Pourtant le problème est connu. Plus tôt cette année, l’Assemblé nationale reconnaissait unanimement que l’absence de règles entourant l’IA fragilise notre souveraineté culturelle et que les fonds publics consacrés à la culture doivent prioritairement soutenir les créations artistiques d’ici et les emplois du secteur.
Le constat politique existe donc déjà. La campagne électorale devait permettre de savoir quelles actions les partis proposent pour y répondre.
Nous soulignons les gestes posés par Québec solidaire. La formation a demandé la tenue d’une commission parlementaire sur l’utilisation de l’intelligence artificielle générative en culture avant les élections et a proposé des mesures concrètes concernant soin utilisation par des organismes bénéficiant de fonds publics. Le travail est amorcé et nous souhaitons que Québec solidaire continue de porter ces engagements aussi après l’élection.
Nous soulignons également la prise de position de Maxime Laporte du Parti québécois dans l’Assomption, qui a rencontré le RAH et a affirmé publiquement que les enjeux auxquels sont confronté les créateurs à l’ère de l’IAG, notamment en matière de droits d’auteurs, le préoccupe « au plus haut point ». Il a également invité publiquement les Québécois à suivre et à soutenir le travail du RAH.
Ces prises de position sont importantes. Mais elles demeurent l’exception.
Nous déplorons que, malgré l’ampleur et l’urgence du phénomène, malgré la supposé compréhension du problème IAG, la majorité des partis ne proposent toujours pas de politique précise et des plans (livre blanc, commission parlementaire ou groupe de travail) face à l’une des grandes menace imminente pour notre culture.
Il n’y a aucune révision claire des critères d’octroi des fonds publics lorsque des entreprises remplacent le travail d’artistes par de l’IAG.
Il n’y a aucun code d’éthique permettant de baliser l’utilisation, dans notre industrie culturelle, de technologies développées à partir d’oeuvres utilisées sans le consentement de leurs créateurs.
Il n’y a aucun véritable cadre de transparence envers le public.
Nous parlons beaucoup de souveraineté culturelle et de découvrabilité. Elles sont essentielles. Mais encore faut-il qu’il reste une culture humaine québécoise à faire découvrir.
Car si nous laissons l’IAG remplacer progressivement les artistes que nous soutenons collectivement, nous risquons un jour de nous retrouver à faire rayonner, avec des fonds publics, des contrefaçons synthétiques générées en tant que patrimoine culturel !
La culture québécoise ne se résume pas à sa diffusion. Elle existe d’abord parce que des Québécoises et des Québécois la créent.
Ne laissons pas entrer le loup dans la bergerie. Protégeons nos artistes et la culture du Québec. Agissons !









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