Édition du 27 septembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Droite extrême

Dossier droite extrême et extrême-droite.

Introduction au dossier

Depuis deux ans, dans un contexte - qui l’alimente - de crise économique et sociale, l’Europe connaît une véritable lame de fond de discours et de mesures xénophobes, islamophobes et racistes.

Après Berlusconi en Italie, c’est Nicolas Sarkozy, en France, qui a multiplié au cours de l’été les pogroms et les expulsions collectives anti-Roms dans la foulée d’un nauséabond « débat » sur l’identité nationale. Un projet de loi prévoit de déchoir de la nationalité française les personnes « d’origine immigrée » qui mettent en péril la vie de représentants des forces de l’ordre et criminalise encore plus les sans-papiers. Aux États-Unis, Sarah Palin et ses partisans réunis dans le mouvement « Tea Party » agitent la furie islamophobe contre la « mosquée de Ground Zero ». En Belgique, comme en France, on interdit le port du foulard à l’école ou le voile intégral dans l’espace public, des mesures qui figurent en bonne place depuis longtemps dans les programmes des partis d’extrême droite. En Allemagne c’est un Thilo Sarrazin qui élève le racisme identitaire en tête des « préoccupations » : membre du directoire de la Bundesbank et du SPD (parti socialiste allemand), il a publié un livre raciste et anti-musulmans, « L’Allemagne court à sa perte ». Cet islamophobe croit par ailleurs à l’existence d’un « gène juif » et, s’il a dû démissionner, il a suscité un fort courant de sympathie, au point que 18% des Allemands sondés ont affirmé voter pour un parti qui défendrait ses « idées ». En inscrivant dans sa législation l’interdiction de construire des minarets, la Suisse avait ouvert le bal. Le 28 novembre, ses citoyen-ne-s auront le choix entre la peste et le choléra : l’initiative de l’UDC comme le contre-projet du Conseil fédéral proposent tous deux des mesures d’exception contre les « étrangers »…

Depuis deux ans, dans un contexte - qui l’alimente - de crise économique et sociale, l’Europe connaît une véritable lame de fond de discours et de mesures xénophobes, islamophobes et racistes. Sans surprise, c’est l’extrême droite qui en récolte avant tout les fruits. Dans presque toutes les élections récentes, elle a connu une progression spectaculaire et émerge y compris dans des pays où elle n’était qu’une force marginale. Comme l’histoire l’a dramatiquement démontré, une telle situation est lourde de périls, non seulement pour ceux et celles qui servent de boucs émissaires (les « immigrés », les musulmans, les sans-papiers, les Roms…), mais également pour l’ensemble du mouvement ouvrier et pour les libertés démocratiques les plus élémentaires. Une course de vitesse s’engage désormais entre une droite 100% à droite et une gauche 100% à gauche. Afin de saisir, pour mieux le combattre, l’ampleur du phénomène représenté par la « nouvelle extrême droite » et le contexte qui la nourrit, nous publions un dossier réalisé essentiellement à partir d’articles publiés par nos camarades espagnols et suisses des revues « Viento Sur » et « SolidaritéS ». La première partie de ce dossier se penche sur l’influence des partis d’extrême droite, tandis que la seconde partie analysera en détail trois phénomènes politiques de « droite extrême » et d’extrême droite : le berlusconisme, le Parti populaire espagnol et l’UDC suisse (LCR-Web).

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