Pétion-Ville, Haïti, le 28 juillet 2026
Nous sommes de plus en plus préoccupées par la situation dans laquelle le pays est plongé et nous sommes aussi conscientes que les échecs sont partagés entre les élites politiques, les élites économiques et les élites intellectuelles. En dépit de tout cela, le Gouvernement et le Conseil Électoral provisoire continuent à mentir à toute une population sur la tenue des élections.
L’organisation des élections exige des mises en place bien définies avec des objectifs clairs pour renouveler les personnels politiques. L’insécurité ; liste électorale ; Les Personnes déplacées ; localisations des centres de votes ; Formation des personnes ainsi que les logistiques.
Les conditions dans lesquelles plusieurs départements sont verrouillés par les groupes armés, comment des élections peuvent-elles s’organiser dans un tel contexte ?
Il est à noter que l’organisation des élections n’est pas un simple jeu politique dans la démocratie, elles sont un élément crucial d’anticipation des bouleversements politiques et de développement économique. Cependant, tenant compte de l’importance de tous les facteurs mitonnés ci-dessous, des élections mal organisées peuvent compromettre l’avenir.
L’exclusion par le déplacement forcé des populations
La crise sécuritaire a provoqué des vagues massives de migrations internes et externes qui faussent d’avance la représentativité du scrutin. Ce déplacement massif de la population constitue un élément majeur où des centaines de milliers de citoyens ont fui la zone métropolitaine de Port-au-Prince, de l’Artibonite, du plateau central vers d’autres départements. Tenir des élections sans un recensement complet de ces déplacés équivaut à spolier une large portion de la population de son droit de vote.
Des départements, des communes, des localités sont vidées de leurs électeurs réels. Les résultats ne reflétaient en rien la démographie et la volonté légitime des communautés locales.
La capture du scrutin par la criminalité organisée
Dans les territoires sous domination des groupes armés, le processus électoral perd sa nature démocratique pour devenir un outil de légitimation criminelle à travers lequel les citoyens vont devoir voter sous la force de contrainte. Dans les quartiers contrôlés par les gangs, le secret du vote et la liberté de choix n’existent pas. Les chefs de gangs dictent les résultats ou imposent leurs propres candidats.
De plus, cette capture entraînerait deux éléments :
a. Financement occulte des campagnes : Le manque de contrôle étatique favorise l’injection d’argent sale issu du kidnapping et des trafics dans les campagnes électorales, éliminant d’emblée les candidats intègres.
b. Interdiction de campagne pour les opposants : Aucun candidat indépendant ou issu de l’opposition ne peut mener une campagne physique ou rencontrer les électeurs dans les zones rouges sous peine d’exécution ou d’enlèvement.
Le déficit total de légitimité et le risque d’aggravation de la crise
Organiser un scrutin au forceps dans ces conditions n’apporterait aucune stabilité, mais aggraverait au contraire les bouleversements politiques :
Contestation inévitable des résultats : Des élus issus d’un scrutin entaché de fraudes matérielles et d’intimidation par les gangs ne possédaient aucune légitimité aux yeux de la population et de la communauté internationale. Ce qui, entre autres, gaspille les ressources financières de l’Etat. Les fonds limités de l’État et l’aide internationale seraient dilapidés dans un processus biaisé au lieu d’être prioritairement alloués au rétablissement de la sécurité nationale et des infrastructures humanitaires de base. De plus, les principes universels de transparence, d’inclusivité et de régularité des scrutins, inscrits dans les traités internationaux signés par Haïti, seraient ouvertement bafoués.
La restauration de la sécurité comme préalable absolu
Pour l’Organisme de Défense des Droits Humains ECCREDHH, la chronologie des priorités doit être réaffirmée avec force. Pas de démocratie sans souveraineté territoriale, le Désarmement et Justice. Ceci étant dit clairement que l’État doit impérativement reprendre le contrôle des axes routiers nationaux et des quartiers verrouillés avant de parler de calendrier électoral. Un climat de paix sociale, le démantèlement effectif des réseaux criminels et le jugement des auteurs de massacres sont les seuls fondements capables de redonner confia
nce à la population pour retourner aux urnes.
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