Édition du 7 avril 2026

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Action communautaire autonome

La ministre LeBel impose 700 000$ de coupures aux centres d'éducation populaire de Montréal

Nancy Neamtan et Gérald Larose seront juges dans un tribunal populaire en soutien aux CEP qui luttent pour leur survie.

MONTRÉAL, le 25 mars 2026 - Le 18 mars dernier, la ministre Lebel promettait au salon rouge de trouver une solution fructueuse à la situation des Centres d’éducation populaire (CEP). Cette solution s’est finalement fait connaître le 24 mars par voie de lettre adressée aux CEP. À une semaine de la fin de l’année financière, la ministre n’accorde que 1.1M$ sur un montant total réclamé de 1.8M$ par l’alliance des six CEP (InterCEP). La ministre exige en outre que malgré ces fonds insuffisants, les CEP devront privilégier le versement de loyers au Centre de services scolaires de Montréal CSSDM plutôt que d’honorer leurs responsabilités locatives en ce qui a trait à l’entretien du bâtiment. Ces coupures de 700 000$ se traduiront donc par un déficit d’entretien accru pour les bâtiments publics occupés par les CEP et par des coupures d’activités pourtant reconnues comme essentielles par le MEQ.

De plus, les conditions du financement promis par la ministre risquent de complexifier la progression des dossiers des CEP à la Cour Supérieure, poursuivis par le CSSDM. En effet, les ordonnances de sauvegarde dans les dossiers du CÉDA et du CSCS n’imposaient pas le versement d’un loyer complet en l’absence d’un financement suffisant de la part du MEQ. Par son geste, la ministre LeBel envenime une situation dont elle a pourtant la clé, à savoir un financement suffisant prévisible et récurrent pour l’entretien des bâtiments dont les CEP sont locataires.

Le 26 mars, les CEP organisent leur riposte et invitent la population à se mobiliser au centre Lorne (2390 rue Ryde), à compter de 10h30. Cette mobilisation, qui prendra la forme d’un tribunal populaire dont Nancy Neamtan et Gérald Larose seront juges, soulignera l’importance d’obtenir un financement public et récurrent.

Les CEP se mobilisent depuis plus de dix ans pour faire reconnaître leurs besoins locatifs particuliers auprès du MEQ et du CSSDM. En effet, après les coupures imposées par le MEQ à l’ancienne commission scolaire en 2015, celle-ci avait refilé la note aux organismes communautaires qu’elle logeait. Malgré une promesse du ministre libéral Sébastien Proulx d’accorder aux CEP un financement suffisant et récurrent pour couvrir l’ensemble de leurs dépenses reliées à l’entretien de l’immeuble, cette proposition ne s’est jamais concrétisée. La solution revendiquée par InterCEP est pourtant simple et peu coûteuse : InterCEP réclame la création d’une enveloppe de moins de 2M$ sur un budget ministériel de 20G$.

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