Édition du 16 avril 2024

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Afrique

La RD Congo à l’épreuve de la fièvre du cobalt

Le documentaire Cobalt, l’envers du rêve électrique s’interroge sur les conséquences pour la RD Congo de l’interdiction en Europe de véhicules diesel et essence dès 2035, au profit des voitures électriques. La plupart de ces modèles roulent grâce à des batteries contenant du cobalt, un métal extrait à plus de 60 % dans ce pays. Pour Afrique XXI, la journaliste Louise Rozès Moscovenko revient sur son enquête.

Tiré d’Afrique XXI.

La ville est comme une immense mine à ciel ouvert, béante. Le long des routes de terre, mes pieds buttent parfois sur des pierres bleutées. Un bleu aux reflets turquoise qui signe la présence de cuivre et de son sous-produit, le cobalt. Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), est considérée comme la capitale mondiale de ce minerai essentiel à l’industrie.

Face au réchauffement climatique, les pays du Nord électrifient massivement leur parc automobile. Plusieurs kilos de cobalt sont nécessaires à la fabrication des batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt), le modèle le plus répandu à ce jour dans les voitures électriques, malgré le développement prometteur de technologies alternatives. Si depuis longtemps ce minerai est aussi présent dans nos téléphones portables ou nos ordinateurs, à hauteur de quelques grammes, ce changement d’échelle est considérable. L’impact de cette transition écologique occidentale sur ceux qui, loin de l’Europe, permettent de la mettre en œuvre, m’interroge.

Travail des enfants

Nous sommes en mars 2018, et le cours du cobalt atteint son record historique, à 95 000 dollars la tonne. Le même mois, le gouvernement congolais entérine une réforme très attendue de son code minier. Le texte promeut le cobalt au rang de métal stratégique et quintuple ses royalties. Ce nouveau règlement, qui fait écho aux discours anticoloniaux, vaut à l’État des menaces de procès de la part de plusieurs groupes miniers chinois et occidentaux, qui s’appuient sur la clause de stabilité de dix ans prévue dans l’ancien code de 2012. Sans surprise, personne ne souhaite payer plus pour cette terre très lucrative.

Parallèlement à cette effervescence cobaltifère, un rapport d’Amnesty International publié fin 2017, dénonçant entre autres le travail des enfants dans les mines artisanales, secoue l’opinion publique occidentale. Ce cobalt extrait en violation totale des droits humains se retrouve entre les mains de grands groupes, dont la demande est très forte depuis que l’UE a décidé d’interdire la vente de véhicules diesel et essence sur son territoire à partir de 2035, un délai très court à l’échelle industrielle.

« Aucune marque, aucun constructeur automobile ne veut être perçu comme profitant du travail des enfants, relève J. Peter Pham, envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs de 2018 à 2020. C’est de la très mauvaise publicité, ça nuit à la valeur de l’action en Bourse, c’est injuste, et les consommateurs n’aiment pas ça. Même si éthiquement cela vous indiffère, vous devriez quand même être contre car c’est mauvais pour le business. »

Déclarations sans impact réel

Sous pression, les constructeurs de véhicules électriques ont fait entrer le devoir de diligence dans leurs process1. Mais les compagnies engagent des cabinets privés dont la qualité des audits est très inégale. Il arrive aussi que des grands groupes signent des déclarations communes pour un cobalt « responsable » mais sans impact réel, déplore Mark Dummett, chercheur Business et Human Rights d’Amnesty International.

« Si vous possédez une énorme mine de cuivre et de cobalt, vous faites l’essentiel de votre argent sur le cuivre, explique George Heppel, consultant expert des marchés du cobalt, du lithium et des batteries pour la société d’intelligence économique CRU Group. C’est très bien pour vos bénéfices si le prix du cobalt augmente, mais vous ne pouvez pas augmenter votre production face à la demande, car c’est un sous-produit. Le seul endroit où on peut augmenter la production c’est dans les mines artisanales. »

Le premier constructeur européen, l’allemand Volkswagen, reconnaît ne pas pouvoir assurer à 100 % que le cobalt qu’il utilise ne provient pas de ces mines, tant la chaîne est opaque. « De nombreux intermédiaires, souvent localisés en Chine, nous séparent des exploitations minières, concède Franziska Killiches, experte en chaîne d’approvisionnement durable du groupe. Grâce aux audits faits par une société tierce, nous pouvons remonter la chaîne jusqu’au Congo. En l’état actuel, on ne peut réaliser ces audits qu’une fois par an. On ne peut garantir que des matériaux issus des sites artisanaux n’arrivent pas dans notre circuit. »

De plus, le constructeur allemand tient, comme toute entreprise, à faire jouer la concurrence. La course aux profits vient compliquer la traçabilité des minerais : « Pour obtenir les prix les plus compétitifs, nos fournisseurs [NDLR : de cellules de batterie] changent de sous-traitants, et c’est aussi ce que nous voulons », admet-elle.

Dégâts environnementaux

Ainsi, le travail des enfants continue, et les accidents dus à des éboulements sont fréquents. En juin 2019, par exemple, Amnesty International rapportait qu’une quarantaine de mineurs artisanaux avaient été retrouvés morts à la suite de l’effondrement d’un tunnel. Ils cherchaient du cobalt dans une mine de Kolwezi exploitée par Kamoto Copper Company, propriété du géant suisse Glencore (2). Ce travail difficile et dangereux est aussi peu rémunérateur. Les mineurs artisanaux vendent le cobalt à des acheteurs principalement chinois. Ils dénoncent des transactions inéquitables et accusent les négociants de truquer leurs instruments de mesure qui déterminent le taux de cobalt contenu dans leurs sacs de minerais, dans le but de les payer moins chers.

D’autres problèmes sont également recensés par des ONG locales. De nombreux témoignages font état de délocalisations forcées par les industriels qui, après la découverte d’un filon, leur proposent en échange des indemnités dérisoires. En outre, la pollution de l’air et la poussière sont telles aux abords des mines que de nombreux cas de maladies pulmonaires sont constatés. Le sol et l’eau sont également si pollués qu’ils ne peuvent être exploités sans risque.

Le professeur Célestin Banza, directeur du département de toxicologie et de l’environnement de l’université de Lubumbashi, ne cesse de sensibiliser sur ces questions. « Si on ne gère pas correctement la pollution, les rivières seront pratiquement détruites, prévient-il. La plupart d’entre elles, dans la province du Grand Katanga, sont déjà affectées, et nous constatons la même chose au Kivu. Partout dans le pays, là où il y a de l’extraction des ressources minérales, il y a ce problème. Si on ne fait pas attention, le pays risque de devenir un scandale à la fois écologique et toxicologique. »

Beaucoup de ces cours d’eau se jettent dans le fleuve Congo qui traverse toute la RDC. Cette pollution affecte la pêche, l’agriculture, l’accès à l’eau potable, tandis que la forêt est rasée pour laisser place aux mines. Le « poumon de l’Afrique » s’asphyxie.

Une histoire qui se répète

Ce n’est pas la première fois que la RDC fait figure d’eldorado africain pour l’industrie automobile. Au début du XXe siècle déjà, alors colonie belge, le pays a été ravagé par les plantations d’hévéas afin de produire du caoutchouc, utilisé pour la fabrication de pneus. La photographe britannique Alice Seeley Harris, missionnaire baptiste, avait alors documenté le travail forcé et le massacre des Congolais réduits au rang d’esclaves. Un travail qui avait profondément choqué l’opinion publique et qui avait donné lieu à ce qui sera plus tard considéré comme la première campagne de défense des droits de l’homme.

Elle montrait au monde le vrai visage de la colonisation de l’« État indépendant du Congo », un nom ironiquement donné à ce territoire par la Belgique. Sa photo la plus célèbre montre un homme regardant la main et le pied sectionnés de sa petite fille. Une méthode utilisée massivement par les colons pour semer la terreur et forcer les populations à travailler.

Hévéas, cuivre, uranium… et maintenant cobalt. Le pays n’est plus une colonie belge, mais la violence sur les corps et la terre est toujours là, bien présente. Les intérêts occidentaux ont toujours représenté, et représentent encore, une manne financière gigantesque pour l’État. Mais elle ne profite guère à la population : que peut-on constater à part la misère, le travail dans des conditions indignes des enfants et des adultes, des infrastructures - écoles, hôpitaux, routes… - quasi inexistantes ? La RDC était le 14e pays le plus pauvre du monde, selon le rapport « Indice multidimensionnel de pauvreté 2022 » des Nations unies. Une situation encore plus criante à Kolwezi, une ville au sous-sol scandaleusement riche.

Pour une poignée de dollars

Une séquence m’a particulièrement heurtée. Tous les jours en fin d’après-midi, l’entreprise chinoise Commus déverse les stériles (des résidus de l’extraction) à l’extérieur de sa mine. Alors, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants, accrochés à cette pente boueuse, fouillent la terre à la recherche de quelques grammes de minerai. Chaque jour, ces personnes attendent l’arrivée de cette terre contenant trop peu de minerai pour être exploitée industriellement.

Surplombant la pente, les énormes camions font marche arrière, guidés par des employés qui n’ont pas un regard pour cet amas d’êtres humains qui attendent juste en dessous d’eux. Une énorme pierre à taille humaine jaillit tout à coup d’une des bennes et un mouvement de panique s’empare de la foule compacte, qui se divise précipitamment pour ne pas être blessée. Une fois la pierre passée, tout le monde s’empresse de reprendre la fouille de la terre, mu par l’espoir de gagner quelques dollars.

Alors que la caméra tourne encore, je rencontre un gamin de 8 ou 9 ans. Sur l’avant-bras, une blessure triangulaire incroyablement profonde et large. Sa peau noire de jais contraste avec la chair blanche de sa plaie, béante. Une grosse pierre lui était tombée dessus la veille, m’explique-t-il sans broncher, mais il est revenu quand même pour « travailler ». Sa famille ne pouvait pas lui payer de soins.

Aux abords de cette même mine, c’est tout un quartier dont les maisons se sont fissurées, voire effondrées à cause des détonations de la dynamite, utilisée pour permettre aux machines de s’enfoncer davantage dans la croûte terrestre. Des hommes nous racontent aussi qu’ils partent chaque nuit pour tenter de s’introduire illégalement sur des sites industriels afin d’obtenir leur part du gâteau. Mais les mines sont jalousement gardées par des hommes en armes.

Des décennies de pillage

Les conditions de vie des mineurs et la pollution ne sont pas les seuls fléaux du secteur minier congolais. Sous la présidence de Joseph Kabila (2001-2019), les investissements étrangers ont bénéficié de conditions plus qu’avantageuses, mais ont peu profité à l’État. Le secteur minier était à l’époque sous le joug de son bras droit et ami, Dan Gertler, un homme d’affaires aujourd’hui poursuivi pour corruption par le Trésor américain.

Ancien fleuron de l’industrie congolaise, dont les employés bénéficiaient d’une protection sociale et de logements de fonction, la Gécamines a été dépecée au fil des années (3). En 2022, l’entreprise publique n’a produit que 4 500 tonnes de cuivre, contre 476 000 en 1986. Pour l’ancien président du conseil d’administration, Alphonse Kaputo Kalubi, en poste fin 2021 après l’éviction d’Albert Yuma à la suite d’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) qui a mis au jour des millions de dollars envolés, la situation « très préoccupante » de l’entreprise n’est pas uniquement liée à une gestion calamiteuse.

« Les partenariats dans lesquels nous sommes actionnaires, malheureusement minoritaires, battent chaque année des records de production mais notre production propre n’arrive pas à se redresser, malgré les efforts et les plans successifs », a-t-il reconnu au Cap début février 2023 lors du salon African Mining Indaba. « Quand certains y voient une incohérence, nous pensons hélas que nous subissons principalement le résultat des choix passés, réalisés à la fin des années 1990 sous la tutelle de la Banque mondiale, qui ont notamment abouti à la libéralisation de notre législation et à la relance de la production du pays au prix de la cession quasi totale du patrimoine minier viable de la Gécamines dans des partenariats. »

Pots-de-vin

Mais le dossier Metalkol raconte une autre histoire. Le site des « rejets de Kolwezi » (4) reste l’un des plus juteux de la région. Ces rejets n’en ont que le nom et renfermeraient encore 300 000 tonnes de cobalt. Au début des années 2000, l’État congolais et Gertler avaient évincé, via la Gécamines, le canadien First Quantum, appuyé justement par la Banque mondiale, au profit de l’entreprise kazakhe ERG, à l’aide de pots-de-vin versés à des représentants de la justice congolaise.

Les 700 employés congolais de First Quantum avaient ainsi perdu leur emploi et, avec, l’accès aux soins et à d’autres avantages sociaux. Ce deal a également été pointé du doigt par l’IGF, selon laquelle le site minier aurait été sous-évalué au profit de Gertler.

À Kolwezi, la vaste mine désaffectée de la Gécamines a des airs de Far West. Partout, des cimetières, des pistons, d’énormes camions aux pneus crevés, un chemin de fer rouillé qui réapparaît ici et là à travers la poussière, tel un squelette de dinosaure. Quelques femmes sont entassées dans une cellule de fortune, une petite baraque attenante au poste de sécurité du site. Elles se sont fait arrêtées par les gardes pour avoir volé du minerai et sont enfermées depuis 24 heures déjà. Le responsable de la sécurité m’explique que la détention est de 48 heures maximum. Qui aurait cru qu’il y avait encore quelque chose à voler ici ?

Contrat du siècle

De la même manière, le terril de Lubumbashi, entouré d’un quartier délabré qu’occupaient autrefois les employés de cette entreprise à l’époque flamboyante, est également jalousement surveillé par des gardes armés de mitraillettes. Amnesty International et African Resources Watch ont par ailleurs rapporté plusieurs interventions musclées de l’armée congolaise à Kolwezi pour empêcher les mineurs d’accéder à des sites industriels.

Autre histoire de prédation à grande échelle, l’accord-cadre de plus de 6 milliards de dollars signé entre les gouvernements chinois et congolais en 2008, sous la présidence Kabila. Fruit de ce deal « minerais contre infrastructures », la Sino-Congolaise des mines (Sicomines), joint-venture créée entre la Gécamines (minoritaire à 32 %) et un groupement d’entreprises chinoises, exploite une immense mine de cuivre et de cobalt à Kolwezi. Le 15 février 2023, ce « contrat du siècle » a été épinglé par l’IGF, qui lui demande dans ses conclusions au moins 20 milliards de dollars. Car, si la mine a bien tenu ses promesses, rapportant 76 milliards de dollars à la partie chinoise, quasiment aucune infrastructure n’a vu le jour. « Rien n’a profité à la population », assurait le chef de l’État Félix Tshisekedi lors de l’African Mining Indaba.

Après plus d’un an de négociations, la Sicomines et le gouvernement congolais ont fini par trouver un premier accord afin de corriger cette situation pour le moins déséquilibrée : le groupement chinois devra verser dans l’immédiat un demi-milliard de dollars pour les projets d’infrastructures. Mais tout n’est pas encore réglé, loin de là.

L’élection du président Tshisekedi a marqué un tournant dans la politique minière au Congo, avec des renégociations de contrats et de partenariats. Mais celles-ci occasionnent de nombreux imbroglios judiciaires. Une autre entreprise chinoise, CMOC, exploitant l’une des plus grandes mines de cuivre et de cobalt du monde avec la Gécamines, encore minoritaire, menaçait en décembre 2022 de poursuivre l’État congolais. Le gouvernement lui reproche notamment d’avoir sciemment dissimulé les réserves réelles du site et a bloqué ses exportations depuis plus de six mois dans l’attente d’un accord.

Indépendance et souveraineté

La RDC semble ne plus se contenter d’être une simple variable d’ajustement pour les grandes puissances, tandis que les États-Unis et l’Europe cherchent plus que jamais à s’affranchir de la Chine, premier producteur mondial de cellules de batteries. Après des années de relations glaciales avec Joseph Kabila, l’administration Biden tente de replacer ses pions. En décembre 2022, le département d’État a signé un accord avec la RDC et la Zambie afin de stimuler les investissements privés américains et renforcer sa position sur le marché des batteries,  « de la mine à la ligne d’assemblage ».

L’Union européenne a, elle, présenté le 16 mars son Critical Raw Materials Act, qui prévoit notamment des partenariats internationaux variés afin de pallier toute dépendance à un seul pays. Dans la lignée de son projet industriel de batteries, l’UE souhaite aussi sécuriser son approvisionnement en misant sur la recherche et le développement, le recyclage et la réouverture de mines sur le sol européen. Cette dernière ambition se heurte cependant à plusieurs réalités.

« L’essor de l’exploitation minière en Europe est la conséquence des prix actuellement élevés, or ils vont se heurter au problème de la qualité des gisements, rappelle George Heppel. J’ai vu des projets miniers qui se vantaient d’avoir une teneur de cobalt de 0,08 %. Au Congo, certains gisements dans des exploitations artisanales peuvent contenir jusqu’à 3 ou 4 % de cobalt. Sur certains sites, vous pouvez même ramasser une pierre bleu-vert qui signifie qu’elle contient près de 10 % de cobalt. Vous ne trouverez pas cela en Europe. »

L’Europe et la France sur la pont

L’ouverture de mines en Europe pose aussi question d’un point de vue écologique. En Finlande, l’entreprise Terrafame, dont l’État est l’actionnaire majoritaire, vend près d’un tiers de la production de cobalt de son usine de Talvivaara au constructeur français Renault. Le pays, qui avec ses nombreux lacs constitue le plus grand réservoir d’eau douce d’Europe, a déjà eu, lui aussi, son « scandale toxicologique ». En 2012, une fuite sur ce site a provoqué le déversement de milliers de mètres cubes d’eau toxique dans la forêt et les cours d’eau environnants. Défenseurs de l’environnement, riverains et pêcheurs dénoncent encore aujourd’hui des fuites et des rejets toxiques.

Ce n’est donc pas un hasard si, lors de sa « tournée africaine » de mars 2023, le président français Emmanuel Macron n’a pas caché son intérêt pour les minerais congolais. Si sa visite visait principalement à « aider [la RDC] sur le plan sécuritaire et militaire », elle avait également d’autres motivations. « Nous assumons d’être là, y compris pour défendre nos intérêts économiques, expliquait-il le 4 mars dans un discours conjoint avec son homologue congolais. Ce n’est pas simplement la France mais la France et l’Europe, sur la base d’un partenariat équilibré et respectueux. […] Ces entreprises proviennent du secteur numérique jusqu’au domaine minier, dans lesquels nous souhaitons travailler avec vous pour bâtir un cadre de confiance qui permettra une exploitation au service des Congolais. »

Une collaboration entre la RDC et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a été annoncée dans la foulée pour aider à cartographier les immenses ressources du pays. Si d’autres accords dans divers secteurs ont aussi été conclus lors de cette visite, le rapport de force a toutefois changé. La position de Félix Tshisekedi est claire : « La Françafrique est dépassée. »

Un « scandale géologique »

La République démocratique du Congo est un « scandale géologique », comme ses habitants aiment à le rappeler parfois. Or, diamant, zinc, uranium, coltan, en plus du cuivre et du cobalt... La terre congolaise contient une richesse immense et inconnue, dont l’ingénieur Léonide Mupepele Monti, auteur d’un livre sur le secteur minier congolais (5), estimait la valeur à plus de 3 700 milliards de dollars en se basant sur les réserves identifiées à fin 2011, tous minerais confondus. Combien reste-t-il à découvrir dans ce sol si l’on pense aux mots du président Félix Tshisekedi début février 2023 au Cap, qui assurait lors de l’African Mining Indaba, la grand-messe de l’industrie minière, que seuls « 19 % du territoire national » avaient été explorés à ce jour ?

Notes

1- Le guide de l’OCDE pour une conduite responsable des entreprises définit le devoir de diligence comme « un processus que les entreprises devraient mettre en œuvre pour identifier, prévenir et atténuer les impacts négatifs réels et potentiels de leurs activités, de leur chaîne d’approvisionnement et de leurs relations d’affaires, mais aussi pour rendre des comptes sur la manière dont ces impacts sont traités ».

2- Le trader est poursuivi pour corruption par la justice américaine.

3- La Gécamines est l’héritière de l’Union minière du Haut Katanga belge, créée à la toute fin des années 1960.

4- Les rejets miniers sont les déchets d’une exploitation qui peuvent être retraités, notamment grâce à des technologies plus récentes, afin d’en extraire du minerai.

5- Léonide Mupepele Monti, L’industrie minérale congolaise, chiffres et défis, Tome 1, L’Harmattan RDC, 2012, 322 pages.

Louise Rozès Moscovenko

Louise Rozès Moscovenko est journaliste, spécialisée des questions environnementales et énergétiques. Elle est la coautrice de Cobalt, l’envers du rêve électrique, 2022.

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