Édition du 31 mars 2020

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Environnement

Énergie Est : un fiasco depuis le début

Ce matin, plus de 60 groupes ont réclamé (http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2015/05/13/004-lettre-office-national-energie-dossier-transcanada.shtml) la fermeture du dossier Energie Est et exigé que celui-ci demeure fermé jusqu’à ce que le processus réglementaire fédéral soit rectifié.

Tiré du site de Greenpeace Canada.

De l’avis de Tim Duboyce, porte-parole de TransCanada, dans le journal Métro ce matin « les opposants au projet Énergie Est vivent « dans un rêve » et ne sont pas tant opposés au projet d’oléoduc en tant que tel qu’au pétrole dans son ensemble. »

On a envie de lui dire que vivre sans le risque permanent d’un accident pétrolier de grande ampleur, ce n’est pas un rêve, c’était la réalité jusqu’à ce que les Enbridge, les TransCanada et les MMA de ce monde ne fassent virer ça au cauchemar.

Aussi Tim Duboyce a-t-il raison quand il dit que ce ne sont pas tant les projets d’oléoducs que l’exploitation et le transport du pétrole bitumineux dans son ensemble (train, pipeline, bateau) qui pose problème. L’autre problème étant la complaisance non-feinte de l’Office national de l’énergie (ONÉ) à l’égard de Transcanada et de son projet qui, avant même son dépôt, faisait déjà l’objet de controverse.



Un fiasco depuis le début


Récapitulons. Malgré le fait que le port pétrolier de Cacouna n’allait de toute évidence jamais voir le jour, le 2 février dernier, l’ONÉ a ouvert une période d’inscription de un mois afin que les citoyens puissent tenter de participer aux audiences sur l’évaluation du projet Énergie Est — qui à l’époque comprenait le pipeline et le port pétrolier projeté à Cacouna.

TransCanada a ensuite fait parvenir un nouveau document de 30 000 pages sur Énergie Est, uniquement en anglais, que l’ONÉ a refusé de rendre disponible en version française sur son site.

Pour finir, bien que l’avenir du projet à Cacouna était très incertain selon les dires même de TransCanada, la pétrolière a tout de même attendu le 31 mars pour annoncer l’abandon du projet de port pétrolier, soit quelques jours avant la fin de la période d’inscription. Les itinéraires que devraient emprunter les navires pétroliers d’Énergie Est demeurent donc inconnus.
 
En bref, l’ONÉ a invité les citoyens à se prononcer sur un projet qui n’était pas final et auquel ils n’avaient que partiellement accès.

L’ONÉ mulitiplie les gaffes

En outre, l’Office continue d’examiner les nouvelles données envoyées par TransCanada et lui a récemment accordé un délai (jusqu’au 20 mai) pour justifier la poursuite de l’évaluation de la demande avant que la pipelinière ne soumette ses nouveaux documents au dernier trimestre de 2015.


Pour cette raison, une soixantaine de groupes, dont des organisations environnementales, citoyennes, artistiques et juridiques, ont envoyé une lettre officielle à Peter Watson, président de l’ONÉ, l’appelant à ne pas examiner la nouvelle demande de TransCanada, dont le dépôt est prévu début automne, tant que le processus d’évaluation de l’ONÉ n’a pas été révisé.

Selon Patrick Bonin, « c’est tout le système réglementaire fédéral qui doit être réformé s’il veut restaurer sa crédibilité et la confiance des Canadiennes et des Canadiens ».

Car les gaffes ne s’arrêtent pas là. Sans même parler du fait que l’ONE refuse de prendre en considération les répercussions du projet Énergie Est sur le climat — en dépit de la pression grandissante de l’opinion publique — les Premières Nations affirment que le processus de consultation est inadéquat. Seules les personnes que l’ONÉ considère comme « directement touchées » sont autorisées à donner leur opinion, et ce, selon une liste de sujets prédéterminés.

La demande des groupes est claire et légitime : l’ONÉ doit fermer la demande de TransCanada relative au projet (non-final) de pipeline Énergie Est et ce, jusqu’à ce que le processus réglementaire fédéral soit rectifié.

Agnès Le Rouzic

Greenpeace Canada

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