Féminicides : l’inaction gouvernementale tue
– Dix féminicides en moins de cinq mois au Québec.
– Dix femmes assassinées, dont neuf par un conjoint ou ex-conjoint violent.
– Dix familles brisées. Des enfants orphelins. Des proches endeuillés.
Ces morts ne sont pas des tragédies imprévisibles. Elles sont le résultat direct de choix politiques, d’une inaction répétée de l’État et d’un sous-financement chronique des ressources dédiées à la prévention et à la protection des femmes.
Qu’attend le gouvernement pour agir concrètement ?
Combien de femmes devront encore mourir avant la mise en place de mesures structurantes, durables et contraignantes ?
Combien d’alertes faudra-t-il encore pour que la sécurité des femmes devienne une véritable priorité politique, au-delà des discours de circonstance ?
Aujourd’hui, une lettre signée par des femmes fréquentant notre organisme a été remise en main propre au bureau de notre député. Après dix féminicides, il était impératif d’intensifier nos actions. Le silence et l’attentisme ne sont plus acceptables.
Dans notre territoire, faute de maison d’hébergement ou par manque de places disponibles, notre centre de femmes a accompagné cette année 40 femmes victimes de violence conjugale ou post-séparation. Quarante femmes vivant avec des traumatismes, de la peur et des conséquences qui les marqueront parfois toute leur vie. Cet accompagnement repose sur seulement deux intervenantes. Deux femmes qui portent une charge humaine immense, dans un contexte d’épuisement chronique et de sous-financement structurel.
Agir maintenant
Soyons claires : tant que des femmes continueront d’être assassinées, nous continuerons de nous mobiliser. Nous continuerons de dénoncer publiquement l’inaction gouvernementale. Nous exigerons des changements profonds au système de justice, qui échoue trop souvent à protéger les femmes malgré des signaux clairs de danger. Nous réclamerons des investissements majeurs, récurrents et adéquats dans les organismes communautaires œuvrant en prévention, en accompagnement et en protection des victimes de violence.
Depuis quelques semaines, notre organisme participe à une mobilisation régionale lors de chaque féminicide. À chaque nouvelle tragédie, une chaise blanche sera déposée à côté de notre monument. Ce symbole deviendra un marqueur fort de notre région. Nous invitons la population et les commerçants à faire de même.
Il faut continuer de dire haut et fort : PAS UNE DE PLUS.










Un message, un commentaire ?