Tiré de Entre les lignes et les mots
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11 août 2026
Quatre ans après la décision de la Cour suprême annulant l’arrêt Roe v. Wade et le droit fédéral à l’avortement, le taux d’avortement a en réalité augmenté.
Selon laSociety of Family Planning, on comptait en 2022 80 000 avortements par mois aux États-Unis ; au premier semestre 2025, ce chiffre était passé à 99 000. Cette augmentation, malgré les interdictions et autres restrictions, est révélatrice. Elle s’accompagne de progrès en matière de soins de santé reproductive, notamment la généralisation de l’avortement médicamenteux, souvent obtenu par télémédecine. Au cours du premier semestre 2025, par exemple, 27% des avortements ont été pratiqués par télésanté.
Néanmoins, treize États ont imposé des interdictions totales de l’avortement, et sept autres ont mis en place des interdictions partielles. Ces mesures ont entraîné des difficultés, voire parfois des décès. Malgré ces conséquences, les attaques contre l’accès à l’avortement se poursuivent. En réponse, les organisations qui soutiennent les femmes souhaitant avorter se sont multipliées, recourant à toute une gamme de méthodes, allant des campagnes législatives aux fonds d’aide à l’avortement qui collectent des fonds, organisent le transport et allègent de diverses manières le fardeau de celles qui tentent de mettre fin à leur grossesse.
Dans cette optique, il est utile de prendre un peu de recul et d’examiner comment nous avons obtenu pour la première fois le droit à l’avortement légal à l’échelle nationale : quels groupes existaient et quelles stratégies et tactiques ils ont mises en œuvre. Tout cela n’est pas forcément applicable aujourd’hui, mais cette histoire recèle des enseignements pour celles et ceux qui se battent pour reconquérir le droit à l’avortement. Cet article se concentrera sur un groupe en particulier : la Women’s National Abortion Action Coalition, connue sous le nom de WONAAC, dont j’étais un membre active.
Le monde avant l’arrêt Roe
Comprendre le contexte auquel les femmes étaient confrontées avant 1973 permet de mieux saisir ce qui animait les militantes pour le droit à l’avortement. Celles d’entre nous qui faisaient partie de « Boston Female Liberation », par exemple, étaient confrontées à une situation particulièrement réactionnaire. Le Massachusetts disposait d’une loi vieille de 124 ans, la loi sur les crimes contre la chasteté, la moralité, la décence et le bon ordre, qui non seulement interdisait la quasi-totalité des avortements, mais empêchait également les femmes célibataires d’obtenir des informations sur la contraception — sans parler des contraceptifs eux-mêmes —, même auprès de médecins agréé·es. Le seul moyen d’obtenir un avortement légal dans cet État était d’obtenir l’accord d’au moins deux médecins, dont un·e psychiatre, attestant que mener la grossesse à terme causerait un préjudice physique ou mental grave.
Les faits révèlent une réalité crue. Selon l’Institut Guttmacher, en 1965, le nombre de décès dus à des avortements illégaux était tombé à un peu moins de deux cent — mais les avortements illégaux représentaient encore 17% de l’ensemble des décès attribués à la grossesse et à l’accouchement cette année-là. À New York, au début des années 1960, un décès sur quatre lié à l’accouchement chez les femmes blanches était dû à un avortement ; chez les femmes noires et portoricaines, ce chiffre s’élevait à un sur deux.
« Le Massachusetts disposait d’une loi vieille de 124 ans qui non seulement interdisait la quasi-totalité des avortements, mais empêchait également les femmes célibataires d’obtenir des informations sur la contraception, même auprès de médecins agréé·es. »
La question de l’avortement était au cœur de la nouvelle vague de féminisme qui a éclaté à la fin des années 1960. En août 1970, cinquante mille femmes ont défilé à New York, tandis que des actions étaient menées dans quatre-vingt-dix autres villes, marquant ainsi l’émergence publique du mouvement de libération des femmes. La Grève des femmes pour l’égalité formulait trois revendications : l’avortement gratuit sur simple demande et l’interdiction de la stérilisation forcée ; des crèches gratuites, gérées par la communauté et ouvertes 24 heures sur 24 ; et l’égalité des chances dans l’emploi et l’éducation.
Pour les féministes que nous étions au sein de Boston Female Liberation, l’avortement était une question centrale. Nous savions que sans le contrôle de nos corps, nous ne pourrions jamais contrôler nos vies. L’article « L’avortement : une perspective féministe » a été publié en 1971 dans le magazine de Female Liberation, *The Second Wave*. Nancy Williamson y écrivait :
Nous pouvons continuer à mourir à cause d’avortements clandestins, à mettre au monde des enfants non désiré·es et à subir la culpabilité, la souffrance et la stigmatisation sociale que ce gouvernement nous impose. Ou bien nous pouvons dès maintenant mobiliser toutes nos forces pour faire évoluer les lois dans chaque État du pays. Ce n’est pas nous qui avons choisi la question de l’avortement. C’est elle qui nous a choisies.
« Mille femmes contre le Connecticut »
La WONAAC est né de la campagne menée dans le cadre de l’affaire « Women vs. Connecticut ». Les plaignantes dans cette affaire — plus d’un millier de femmes — avaient pour objectif de faire annuler la loi oppressive de l’État, qui, à l’époque, n’autorisait l’avortement que lorsque cela était nécessaire pour préserver la vie de la mère. Les femmes qui avortaient, ainsi que toute personne qui pratiquait un avortement ou aidait une femme à s’y faire avorter, risquaient une peine d’emprisonnement ou une amende.
Une brochure de mobilisation de « Women vs. Connecticut » datant de 1970 décrivait l’objectif de l’action en justice :
« Women vs. Connecticut » n’a pas choisi de tenter de faire évoluer la loi parce que nous croyons au pouvoir de la loi pour parvenir à la libération des femmes, ni même parce que nous sommes convaincues qu’une fois la loi déclarée inconstitutionnelle, toutes les femmes qui en ont besoin pourront avoir accès à l’avortement dans le Connecticut. Nous considérons que faire évoluer la loi n’est qu’une première étape nécessaire pour rendre ces choses possibles.
Les femmes impliquées ont compris la nécessité d’attirer l’attention nationale sur les nombreux combats menés à l’échelle de l’État à l’époque.
Abroger, pas réformer
La WONAAC a tenu sa première conférence nationale à New York en 1971. L’appel à la conférence proclamait : « Abrogez toutes les lois sur l’avortement ; non à la stérilisation forcée ; non aux lois sur la contraception ; l’avortement : le droit des femmes à choisir ». Soulignant le caractère central de la question de l’avortement, il précisait :
Nous estimons que toutes les lois qui restreignent le droit des femmes à l’avortement nous privent de l’un de nos droits les plus fondamentaux : le droit de disposer de notre propre corps, le droit de disposer de notre vie. Les lois restrictives sur l’avortement constituent le fondement du meurtre légalisé de milliers de femmes chaque année. Nous défendons le droit de chaque femme à décider elle-même si elle souhaite ou non avoir des enfants. Nous appelons toutes les femmes à se joindre à nous pour une conférence nationale des femmes sur l’avortement qui lancera une puissante campagne d’action nationale en faveur de l’abrogation de toutes les lois sur l’avortement.
Avec la participation d’un millier de femmes venues de vingt-trois États et de 253 organisations, la conférence a adopté une campagne nationale visant l’abrogation de toutes les lois sur l’avortement, comprenant des actions législatives, des actions en justice, des prises de parole de femmes et des manifestations.
Le programme de la conférence comprenait un rassemblement d’ouverture, une séance plénière de clôture et de nombreux ateliers. Une proposition émanant des femmes du Tiers-Monde — l’une des nombreuses propositions adoptées par la conférence — stipulait :
La lutte contre la stérilisation forcée et les programmes de contrôle démographique s’inscrit dans ce combat pour le contrôle de nos propres corps. La campagne visant à abolir les lois sur l’avortement est l’un des meilleurs moyens de lutter contre la stérilisation forcée, car l’absence d’avortement légal est utilisée depuis des années pour contraindre les femmes à se faire stériliser. Dans le cadre de cette campagne, nous lutterons également contre les lois racistes proposées dans certains États, qui stipulent que les mères bénéficiaires de l’aide sociale doivent être stérilisées après avoir eu un certain nombre d’enfants. NOUS SOMMES CONTRE LA STÉRILISATION FORCÉE ET LA MATERNITÉ FORCÉE. C’EST LE DROIT DE CHAQUE FEMME DE CHOISIR.
À l’issue de la conférence, des manifestations ont eu lieu à Washington, DC, et à San Francisco le 2 novembre 1971, rassemblant trois mille personnes dans chaque ville. La Dr Barbara Roberts, directrice nationale de projet au sein de la WONAAC, a ouvert le rassemblement de Washington par un discours. « Le 20 novembre restera dans l’histoire », a-t-elle déclaré, « car pour la première fois, des foules de femmes se sont rassemblées pour dire sans ambiguïté à ce gouvernement que nous ne tolérerons plus les lois qui dégradent, mutilent et assassinent les femmes. »
Nous savons que sans le droit de disposer de notre propre corps — c’est-à-dire de décider si et quand nous aurons des enfants —, nous ne pourrons jamais être maîtres de notre propre vie.
Une autre campagne menée par la WONAAC concernait la défense de Shirley Wheeler. En 1971, Mme Wheeler, une habitante de la Floride de vingt-trois ans, fut condamnée pour homicide involontaire pour avoir avorté — elle fut la première femme aux États-Unis à être condamnée pour ce chef d’accusation. Le tribunal a rejeté sa demande de nouveau procès et l’a condamnée à deux ans de mise à l’épreuve. Le jour du prononcé de sa peine, Shirley Wheeler a déclaré : « Ce n’est pas moi la criminelle ; c’est l’État. » La WONAAC a lancé une pétition en sa faveur, et des manifestations ont été organisées dans plusieurs villes pour la défendre. Nancy Stearns, avocate au Center for Constitutional Rights, a pris en charge le dossier de Shirley Wheeler et a souligné son importance lors de la première conférence nationale de la WONAAC. Cette affaire est devenue un exemple criant des conséquences de la criminalisation de l’avortement et un cri de ralliement pour l’abrogation des lois injustes qui nous privaient du droit de disposer de notre propre corps.
La deuxième conférence nationale de la WONAAC, qui s’est tenue en février 1972 à Boston, a rassemblé 1 300 femmes. L’appel à la conférence soulignait l’intensification des attaques menées par les forces anti-avortement :
La réponse de toutes les femmes face à ces attaques contre le droit de chaque femme à disposer librement de son corps doit être de s’unir avec encore plus de force et de détermination, d’élaborer un programme d’action par le biais des tribunaux, des assemblées législatives et de nos mobilisations continues dans les rues de tous les pays du monde, afin d’obtenir l’abrogation totale de toutes les lois anti-avortement et restrictives en matière de contraception, de mettre fin à la stérilisation forcée et de faire reconnaître l’avortement comme un droit de choix pour chaque femme.
Afin d’impliquer le plus grand nombre possible de femmes avant le rassemblement, la WONAAC a ouvert son bulletin d’information à des discussions et débats pré-conférence sur les stratégies à adopter pour obtenir l’abrogation des lois sur l’avortement.
La conférence a voté en faveur de l’organisation d’une « Semaine d’action pour l’avortement » en ma 1972. La résolution adoptée stipulait notamment :
Nous estimons que cette proposition permet un maximum de souplesse, de créativité et d’initiative au niveau local, tout en conservant la dimension nationale qui est si importante si nous voulons toutes obtenir le droit à l’avortement. Tant que des lois restrictives sur l’avortement resteront en vigueur, nous savons que les victoires partielles remportées dans certains États isolés seront vulnérables aux attaques et qu’au moins certaines de nos sœurs continueront d’être contraintes de subir des avortements dangereux, humiliants et illégaux. Nous voulons mener une campagne si puissante et si convaincante que les femmes de chaque communauté et de chaque État auront la possibilité de recourir à un avortement sûr et légal, auront accès à des moyens de contraception fiables et n’auront jamais à craindre une stérilisation forcée.
Le 6 mai 1972 a marqué le point culminant de la « Semaine d’action pour l’avortement ». Douze manifestations ont eu lieu à travers le pays, de New York, où 1 500 personnes ont défilé, à Sacramento, où 250 se sont rassemblées.
En juillet 1972, la WONAAC a tenu sa troisième conférence nationale à New York. Réunissant huit cents femmes, la conférence a décidé de mettre en place un Tribunal international sur l’avortement, la contraception et la stérilisation forcée. Pour promouvoir ce tribunal, le bulletin d’information de la WONAAC déclarait :
Le Tribunal dira la vérité. Nous dirons : « Finies les souffrances en silence ! Finie la peur de revendiquer les droits qui nous reviennent ! » Le Tribunal dissipera les mythes entourant l’avortement, la contraception et la stérilisation forcée, et donnera la parole aux millions de femmes qui souffrent quotidiennement des lois qui régissent nos systèmes reproductifs.
Quelque six cents personnes ont assisté à l’événement organisé à la prestigieuse Town Hall de New York le 10 mars 1973. Le tribunal comptait parmi ses juges Florynce Kennedy, célèbre féministe radicale, avocate et militante des droits civiques.
Le caractère international du tribunal a été souligné par la présence de femmes venues de France, parmi lesquelles une dirigeante de l’association française de défense du droit à l’avortement « Choisir ». Les débats eux-mêmes étaient saisissants : des témoignages de femmes racontant leur expérience de l’avortement côtoyaient ceux de médecin·es, d’avocat·es, d’élu·es et de personnalités religieuses. Barbara Mutnick a contribué à l’organisation du tribunal. Lorsque je l’ai interviewée en 2025, elle se souvenait : « Ce fut une expérience tellement émouvante ; c’était comme du théâtre, très percutant. »
Pourquoi les trois conférences de la WONAAC organisées avant la décision de la Cour suprême de 1973 ont-elles toutes appelé à l’« abrogation » plutôt qu’à la « réforme » des lois sur l’avortement ? Dans un article paru dans le numéro du 9 août 1972 du Guardian, l’hebdomadaire radical américain, Cindy Cisler, de l’association New Yorkers for Abortion Law Repeal, expliquait : « En aucun cas la réforme n’a conduit à l’abrogation : au contraire, elle a tellement amadoué une grande partie de la population que les efforts visant à obtenir l’abrogation ont été freinés dans ces États. »
Comment l’arrêt Roe a été obtenu
En janvier 1973, l’avortement a été légalisé à l’échelle nationale suite à la décision de la Cour suprême dans l’affaire Roe v. Wade — une immense victoire obtenue grâce à l’action des féministes. Le 2 février 1973, la WONAAC a organisé un rassemblement et un forum à New York afin de « comprendre la portée de la décision de la Cour suprême et de célébrer cette formidable victoire pour les femmes ». S’exprimant lors de ce forum, la Dr Barbara Roberts a souligné l’évolution des mentalités qui avait contribué à cette décision :
Aucune instance politique ne prend de décision en vase clos. L’opinion publique sur l’avortement n’a changé que lorsque des féministes se sont levées en public pour affirmer que l’avortement était notre droit. Cette victoire n’a pas été remportée en travaillant discrètement dans les coulisses. Elle n’a pas été remportée en refusant d’affronter nos adversaires. Elle n’a pas été remportée parce que quelques personnalités influentes étaient d’accord avec nous, mais parce que nous avons convaincu des millions de personnes que nous avions raison.
La décision de la Cour suprême a confirmé que l’avortement était un droit constitutionnel fondamental, en partant du principe que le droit à la vie privée inclut le droit d’interrompre une grossesse non désirée. Au cours du premier trimestre — jusqu’à la douzième semaine de grossesse —, aucune restriction ne pouvait être imposée à l’avortement. Au cours du deuxième trimestre, les femmes étaient tenues de se faire avorter dans un hôpital. Au cours du dernier trimestre, les États pouvaient interdire l’avortement, sauf lorsque la vie ou la santé de la femme était en danger.
Notant que cette décision ne déclarait pas l’avortement comme un droit absolu, la WONAAC écrivait dans son bulletin d’information de février-mars 1973 que « c’est là l’aspect majeur de la décision avec lequel le mouvement pour le droit à l’avortement est en désaccord ». Résumant cette victoire, le bulletin poursuivait :
Avec la décision de la Cour suprême sur l’avortement, les femmes aux États-Unis ont franchi une étape majeure vers la maîtrise de notre corps et de notre vie. Il nous reste encore beaucoup à faire, mais notre victoire de cet hiver 1973 devrait nous donner la confiance nécessaire et prouver à tous que nous avons le pouvoir d’aller bien plus loin.
Aujourd’hui, cinquante-trois ans après l’arrêt Roe v. Wade, le débat autour de cette décision fait désormais partie intégrante de la lutte pour l’accès à l’avortement. Certaines militantes affirment que l’arrêt Roe n’est pas allé assez loin, qu’il s’agissait d’un compromis ; d’autres soutiennent que Roe a légalisé l’avortement, mais que la légalisation sans accès à la pratique ne suffit pas. À mon avis, ce point de vue est ahistorique. Aucune réforme ne va jamais assez loin ; toutes sont, dans une certaine mesure, des compromis. Mais en 1973, l’arrêt Roe v. Wade a constitué un pas en avant majeur dans une lutte qui se poursuit. Celles d’entre nous qui étions engagées au sein de la WONAAC n’avons jamais dit que la lutte était terminée en 1973. Nous la considérions comme un combat permanent.
La lutte reste nationale
L’un des éléments clés de la lutte qui a conduit à la légalisation de l’avortement — lutte dans laquelle la WONAAC a joué un rôle important — était sa dimension nationale. L’une des conséquences de l’arrêt Dobbs est que les lignes de front se dessinent désormais État par État, une situation à laquelle les militantes pour le droit à l’avortement ont dû s’adapter. Ce terrain nous a été imposé, et il place le mouvement dans une position plus difficile.
Les défis à venir sont de taille, et nous devons rester vigilantes. Les tentatives visant à restreindre l’avortement médicamenteux se poursuivent. La mifépristone reste disponible par télésanté suite à une décision de la Cour suprême du 14 mai 2026 — mais cette décision n’est qu’une pause dans la procédure judiciaire.
Les fronts sont nombreux dans ce combat : lever les interdictions étatiques, garantir un accès total à l’avortement médicamenteux, lever les restrictions sur la télémédecine, résister aux tentatives de criminalisation de l’avortement, dénoncer les « fausses cliniques », et bien d’autres encore. Mais nous ne devons pas perdre de vue l’enjeu national. Nous savons que sans le droit de disposer de notre propre corps — de décider si et quand nous aurons des enfants —, nous ne pourrons jamais disposer de nos propres vies.
Nancy Rosenstock, 8 aout 2026
Nancy Rosenstock est une militante socialiste et féministe de longue date. Elle a été membre du mouvement « Boston Female Liberation » et a fait partie de l’équipe nationale de la « Women’s National Abortion Action Coalition ». Elle est l’auteure de *Inside the Second Wave of Feminism : Boston Female Liberation, 1968–1972, An Account by Participants*.
https://jacobin.com/2026/08/feminist-movement-abortion-choice-roe
Traduit par DE
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