Endossé par 52 organismes, ce mémoire présente trois recommandations stratégiques pour maintenir et renforcer le financement du ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF), assurer la pérennité du programme Québec sans frontières (QSF) et garantir la stabilité du Programme de coopération climatique internationale (PCCI).
L’AQOCI démontre que chaque dollar investi génère 15 $ de retombées économiques, soit une contribution annuelle de 103 M$ au PIB du Québec.
« Dans un monde en transformation rapide, le maintien de l’engagement international du Québec est un investissement dans notre avenir, notre résilience et notre influence », affirme Michèle Asselin, directrice générale de l’AQOCI. « Les 73 organismes membres de l’AQOCI, présents dans 14 régions du Québec et actifs dans 91 pays, constituent une infrastructure unique au service du rayonnement international du Québec. »
Trois recommandations stratégiques pour le budget 2026-2027
1. Maintenir et renforcer le financement du MRIF
L’AQOCI recommande au gouvernement du Québec de reconnaître la coopération internationale comme un investissement à fort rendement économique et un levier de stabilité. Le réseau québécois d’organismes de coopération internationale (OCI) constitue un double effet de levier pour les entreprises et institutions québécoises souhaitant développer des partenariats durables et éthiques, notamment en Afrique.
2. Assurer la pérennité du programme Québec sans frontières (QSF)
Le programme QSF représente un investissement stratégique dans la jeunesse québécoise et l’expertise des régions. Il forme une relève dotée de compétences interculturelles, linguistiques et professionnelles recherchées par les employeurs. Par exemple, le Carrefour de solidarité internationale maintient des partenariats avec 17 écoles secondaires de l’Estrie, sensibilisant ainsi environ 3 000 jeunes par année aux relations internationales et à la participation citoyenne.
Toutefois, les récentes coupures ont des conséquences directes sur de nombreuses
organisations. Pour Médecins du Monde, elles ont entraîné l’arrêt de services essentiels
en santé mentale en Haïti et affaibli la capacité de l’organisation à répondre aux crises.
3. Garantir la stabilité du Programme de coopération climatique internationale (PCCI)
Reconnu par l’ONU en 2019 par le Prix de l’action climatique mondiale, le PCCI permet au Québec de positionner son expertise en énergie propre et adaptation climatique. Par exemple, le CECI gère des fonds qui ont permis à des populations vulnérables d’Haïti, du Burkina Faso, du Niger et du Rwanda d’améliorer leurs conditions de vie par la restauration de terres dégradées, en collaboration avec des entreprises québécoises comme Viridis Terra et GECA.
Des retombées concrètes au Québec et à l’international
Le réseau d’OCI québécois maintient des compétences professionnelles diversifiées dans 14 régions et contribue au dynamisme économique et social des collectivités. Au Québec, plus de 20 000 jeunes sont sensibilisés annuellement aux enjeux de justice sociale et de développement durable. Pour le CIBLES, cet investissement se traduit par le
maintien d’emplois qualifiés au Bas-Saint-Laurent, plus de 200 activités éducatives et des
partenariats avec près de 70 partenaires locaux. Pour l’UPA DI, il permet le maintien
d’une trentaine d’emplois et la participation d’une centaine d’expertes et d’experts
québécois dans les secteurs agricole et agroalimentaire.
À l’international, les impacts sont tout aussi significatifs.
En Haïti, grâce au programme Québec sans frontières, Santé Monde mobilise plus de 100 000 personnes pour prévenir les violences basées sur le genre et renforcer l’accès à des services de santé et psychosociaux. En République démocratique du Congo, avec le soutien du PCCI, plus d’un million de personnes bénéficient d’un accès amélioré aux soins grâce à un partenariat avec une entreprise québécoise d’électrification solaire. En Côte d’Ivoire, les interventions de Carrefour international ont renforcé durablement la structuration communautaire à travers la fédération régionale ANOUAZE, qui regroupe 1 185 membres majoritairement des femmes. L’appui à des initiatives agroécologiques a permis à 320 personnes, principalement des femmes et des jeunes, de développer des activités génératrices de revenus adaptées aux changements climatiques.
« Ces trois investissements stratégiques permettront au Québec de continuer à jouer un rôle influent sur la scène internationale, de soutenir le dynamisme économique de ses régions et de former une génération de jeunes ouverts sur le monde », conclut Michèle Asselin. L’AQOCI invite le gouvernement du Québec à agir pour garantir la pérennité de
ces programmes essentiels.
Le mémoire complet est disponible en ligne.
Michèle Asselin, directrice générale
Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
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