Édition du 29 septembre 2026

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Le mouvement des femmes dans le monde

L’héritage révolutionnaire d’Olympe de Gouges Trois siècles de lutte féministe

Histoire

En ce jour anniversaire de la naissance d’Olympe de Gouges, il est tout à fait normal de se souvenir et d’honorer l’une des pionnières les plus courageuses, les plus essentielles et les plus influentes du féminisme.

21 juin 26
Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/21/lheritage-revolutionnaire-dolympe-de-gouges/?jetpack_skip_subscription_popup

Née Marie Gouze en France (1748), Olympe de Gouges était une écrivaine, une militante politique et une défenseure des droits des femmes pendant la Révolution française, connue principalement pour avoir écrit la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » de 1791, inspirée par la célèbre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

La révolution pour les droits des femmes

Au milieu de la ferveur politique qui entourait l’approbation de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen par l’Assemblée nationale constituante de la France révolutionnaire, qui posait les fondements des droits humains inhérents, une femme non seulement a défié les normes de son époque, mais a aussi osé souligner un paradoxe indéniable qui rongeait la pensée des Lumières : elle n’était ni universelle, ni juste, ni émancipatrice, car elle excluait l’autre moitié de la population : les femmes.

Bien que la Déclaration des droits de 1789 ait invoqué le caractère universel, imprescriptible et inaliénable du droit à l’égalité de tous les citoyens devant la loi, à la liberté, à la résistance à l’oppression et aux autres droits, seuls les hommes en étaient les bénéficiaires.

C’est pourquoi la philosophe et féministe Amelia Valcárcel souligne que «  le féminisme est un enfant indésirable des Lumières », puisqu’il est apparu comme une réaction inattendue à la négligence des droits des femmes dans les idéaux fondateurs des Lumières. Dès lors, cette philosophe affirme que «  le féminisme est la première correction forte et significative apportée à la démocratie éclairée  ».

C’est pourquoi, dans une réponse audacieuse et brillante, Olympe de Gouges a réécrit le texte de la Déclaration des droits de 1789, y intégrant les femmes auxquelles l’Assemblée constituante révolutionnaire refusait le statut de sujet politique ; et, dans son préambule, elle a exhorté les femmes à demander à l’Assemblée constituante nationale leur constitution afin de la soumettre à son examen et à son approbation.

Les droits des femmes et des citoyennes

Inspirée par l’idéal démocratique et émancipateur de la Déclaration des droits , et se basant sur son texte littéral, Olympe de Gouges rédigea la sienne, dénonçant la négligence et le mépris dont étaient victimes les femmes, et exigeant que celles-ci soient également considérées comme des citoyennes, sujets de droits inaliénables.

Parmi les droits les plus importants contenus dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, on peut citer :

Droit à la liberté et à l’égalité : les femmes naissent, demeurent et meurent libres, au même titre que les hommes en matière de droits.

Droit d’être considérées comme des sujets politiques dotés de droits naturels et imprescriptibles : les femmes sont titulaires des droits à la liberté, à la propriété, à la sécurité et à la résistance à l’oppression.

Droit d’être détentrices de la souveraineté de la Nation  : les femmes sont détentrices de droits politiques, elles font partie du peuple souverain.

Droit à l’égalité devant la loi  : la loi doit être l’expression de la volonté générale et doit être la même pour les femmes et les hommes, sans qu’aucun sexe ne soit désavantagé.

Droit à la participation politique et à la vie publique : les femmes doivent avoir le droit de vote et de participer à la vie politique de la nation, ce qui garantit leur représentation dans les décisions publiques.

Droit de propriété : Les femmes ont le droit de posséder et d’hériter de biens, ainsi que de gérer leurs affaires financières de manière autonome.

Droit à l’éducation  : Les femmes ont le droit de recevoir une éducation dans les mêmes conditions que les hommes, ce qui leur permet de développer leurs compétences et leur potentiel intellectuel.

Droit à l’égalité du mariage  : Les femmes ont le droit de se marier dans des conditions égales à celles des hommes, y compris le droit au divorce et à une protection juridique contre tout préjudice.

Droit à un procès équitable et à la liberté de conscience : les femmes ont le droit de ne pas être harcelées pour leurs opinions. Si une femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit également avoir le droit de prendre la parole en public, pourvu que ses déclarations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi.

1) Droit à la liberté d’expression : Les femmes ont le droit d’exprimer leurs opinions et de participer aux débats publics sans restrictions fondées sur leur sexe.

2) Droit d’accès aux fonctions et postes publics  : les femmes ont le droit d’accéder aux fonctions et postes publics en fonction de leurs aptitudes et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

3) Droit à la liberté de pensée  : les femmes ont le droit de se forger leurs propres opinions et croyances et de les exprimer librement.

4) Droit à l’égalité devant la loi : l’égalité de toutes les personnes devant la loi est établie, sans distinction de sexe, garantissant un accès équitable à la justice.

L’héritage d’Olympe de Gouges

De même que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 a été considérée comme une étape historique majeure ayant contribué de manière significative à l’établissement des principes démocratiques, des droits humains universels et des fondements du système politique et social de l’État contemporain, fondés sur l’égalité, la liberté, la dignité et la justice, la revendication de la reconnaissance de ces droits pour les femmes également, telle que proposée par Olympe de Gouges dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791, mérite la même reconnaissance.

L’acquisition de la pleine citoyenneté – c’est-à-dire la reconnaissance légale en tant que sujet doté de droits politiques, civils et sociaux permettant à tous les hommes, sur un pied d’égalité, de participer aux décisions concernant l’organisation et le fonctionnement de l’État et de la société – caractérise une véritable démocratie et confère à ces droits leur universalité. Grâce à Olympe de Gouges, les Lumières ont acquis une dimension humaine et ne se sont plus limitées à une perspective androcentrique.

Sandra Moreno-Avocate, docteure en droit, présidente des féministes radicales espagnoles
Source : Tribuna Feminista
Par TRADFEM le 07/05/2026
https://tradfem.wordpress.com/2026/05/07/lheritage-revolutionnaire-dolympe-de-gouges/

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