Port-au-Prince, Haïti, 5 Août 2026
Parmi les institutions régulièrement critiquées figure la Sogebank. De nombreux clients dénoncent des conditions d’accueil qu’ils jugent dégradantes : longues files d’attente sous un soleil accablant, manque d’informations, réduction des heures de service et fermeture des guichets alors que des dizaines de personnes attendent encore d’être reçues.
Épargner dans une banque devrait être un choix synonyme de sécurité et de confiance. Pourtant, plusieurs clients affirment vivre une expérience marquée par la frustration et le sentiment d’être traités avec indifférence. Le message est souvent le même : « Nou fèmen pou jodi a, nou pap resevwa moun ankò. » Après plusieurs heures d’attente, beaucoup repartent sans avoir pu effectuer la moindre opération.
Cette situation soulève plusieurs interrogations.
Comment les banques commerciales en Haïti déterminent-elles leurs heures d’ouverture et de fermeture au public ? Quels critères justifient la réduction progressive des heures de service dans certaines succursales ? Comment expliquer qu’une institution financière puisse limiter l’accès aux services bancaires à seulement quelques heures par jour alors que les besoins de la clientèle demeurent constants ?
Au-delà de ces questions, se pose celle de la régulation.
Quel est le rôle des autorités publiques dans le contrôle de la qualité des services bancaires ? Les droits des consommateurs sont-ils suffisamment protégés ? Les mécanismes de supervision permettent-ils de garantir que les établissements bancaires offrent un service conforme aux attentes légitimes de leurs clients ?
Les banques jouent un rôle essentiel dans le développement économique d’un pays. Elles assurent la circulation des capitaux, favorisent l’investissement et protègent l’épargne des citoyens. En retour, elles ont également une responsabilité envers leur clientèle : offrir un service accessible, efficace et respectueux de la dignité de chacun.
Personne ne devrait être contraint d’attendre des heures sous le soleil pour accéder à son propre compte bancaire. Personne ne devrait repartir sans explication après une journée entière passée devant une banque.
Il est temps que les autorités compétentes, notamment la Banque de la République d’Haïti (BRH), les organismes de protection des consommateurs et les institutions bancaires elles-mêmes engagent une réflexion sérieuse sur l’amélioration de la qualité des services offerts au public.
Le respect du client ne doit pas être considéré comme une faveur, mais comme une obligation. Une banque ne se mesure pas uniquement à sa solidité financière, mais aussi à la qualité de l’accueil qu’elle réserve à ceux qui lui confient leurs économies.
L’ordre, la transparence et le respect doivent désormais prévaloir dans le secteur bancaire haïtien. Les citoyens méritent des services à la hauteur de la confiance qu’ils accordent aux institutions financières.
Me. Louimann MACÉUS, Av
Président ECCREDHH
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :










Un message, un commentaire ?