Le juge Antoine Aylwin rejette l’allégation du CSSDM selon laquelle le bail qui lie le CSCS à son propriétaire serait de nature commerciale. Il insiste sur le fait que les missions éducatives des deux entités sont complémentaires et qu’une résolution du dossier dépend de l’intervention du ministère de l’Éducation (MEQ). Ce nouveau revers du CSSDM représente une avancée importante et une reconnaissance claire du rôle essentiel que jouent les centres d’éducation populaire (CEP) dans chacun des quartiers où ils sont implantés.
Le CSSDM n’obtient pas ce qu’il demande : le Comité Social Centre-Sud (CSCS) ne devra pas payer de loyer. Il devra cependant assumer les frais énergétiques et le coût de certaines réparations pour les six prochains mois. Bien que cette somme soit inférieure au loyer qui avait été unilatéralement imposé par le CSSDM, elle demeure impossible à assumer pour un organisme qui ne reçoit pas de financement pour l’entretien du bâtiment public qu’il occupe.
La situation demeure fragile : sans l’intervention du MEQ, la réalisation de la mission des CEP est compromise. En effet, après une deuxième année à assurer une prestation de services sans avoir reçu les fonds suffisants, les six centres craignent de devoir couper dans leurs activités, pourtant reconnues comme essentielles par leur principal bailleur de fonds. Les coupures se font d’ailleurs déjà sentir au CÉDA et aux Ateliers d’éducation populaire du Plateau Mont-Royal.
Les autres CEP indiquent qu’ils emboiteront le pas à leurs collègues et devront fermer des ateliers d’alphabétisation, d’informatique, d’aide aux devoirs, ou encore le soutien à la sécurité alimentaire complémentaire à la mission en éducation si la ministre Lebel n’intervient pas. Ce sont en outre de nombreux organismes logés dans les CEP qui sont fragilisés du même coup, notamment des comités logement, des halte-garderie communautaires, des cliniques d’impôts.
InterCEP, l’alliance des six centres d’éducation populaire, déplore l’inaction du MEQ dans le dossier. Alors que les CEP ont déposé leur demande annuelle de financement au printemps dernier, et alors que l’année financière arrive à son terme, la ministre LeBel tarde à faire connaître son intention. Sur un budget ministériel de plus de vingt (20) milliards de dollars, InterCEP réclame au gouvernement de créer une subvention de moins de deux (2) millions par année. Ces sommes sont considérables pour des organismes communautaires, mais représentent une proportion infime du budget au MEQ.
Les six CEP sont :
Ateliers d’éducation populaire du Plateau
4273, rue Drolet Montréal 514 350-8881
Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles
2356, rue du Centre Montréal 514 596-4444
Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri
2515, rue Delisle Montréal 514 596-4422
Centre éducatif communautaire René-Goupil de Saint-Michel
4105, 47e rue Montréal 514 596-4420
Comité social Centre-Sud
1710 rue Beaudry Montréal 514 596-7092
Pavillon d’éducation communautaire Hochelaga-Maisonneuve
4650 rue Ontario Est Montréal 514 596-448


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