Manifestement, François Legault aime bien s’immiscer dans le processus de la négociation des conventions collectives des salarié.e.s syndiqué.e.s des secteurs public et parapublic. S’immiscer non pas en vue d’améliorer réellement les conditions de travail et de rémunération de l’ensemble des personnes qui oeuvrent dans ces deux secteurs essentiels à notre qualité de vie en société, mais uniquement pour la faire délibérément traîner en longueur et rappeler que « la capacité de payer des contribuables est limitée ». Il s’agit là d’une vieille rengaine qui est servie par les porte-parole gouvernementaux aux syndiqué.e.s des secteurs public et parapublic, depuis plus de cinquante ans. Il n’y a que les salarié.e.s syndiqué.e.s de certains secteurs identifiés comme prioritaires par le gouvernement caquiste qui méritent une augmentation salariale « différenciée ». Pour ce qui est des autres, le gouvernement Legault offre un ridicule 9% d’augmentation salariale pour les cinq prochaines années. En ce qui a trait aux conditions de travail, nous verrons au terme du présent exercice de rencontres en face à face entre les comités patronaux de négociation et les syndicats, si ces conditions de travail iront en s’améliorant ou, comme c’est le cas depuis trop d’années, en se détériorant…
En parlant d’une grève possible pour le 31 octobre, François Legault brandit un épouvantail. Il évoque à tort la possibilité d’un désordre. Sur quelle base François Legault a-t-il fait cette sortie ? Il l’a avoué lui-même : sur la base d’une « rumeur ». En attirant l’attention des journalistes sur un murmure sans fondement véritable, François Legault essaie de détourner le regard des professionnel.le.s de l’information et de la population de ses offres inacceptables à ses salarié.e.s syndiqué.e.s. Il se présente devant l’opinion publique comme celui qui veut s’imposer en tant que défenseur et protecteur en chef de la population de la province. Plutôt que de jouer à celui qui prête foi aux rumeurs François Legault devrait inviter la présidente du Conseil du trésor à négocier avec diligence avec les porte-parole des 600 000 salarié.e.s syndiqué.e.s des secteurs public et parapublic du Québec qui sont à environ 75% des femmes.
Il n’y a aucune raison pour que les salarié.e.s syndiqué.e.s et les autres salarié.e.s qui participent au marché de travail n’obtiennent pas la pleine protection de leur pouvoir d’achat. Toute érosion de la valeur de la prestation de travail correspond, selon nous, à une arnaque.
Petit rappel historique, c’est lors de la négociation de 1979 que le gouvernement du Québec est parvenu à s’attaquer à la clause d’indexation qui était prévue dans les conventions collectives des salarié.e.s syndiqué.e.s des secteurs public et parapublic. Depuis, il n’est pas arrivé souvent que les augmentations paramétriques imposées unilatéralement ou négociées se situent au-delà de l’indexation.
Pour conclure
Ce n’est qu’au terme de la présente ronde de négociation qu’il nous sera possible de dire si nous avons assisté à un affrontement du type « Les salarié.e.s syndiqué.e.s contre l’État » ou l’inverse, c’est-à-dire « L’État contre les salarié.e.s syndiqué.e.s ».
À suivre…
Yvan Perrier
22 octobre 2023
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[1] Grève générale illimitée qui serait précédée de « séquences de grève ».




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