Édition du 29 septembre 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Discours de Linh Nguyên-Biron

Indignation et riposte populaire

Je suis ici aujourd’hui, indignée du désintérêt total, en pleine campagne électorale, envers les conditions de vie des femmes et les crises sociales et climatiques, amplifiées par l’aveuglement volontaire de ceux qui nous imposent une gestion destructrice de l’environnement et du filet social.

Bonjour tout le monde
Merci de vous être mobilisé aujourd’hui pour cette riposte populaire
Mon nom est Linh Nguyên-Biron, je suis militante féministe et je travaille à la Maison des femmes de Québec, une maison d’aide et d’hébergement pour les femmes et leurs enfants victimes de violence conjugale.

Même si nous sommes privilégié∙e∙s d’habiter un pays développé, nous ne sommes pas à l’abri de ces crises sociales et environnementale.

La crise climatique et les conséquences des catastrophes naturelles touchent particulièrement les femmes, les personnes de la pluralité de genre et les personnes racisées, qui sont souvent plus nombreuses à vivre dans la précarité, à être victime de violence conjugale et à être limitées dans l’accès aux ressources.

On le dénonce depuis trop longtemps :

L’iniquité salariale, le fait qu’elles soient plus nombreuses à être monoparentale avec un seul revenu à occuper des métiers traditionnellement féminins, donc sous-payés à avoir le fardeau de se relocaliser lorsqu’elles vivent de la violence fait en sorte qu’elles ont plus de chance de geler l’hiver dans les records de froid,ou de souffrir des vagues de chaleur extrême de plus en plus fréquentes parce tout ce qu’elles peuvent se payer, c’est un logement trop petit, trop cher, mal isolé, sans climatiseur, dans un quartier où le vert se fait rare, s’il n’est pas encore éco-gentrifié

Et qu’elles ont plus de chance de ne pas manger à leur faim, parce le prix des aliments ne finit plus d’augmenter, oui parce que des PDG s’en mettent plein les poches,mais aussi parce que les dérèglements climatiques affectent les productions agricoles ;

Et c’est sûr que si leur situation est déjà précarisée par les conséquences de la violence conjugale, par l’effritement du filet social, par les coupures de services, par le racisme systémique, par la peur réelle de se retrouver à la rue, les femmes et personnes de la pluralité de genre vont réfléchir très longtemps avant de quitter un partenaire violent.

Je voulais aussi parler d’une autre affaire qui s’ajoute à la longue liste de nos charges mentales ; la charge environnementale.

Ça, c’est toute la culpabilité et le sentiment de responsabilité d’être la plus écolo possible, au risque de souffrir d’écoanxiété, et ce même si notre budget ne nous permet pas d’être en cohérence avec nos valeurs.

Même si on commence à peine à parler du lien entre les genres et les luttes aux changements climatiques, ce sont les femmes et les personnes de la pluralité de genre qui se préoccupent davantage des actions individuelles qu’elles peuvent faire au quotidien pour limiter l’impact de leur mode de vie sur l’environnement.

Et malgré toute la pression et les efforts qu’on met à se verdir la conscience, c’est encore nous qui sommes victimes d’attaques sexistes lorsqu’on tente de prendre notre place dans les luttes environnementales. 

Par ailleurs, ce serait endosser l’oppression COLONIALISTE que d’omettre de parler de l’apport des femmes autochtones dans cette lutte environnementale.

Ces pionnières dans la préservation de l’environnement subissent depuis des générations les conséquences des changements climatiques en plus d’être invisibilisées dans leurs revendications. En toute sororité, reconnaissons leurs savoirs et expériences et unissons-nous dans cette lutte. 

Pour qu’il y ait plus d’alliances entre les groupes féministes, les groupes environnementaux et les peuples autochtones dans la lutte aux changements climatiques ;

Pour qu’il y ait plus de recherches féministes sur l’intégration du genre dans les changements climatiques.

Pour qu’il y ait une réelle solidarité internationale, parce que les femmes sont 14 fois plus à risque de MOURIR lors des catastrophes naturelles

Répondons à l’appel de la convergence :
« vie chère, attaques auto-ritaires, climat précaire, riposte populaire ! »

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