Édition du 1er septembre 2026

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Le mouvement des femmes dans le monde

L’État a failli à ses obligations envers les personnes prostituées et toutes celles rendues vulnérables par le système patriarcal de la prostitution

Chaque année, le 21 mars, l’Afrique du Sud commémore la Journée nationale des droits de la personne, un rappel poignant du passé tumultueux du pays et de son engagement à défendre les droits de tous et toutes ses citoyen-nes. Cependant, au milieu des célébrations et des réflexions, un groupe crucial demeure exclu et oublié : les personnes prostituées.

Tiré de Entre les lignes et les mots

4 août 2026

Une histoire de lutte

La Journée nationale des droits de la personne commémore le massacre de Sharpeville de 1960, au cours duquel 69 manifestant-es non armé-es ont été abattues par la police de l’apartheid alors qu’elles manifestaient contre les lois racistes sur les laissez-passer. Cet événement tragique a marqué un tournant dans la lutte de l’Afrique du Sud pour la démocratie et les droits de la personne.

Aujourd’hui, il est décourageant de constater que, malgré les progrès accomplis, les personnes prostituées continuent d’être victimes de violations flagrantes des droits de la personne. Leurs droits à la vie et à la dignité, consacrés par la Constitution, sont constamment bafoués.

Le système de la prostitution : un terreau fertile pour les violences

La prostitution est un système qui, par nature, perpétue l’inégalité, l’exploitation et la violence. Les personnes prostituées sont souvent victimes de violence physique et psychologique, de viol, voire de meurtre. La nature même de la prostitution prive les individus de leur autonomie, de leur dignité et de leur humanité.

L’échec de la démocratie

Dans une Afrique du Sud démocratique, il est inacceptable que les personnes prostituées restent marginalisées et exclues du débat sur les droits de la personne. L’incapacité du gouvernement à s’attaquer aux causes profondes de la prostitution, telles que la pauvreté, le manque d’éducation et le chômage, perpétue le cycle de l’exploitation.

Exemples de violations des droits de la personne

1. Meurtres et violence : Les personnes prostituées sont touchées de manière disproportionnée par les crimes violents, y compris les meurtres. Dans de nombreux cas, leurs décès restent impunis, et les auteurs sont rarement tenus responsables.

2. Arrestations et harcèlement : Bien qu’elles soient victimes d’exploitation, les personnes prostituées sont souvent arrêtées et harcelées par les forces de l’ordre, ce qui renforce encore leur marginalisation.

3. Manque d’accès aux services : Les personnes en situation de prostitution se heurtent fréquemment à des obstacles pour accéder à des services essentiels, notamment les soins de santé, les services sociaux et la protection juridique.

Besoin urgent d’une réforme législative

La modification de la loi sur la prostitution est une question urgente. Le système actuel perpétue l’exploitation et la violence, et il est impératif que nous adoptions un cadre juridique progressiste et prometteur pour protéger les droits de la personne des personnes en situation de prostitution.

De plus, en tant que signataire de divers traités internationaux, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et la Convention relative aux droits de l’enfant, l’Afrique du Sud a l’obligation contraignante de prévenir la prostitution et de protéger les droits de la personne de ses citoyens. L’article 6 de la CEDEF exige des États qu’ils prennent toutes les mesures appropriées pour réprimer toutes les formes de traite des femmes et d’exploitation de la prostitution. De même, l’article 34 de la Convention relative aux droits de l’enfant oblige les États à protéger les enfants contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et d’abus sexuels. En ne s’attaquant pas aux causes profondes de la prostitution et en ne protégeant pas les droits des personnes prostituées, l’Afrique du Sud se soustrait à ses responsabilités au titre de ces traités, sapant ainsi son engagement à défendre les droits de la personne et la dignité de tous ses citoyens.

Le modèle d’égalité de Sankara

Le Modèle d’égalité de Sankara est un cadre juridique qui reconnaît la prostitution comme une forme de violence fondée sur le genre. Ce modèle accorde la priorité au bien-être des personnes prostituées en leur offrant un soutien et des services pour les aider à sortir du système. Il prévoit également :

– De tenir les auteurs responsables en sanctionnant ceux qui achètent des services sexuels et exploitent les personnes prostituées.

– De poursuivre en justice ceux qui tirent profit de l’exploitation des personnes prostituées, y compris les proxénètes et les tenanciers de maisons closes.

Alors que l’Afrique du Sud célèbre la Journée nationale des droits de la personne, il est essentiel de reconnaître les violations flagrantes des droits de la personne commises à l’encontre des personnes prostituées. La démocratie a failli à ce groupe, et il est impératif que nous, en tant que société, assumions notre responsabilité collective pour nous attaquer aux problèmes systémiques qui perpétuent leur exploitation.

Nous devons œuvrer à la création d’une société où toutes et tous les individus, y compris les personnes prostituées, sont traités avec dignité et respect. Cela exige un engagement à s’attaquer aux causes profondes de la prostitution et à veiller à ce que les personnes prostituées aient accès aux services et au soutien dont elles ont besoin pour reprendre leur vie en main.

En adoptant le Modèle d’égalité de Sankara, nous pouvons franchir une étape cruciale vers la protection des droits des personnes prostituées et la création d’une société plus juste et plus équitable pour tous.

Une déclaration de Mickey Meij, 22 mars 2025
Mickey’s Blog
Traduction : TRADFEM
https://tradfem.wordpress.com/2026/07/05/letat-a-failli-a-ses-obligations-envers-les-personnes-prostituees-et-toutes-celles-rendues-vulnerables-par-le-systeme-patriarcal-de-la-prostitution/
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