Édition du 19 mai 2026

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Monde du travail et syndicalisme

Industrie automobile (Italie) : Baisse de la production, multiplication des cellules de crise. Et Stellantis réduit ses effectifs

L’industrie italienne est de plus en plus proche d’une crise structurelle. « Nous ne sommes pas face à une fluctuation conjoncturelle, mais à une transformation profonde de notre système productif. Et sans stratégie industrielle, nous risquons de subir cette transformation, en perdant progressivement nos capacités, des emplois de qualité et notre autonomie économique ». Gino Giove tire la sonnette d’alarme.

24 avril 2026, tiré d’Europe solidaire sans frontière.

Lors de l’assemblée nationale des délégués et déléguées de la CGIL de l’industrie, il dresse un tableau très sombre mais réaliste. Ainsi, face à la désindustrialisation progressive en cours, avec des entreprises qui réduisent leurs investissements, une baisse constante de la production et un recours de plus en plus massif au chômage partiel, le secrétaire confédéral met en garde une énième fois le gouvernement : « Une politique industrielle digne de ce nom est plus que jamais nécessaire, afin de remplacer les aides à tout va et de s’attaquer à des problèmes colossaux tels que les coûts de l’énergie, les appels d’offres à la baisse et la fragilité de plus en plus marquée de filières entières.

« Du secteur de l’acier à l’automobile – rappelle Giove dans son rapport à l’assemblée –, de la chimie de base à l’énergie, jusqu’au textile et à la mode, les conflits sociaux et les risques de cessation d’activité se multiplient. Il s’agit de crises qui dépassent le cadre des entreprises concernées et revêtent un caractère systémique, liées également à l’absence de politiques industrielles européennes capables d’accompagner les objectifs du Pacte vert ». Les chiffres montrent que le ministère italien de l’Industrie, du Développement numérique et des Transitions (Mimit) traite actuellement des dossiers concernant 114 entreprises, soit onze de plus qu’en février dernier, et 138 469 travailleurs. « Mais ce n’est qu’une partie de la réalité – souligne le secrétaire confédéral – car le périmètre réel comprend les dizaines de crises gérées par les régions, qui représentent autant de travailleurs supplémentaires en danger et confirment l’absence d’une politique industrielle nationale capable de piloter le processus ».

Pour la CGIL, réaffirme Giove, la compétitivité ne peut pas passer par une « compression » du travail, mais par des investissements, l’innovation et la qualité du développement. « Sans politique industrielle – répète-t-il –, on assistera à un affaiblissement progressif du système productif, avec des effets directs sur l’emploi et la croissance. Le choix est clair : gérer les transformations ou les subir ». Le message adressé au gouvernement est donc le suivant : il faudrait « un fonds souverain public pour soutenir les investissements stratégiques et une agence de développement pour coordonner les politiques sur l’ensemble des filières ». Parallèlement, il faut « un nouveau dispositif social consacré aux transitions industrielles, qui concerne l’ensemble des filières de production touchées par les crises, et qui devrait être étendu à tous les travailleurs concernés : salariés directs, sous-traitants, entreprises de la filière ».

Pour corroborer la dénonciation de Giove, les dernières mauvaises nouvelles concernant le secteur automobile sont tombées hier : « Stellantis a annoncé son intention de lancer une nouvelle procédure de départs volontaires pour 425 travailleur·euse·s de l’usine de Melfi, après les plus de 500 de l’année dernière », ont déclaré Samuele Lodi, secrétaire national de la Fiom, et Ciro D’Alessio, coordinateur du secteur automobile de la CGIL. « La demande de départs pour Melfi s’ajoute à celles déjà annoncées à Pomigliano (150), Mirafiori (121), Atessa (302) et Termoli (50), pour un total de plus d’un millier de salarié·e·s. Et il est inacceptable que cela se produise avant la présentation du plan industriel prévue le 21 mai, sur lequel nous demandons qu’il y ait une discussion préalable abordant, site par site, les perspectives industrielles et d’emploi ».

Le Palazzo Chigi ne peut rester silencieux, insiste le secrétaire général Michele De Palma : « Avant le 21 mai, il est nécessaire que Giorgia Meloni réunisse Stellantis et les organisations syndicales pour une concertation préalable, afin de garantir la sauvegarde des usines et de l’emploi. Et les éventuels investissements d’autres groupes automobiles doivent également faire l’objet d’une concertation, dans l’optique d’un plan de développement de l’industrie automobile dans le pays ».

Riccardo Chiari (il manifesto)

P.-S.
• Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l’aide de Deeplpro

Source – Il Manifesto, 24 avril 2026 :
https://ilmanifesto.it/declino-produttivo-aumentano-i-tavoli-di-crisi-e-stellantis-taglia-i-dipendenti

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