Édition du 16 juin 2020

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Forêt boréale : une étude prévoit des coûts prohibitifs pour l'éventuelle exploitation forestière au-delà de la limite nordique

Québec, le 11 février 2014 — Une étude
réalisée par ÉcoRessources inc. pour le compte de Nature
Québec révèle que les coûts reliés à
l’éventuelle exploitation de la forêt boréale
au-delà de la limite nordique seraient prohibitifs. « Les
coûts et les bénéfices de l’éventuelle
exploitation de la forêt au nord du 51e parallèle ont
été estimés tant pour le secteur privé que pour le
secteur public et pour la société québécoise
 », déclare Christian Simard, directeur général de
Nature Québec.

Pour le privé, en se basant sur le prix actuel du marché, les
revenus seraient généralement inférieurs aux coûts
d’exploitation, estimés pour le seul secteur du transport de la
matière ligneuse à plus de 50 millions de dollars annuellement.
Pour le secteur public, le gouvernement serait loin d’y trouver son
compte. Les coûts relatifs aux infrastructures routières, aux
contrats d’aménagement forestier, sans compter les programmes de
subventions, atteindraient 16,5 millions de dollars par année pour des
revenus fiscaux annuels et issus des redevances totalisant environ 14,8
millions de dollars. Pour la société québécoise,
les coûts seraient également très importants. La
destruction des biens et services environnementaux
s’élèverait en effet à plus de 83 millions de
dollars par année pour des retombées équivalentes
à une augmentation de 70 millions de dollars du produit
intérieur brut annuel.

« Ces estimations sont conservatrices et indiquent la
non-rentabilité de l’éventuelle exploitation de la
forêt nordique. Déjà, lorsque l’on considère
les revenus et les dépenses du ministère des Ressources
naturelles pour le secteur forêt, les dépenses excèdent
largement les revenus. Pour l’année financière 2012-2013,
les revenus totalisaient 187,9 millions de dollars pour des dépenses de
470,4 millions de dollars[1] », rappelle Christian Simard.

La limite nordique des forêts attribuables doit être maintenue

« L’incertitude concernant l’ouverture de la forêt
boréale au-delà de la limite nordique plane toujours. En effet,
une mesure inscrite dans le Plan Nord prévoyait d’ouvrir ce
territoire à l’exploitation forestière. Cette mesure, qui
traîne toujours dans les cartons ministériels, ne doit pas
être mise en œuvre. Même si certains peuvent être
tentés d’exploiter la forêt boréale nordique,
l’étude publiée aujourd’hui démontre que ce
serait aberrant sur le plan économique », de poursuivre Christian
Simard.

Rappelons que la limite nordique des forêts attribuables se situe autour
du 51e parallèle. Instauré en 2002, ce tracé
sépare la forêt boréale continue en deux. Au sud, la
forêt est exploitée, au nord, elle est exempte
d’activités forestières. Depuis 2005, un comité
scientifique a pour mandat d’examiner et de revoir cette limite en
acquérant de nouvelles connaissances. Les résultats des travaux
de ce comité sont attendus sous peu.

« C’est à la ministre des Ressources naturelles
d’agir en maintenant la limite nordique et en enterrant ce projet
d’ouverture de la forêt boréale nordique », de
conclure Christian Simard.

L’étude publiée aujourd’hui, intitulée Les
coûts et les bénéfices de l’exploitation
forestière au nord du 51e parallèle, a été
réalisée grâce à la contribution de la fondation
Ivey et de l’Initiative boréale canadienne. Elle est en ligne sur
le site web de Nature Québec :
http://www.naturequebec.org/fileadmin/fichiers/Aires_protegees/RA14-01_LimiteNordique_EcoRess.pdf.

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