des cours en ligne. Chaque conseil scolaire local négociant avec ses enseignantEs, le résultat est un mélange de cours en ligne et en direct. Cependant, une flambée d’épidémie peut forcer à la fermeture d’écoles, comme la pause de deux semaines à laquelle la ville de Boston est actuellement confrontée.

Mobilisations féministes et antiracistes

Le 17 octobre, des milliers de femmes ont participé à la marche nationale des femmes à Washington, DC, tandis que des centaines d’autres ont manifesté à Boston, Chicago, Cleveland, Philadelphie et New York. Certaines se sont habillées en « servantes » du roman dystopique de Margaret Atwood la Servante écarlate. Le réseau qui s’est développé à partir de la première manifestation massive de femmes contre l’administration Trump en 2017 intègre les revendications de Black Lives Matter ainsi que les questions de justice reproductive et d’égalité des droits.

Avec l’explosion des médias sociaux, des cas de brutalité policière, en particulier contre les NoirEs, les autres personnes racisées et les autochtones, sont désormais enregistrés sur les smartphones et partagés par des millions de personnes.

En mai 2020, le meurtre de George Floyd, par le policier de Minneapolis Derek Chauvin, était horrible à regarder. Chauvin a gardé son genou sur le cou de Floyd pendant que deux autres policiers le maintenaient à terre et qu’un quatrième montait la garde pour empêcher les passantEs d’interférer. Alors que Floyd a dit à plusieurs reprises « Je ne peux pas respirer », Chauvin, la main nonchalamment dans sa poche, n’a pas bougé.

Les manifestations précédentes contre ces meurtres racistes avaient déjà fait sortir des milliers de personnes dans les villes du pays, mais leur composition était alors majoritairement noire avec une poignée d’activistes blancs et d’autres personnes racisées. À la fin du mois de mai, alors que le pays était toujours en proie à la pandémie, la vidéo de la mort de Floyd semblait appeler à un deuil national. Selon la presse, au cours des deux semaines suivantes, quelque 26 millions de personnes ont défilé. Les marches n’ont été planifiées par aucune organisation nationale mais annoncées par des militantEs locaux, ou même convoquées par des adolescentEs qui n’avaient jamais assisté à une manifestation. Des marches et des défilés se sont déroulés partout, même dans les villes où il n’y avait pas de communauté noire. Plus de 95 % de toutes les manifestations ont été non violentes, mais Trump a qualifié les participantEs d’émeutiers et de pillards.

Alors que les militantEs de Black Lives Matter sont plus un réseau lâche lié par des objectifs communs qu’une organisation cherchant à créer des groupes dans chaque ville, l’idée que la vie des NoirEs compte est au cœur de toutes les manifestations. Malgré la façon dont l’administration Trump a pris le parti de la violence policière, un nombre croissant d’AméricainEs ont une meilleure compréhension du fonctionnement du racisme structurel et sont prêts à s’y opposer.

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