Germain Dallaire
Quand j’entends ça, j’ai un souvenir dans la tête. C’est celui du virage dans les intentions de vote en faveur du PQ lors de la campagne électorale de 2014. Le PQ était en avant dans sondages lorsque Mme Marois a présenté Pierre Péladeau à la presse pour annoncer sa candidature. On s’en souvient, Péladeau a levé le poing en l’air en professant sa conviction souverainiste. S’en est suivi ce que j’appellerais une fièvre souverainiste. Personnellement, je l’ai senti dans mon entourage et il faut croire que les médias aussi puisque les journalistes se sont mis à questionner Mme Marois sur la souveraineté. Pas tout à fait prête à répondre à ces questions, Mme Marois s’est quasiment mise à bafouiller disant une chose et son contraire le lendemain. Résultat : les appuis au PQ se sont mis à décliner conduisant à l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire.
On peut spéculer sur l’interprétation de ces événements. Pour leur part, les médias qui ne manquent pas une occasion de cogner sur la tête du PQ ont expliqué la défaite péquiste par la charte des valeurs. Personnellement, je considère que l’élection s’est jouée dans les jours suivant le poing levé de Péladeau. En se contredisant sur l’indépendance, Mme Marois s’est discréditée. Comment la cheffe d’un parti peut elle être aussi bouillonne sur le principal objectif de son parti ?
Ce qui nous ramène à la période actuelle. Bien entendu, le PQ de 2026 n’est pas celui de 2014. Il a fait ses devoirs et a élaboré un projet détaillé de pays. Mais ne suffit pas de l’avoir, encore faut-il le mettre de l’avant. Depuis que PSPP a décidé de reporter le référendum après le départ de Trump, tout est sur pause. Le programme du PQ se limite à l’administration d’une province. Sentant bien le PQ sur la défensive concernant l’indépendance, ses adversaires concentrent leurs attaques sur le référendum promis après le départ de Trump. Résultat, PSPP continue de reculer et le mot référendum devient presque tabou. Au deuxième débat, il a utilisé le terme « référendum consultation » ce qui s’apparente à un pléonasme. Au troisième débat, il était encore plus défensif, se contentant de parler de « période de réflexion ». Bien sûr, un peu comme un boxeur devant un adversaire qui recule, les adversaires ont redoublé d’ardeur. Comme pour Pauline Marois en 2014, l’attitude de PSSP jette le discrédit sur son objectif principal ce qui m’amène à poser la question qui tue : le projet d’indépendance est-il un boulet ou encore, ne serait-ce pas plutôt la timidité de sa défense par le parti qui en est son principal porte-parole ?
Pendant ce temps, Mark Carney avance au pas de charge avec son projet de loi C-39 sapant les droits environnementaux et syndicaux. Décidément, Trump fait des p’tits et son orientation risque de lui survivre. Le PQ s’est lui-même menotté, non seulement avec son report du référendum en des temps « plus sereins » s’apparentant à un mirage mais aussi avec son orientation néolibérale. Fût un temps où l’indépendance du Québec signifiait l’affirmation de valeurs de solidarité incluant le syndicalisme et la défense de l’environnement. Le Québec ne serait-il devenu qu’une grande entreprise ? Faut-il le rappeler, PSSP aime bien se décrire comme un entrepreneur.
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