Édition du 14 septembre 2021

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Santé

États généraux sur la profession infirmière - La FEC-CSQ et la FSQ-CSQ dénoncent la prétention de l'OIIQ de mener une réelle consultation

MONTRÉAL, le 20 mai 2021 - Au moment où débute aujourd’hui les États généraux sur la profession infirmière organisés par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ) et la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) s’interrogent fortement sur les intentions réelles derrière cet exercice supposément de consultation.

Les présidentes de la FEC-CSQ, Lucie Piché, et de la FSQ-CSQ, Claire Montour, déplorent que les propositions à l’étude soient déjà fortement orientées avant même le début des travaux.

« Tout se passe comme si la conclusion était écrite d’avance alors qu’on écarte d’emblée le maintien du DEC qualifiant en Soins infirmiers pour ne retenir que le baccalauréat comme porte d’entrée dans la profession. On a la désagréable impression que cette consultation, qui doit en principe aboutir à un consensus, n’est qu’une opération déguisée menée par l’OIIQ pour arriver aux fins qu’elle vise depuis une dizaine d’années », dénonce Lucie Piché.

Un DEC qualifiant essentiel

Cette dernière précise que cette proposition, soumise par l’OIIQ, ne reflète absolument pas la position des membres de la FEC-CSQ ni d’une bonne partie du personnel infirmier. « La disparition du DEC qualifiant serait une grave erreur. Cela aggraverait la pénurie de personnel infirmier puisque l’accessibilité à la profession serait grandement réduite, plusieurs enquêtes ayant révélé que le personnel en soins n’aurait pas fait le choix de cette profession si celle-ci avait nécessité une formation universitaire. D’ailleurs, aucune étude n’a démontré à ce jour la nécessité d’un tel virage », de souligner Lucie Piché.

D’autre part, la FEC-CSQ est d’avis que cette rencontre ne doit pas être instrumentalisée pour faire croire à un consensus alors que l’Ordre ne procède pas actuellement à une véritable consultation dans le cadre des États généraux. « Il ne faut pas oublier que c’est le rôle du ministère de procéder à des consultations et de mener une enquête sur le terrain. L’OIIQ s’arroge, de sa propre initiative, un rôle qui ne lui revient pas », de préciser Lucie Piché.

Une universalité et une accessibilité à maintenir et à défendre

Il faut rappeler que la mission des cégeps s’appuie sur les notions d’universalité et d’accessibilité aux études supérieures. La formation collégiale en Soins infirmiers est offerte partout sur le territoire québécois, dans 55 points de service d’enseignement, et constitue un puissant levier d’ascension sociale, en plus de contribuer à l’essor économique et social des régions du Québec.

Quand l’OIIQ outrepasse ses responsabilités

Pour sa part, la présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour, se demande de quoi se mêle l’OIIQ en proposant des pistes de solutions qui ne relèvent absolument pas de ses responsabilités.

« L’OIIQ reconnaît enfin l’importance d’améliorer les conditions de travail du personnel afin d’assurer la qualité et la sécurité des soins. Mais ce n’est pas en lançant un vaste chantier d’amélioration des conditions de travail qu’on va y arriver. Nous l’invitons plutôt à faire pression sur le gouvernement pour qu’il négocie de bonne foi des conventions collectives qui corrigeront globalement et durablement les conditions de travail néfastes que subissent nos membres », plaide Claire Montour.

Des solutions aberrantes

En matière d’organisation du travail, l’OIIQ propose la mise en place de normes et de directives nationales que les établissements du réseau seraient obligés de respecter. « Comment peut-on suggérer une telle formule alors que ce sont les employeurs qui déjà ne respectent même pas les conventions collectives qu’ils ont négociées et signées en toute bonne foi ? », questionne la leader syndicale.

Autre proposition inconcevable : comment peut-on répondre à l’enjeu de pénurie de main-d’œuvre en proposant, comme seule solution, l’imposition d’un programme de répartition des ressources sur le territoire, à travers lequel on dictera au personnel l’endroit où il doit travailler ? « Cet excès d’autorité est absolument inacceptable et simpliste puisqu’il ne corrige pas, à la source, les multiples causes à l’origine de la pénurie », prévient Claire Montour.

En terminant, la présidente de la FSQ-CSQ considère, elle aussi, que les pistes de solutions, soumises par l’OIIQ et au sujet desquelles les participantes et les participants sont invités à voter, sont orientées en vue d’arriver à une conclusion prédéterminée.

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