Tiré d’Agence média Palestine.
Trois journalistes libanais·es ont été assassiné·es dans leur pays et dans l’exercice de leur fonction le 28 mars par une frappe israélienne qui a visé leur voiture dans la région de Jezzine, dans le sud du Liban. Elle s’appelait Fatima Ftouni et travaillait pour la chaîne Al-Mayadeen. Son frère s’appelait Mohammed Ftouni et travaillait comme caméraman. Le troisième était le correspondant vedette d’Al-Manar, il s’appelait Ali Shoieb. Tous trois étaient très admirés et respectés dans leur pays.
Contacté par l’Agence Média Palestine, Jack Dion dénonce la « tuerie invraisemblable de journalistes à laquelle nous avons assisté à Gaza et qui recommence au Liban ». À ce jour, le site Stop murdering journalists compte 318 journalistes et professionnel·les de la presse assassiné·es par Israël à Gaza depuis le 7 octobre 2023 et 21 au Liban.
Sur toutes les chaînes d’information francophones, l’nnonce de l’assassinat des trois journalistes libanais a systématiquement été affublée du fameux « considérés comme proches du Hezbollah », une épithète employée à dessein par Israël afin de décrédibiliser la fonction même de journaliste.
« Les tuer une deuxième fois »
S’il est juste de dire qu’Al-Mayadeen et Al-Manar sont des médias proches du Hezbollah, ajouter cette précision au moment de l’assassinat de leurs journalistes ne peut pas être considéré comme neutre et vise à jeter le discrédit sur leur travail, et par la même occasion contribue à l’effacement de la distinction entre combattants et non combattants. Pour Jack Dion, un ancien du magazine Marianne, cela permet d’accorder un « droit de tuer » sous prétexte d’une affiliation supposée ou avérée à une organisation telle que le Hamas ou le Hezbollah. « Quand bien même ces journalistes seraient liés d’une manière ou d’une autre au Hamas ou au Hezbollah, cela ne donne pas le droit de les tuer, en droit international ça n’existe pas », rappelle-t-il. De son point de vue, il s’agit d’un « argument que l’on ressort pour diaboliser les journalistes dont on parle ». Sans surprise, l’argument est brandi par les autorités israéliennes mais le « plus grave » pour Jack Dion est que cela soit cité tel quel par les médias français qui « globalement reprennent le narratif israélien ». Et d’ajouter : « Il suffit de voir le nombre de représentants israéliens reçus sur les chaînes de télévision et de radios tandis qu’on ne voit presque jamais l’ambassadrice palestinienne alors même que la Palestine est reconnue par la France ».
« Est-ce qu’on a le droit de tuer les journalistes israéliens proches de l’extrême droite israélienne aux propos et actions génocidaires ? Les médias français trouveraient-ils légitime de tuer de tels journalistes », interroge Jack Dion. « Les gens qui sont du côté des Palestiniens, du Liban ou de l’Iran sont considérés comme suspects », estime-t-il, tandis que le côté israélien bénéficie de la « sympathie » des médias français, dénonce le journaliste qui constate qu’il n’y a chez les journalistes français des chaînes dominantes « aucun sens de la solidarité » professionnelle. « Le carnage qui a eu lieu à Gaza et le manque de réaction de la presse française est inexplicable, injustifiable et extrêmement choquant. Nous n’avons pas vu le début d’une critique sur ces pratiques détestables. Les journalistes palestiniens et libanais ne sont pas des terroristes, ce sont des journalistes. Les affubler de cette affiliation est une manière de cracher sur leur tombe et de les tuer une deuxième fois », dénonce Jack Dion.
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