Édition du 24 mars 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Éducation

Hausse des droits de scolarité : la voix de madame Trépanier

Hier (22 mars NDLR), après la conférence de presse avec les organisations étudiantes et les collègues des autres centrales, je me suis rendu à Québec pour faire entendre le point de vue de la CSQ à la commission parlementaire sur le projet de loi 56 pour contrer l’intimidation et la violence à l’école. À l’instar des milliers d’étudiantes et étudiants qui se sont tenus debout hier dans les rues de Montréal devant l’intransigeance du gouvernement, la délégation CSQ s’est levée pour marquer symboliquement son appui au mouvement contre la hausse des droits de scolarité.

Des jeunes qui donnent l’exemple

Lors du point de presse plus tôt le matin, j’ai été très impressionné par l’aplomb des leaders étudiants devant les médias. J’ai entendu des jeunes réfléchis, argumentés et surtout déterminés. En lisant les journaux ce matin, j’ai été doublement impressionné par la qualité de l’exercice démocratique auquel les étudiants se sont livrés. On a assisté à l’une des plus imposantes manifestations de tous les temps dans la métropole et le tout s’est déroulé dans le calme. Je lève mon chapeau aux organisatrices et organisateurs de ce rassemblement exceptionnel ! Faisant mentir ceux qui disent que les étudiants sont individualistes et peu intéressés par la chose politique, les jeunes sont venus par milliers poser un geste démocratique et éminemment politique.

Un gouvernement qui serait bien avisé de tendre l’oreille

Plutôt que de porter toute son attention aux lobbys des compagnies minières qui flairent la bonne affaire avec le Plan Nord et aux murmures des soupers cinq services des chambres de commerce, le gouvernement Charest aurait tout intérêt à prêter une oreille attentive aux cris du cœur des étudiants et de leurs parents qui ont répété ensemble hier 200 000 fois « Entendez-nous ! » comme le titrait si joliment le journal Le Devoir dans son édition de ce matin. Quelqu’un peut-il apporter au premier ministre quelques coupures de journaux de différents pays du monde où les leaders ont fait la sourde oreille à la clameur de la rue ?? Cela l’aidera peut-être à mieux comprendre ce qui arrive à ceux qui répondent aux manifestantes et manifestants par l’arrogance.

« Pensons aux générations futures »

Les ministres Beauchamp et Bachand et le premier ministre n’ont rien eu de mieux à faire que de répéter à l’unisson, comme des perroquets, les lignes de communication préparées par leurs stratèges en cherchant vainement à opposer étudiants et contribuables. Pardon ? Les parents de ces étudiants universitaires ne seraient-ils pas des contribuables ? Et les milliers de gens qui ont marché aux côtés des jeunes hier ne sont-ils pas eux aussi des contribuables ? Et madame Trépanier de Rouyn-Noranda, cette dame de 76 ans qui s’est déplacée en fauteuil roulant pour appuyer les jeunes pour dire au gouvernement « Pensons aux générations futures », n’est-elle pas aussi une contribuable dont la voix devrait compter tout autant que celle des grands patrons que Jean Charest côtoie quotidiennement ?

Le pire sourd qui soit

Le proverbe veut qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Par contre, je ne suis pas certain qu’en politique cette attitude soit bien indiquée pour un gouvernement qui devra bien, tôt ou tard, retourner en élection.

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