Selon le rapport analytique publié par la FPPE-CSQ, le réseau a perdu 499 postes professionnels en 2024-2025 : un recul historique qui dépasse les coupes d’austérité de 2015. L’année précédente, les données officielles du ministère (PERCOS) faisaient déjà état d’une diminution de 301 équivalents temps plein (ETP), la plus importante en 25 ans. Plus inquiétant encore, 82 % de cette baisse d’ETP est constituée de services directs aux élèves qui agissent en prévention, en santé mentale et en soutien aux élèves en difficulté. Quelque 449 postes demeurent actuellement vacants sur le tableau de bord du ministère, notamment en psychoéducation, en orthophonie et en psychologie.
« Simplifier peut sembler une bonne idée. Mais simplifier pour qui ? Pour les gestionnaires, peut-être. Pour les élèves, rien n’est moins sûr. Enlever des balises, sans mesure concrète pour assurer l’équité d’accès, ce n’est pas simplifier le réseau : c’est fragiliser les services. » — Carolane Desmarais, présidente de la FPPE-CSQ
La FPPE craint que la disparition de mesures budgétaires ciblées, combinée à une plus grande autonomie locale, n’entraîne des écarts importants entre les milieux. Sans balises nationales, l’accès aux services variera d’une école à l’autre. Non plus seulement entre le public et le privé, mais à l’intérieur même du réseau public. Ce sont les élèves les plus vulnérables qui en feront les frais.
La Fédération rappelle que l’accès aux services éducatifs complémentaires est un droit reconnu par la Loi sur l’instruction publique (LIP, art. 1). En déléguant davantage aux centres de services scolaires sans encadrement minimal, le MEQ se décharge d’une obligation qui lui revient.
« On se préoccupe beaucoup de la montée de la violence dans les écoles présentement, et avec raison. Il existe même une mesure budgétaire dédiée à la prévenir qui était protégée dans le budget. Cette mesure va tomber quand même. C’est pourtant grâce à l’expertise du personnel professionnel que les milieux peuvent agir en prévention et inverser la tendance. » — Carolane Desmarais, présidente de la FPPE-CSQ
La FPPE demande au MEQ d’assortir la réforme d’engagements concrets : un seuil minimal de services professionnels garanti nationalement, un financement stable et prévisible pour les postes professionnels, et une reddition de comptes sur l’équité des services offerts d’une école à l’autre.
« Le réseau doit gagner en souplesse, mais pas à un moment où les ressources sont déjà en chute. Et certainement pas sans s’assurer que chaque élève, peu importe son école, aura accès aux services auxquels il a droit. » — Carolane Desmarais, présidente de la FPPE-CSQ
La FPPE-CSQ demande la mise en place d’un mécanisme d’encadrement qui permettrait d’accompagner la réforme sans compromettre l’équité des services aux élèves.


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