Si le gouvernement maintient la ligne dure après cette journée alors qu’il a devant lui la plus grande grève étudiante de l’histoire du Québec, nous n’aurons pas d’autres choix que d’augmenter significativement la pression. Voilà pourquoi la CLASSE appelle à une semaine de perturbation économique et étatique du 26 au 30 mars. La manifestation du 22 mars démontre un appui considérable et généralisé à notre lutte. Maintenant, il faut démontrer que chaque jour où le gouvernement refuse de nous entendre sera un enfer pour lui. À travers la province, nous bloquerons les centres administratifs de l’État, nous paralyserons les points névralgiques de l’économie, nous perturberons, partout où nous sommes, les intérêts des élites économiques et politiques. C’est en bloquant les ministères, les grandes entreprises, les sociétés d’État et les réseaux de transports de marchandises que nous parviendrons à faire céder le gouvernement Charest.
Déjà, par notre grève illimitée, nous exerçons une pression économique incroyable. Chaque jour de grève coûte administrativement cher à l’État. Plus la grève perdure, plus une journée de grève supplémentaire vaut la peine. À partir du 22 mars, nous sommes au point crucial : le gouvernement espère que le mouvement s’essoufflera de lui-même, mais il craint comme la peste les votes de reconduction positifs. La grève commence à être ingérable pour le gouvernement et c’est exactement ce que le mouvement étudiant souhaite.
En 2005, le gouvernement tenait la ligne dure de la même manière qu’il le fait présentement. Alors que le mouvement avait atteint sa cinquième semaine de grève et que les blocages économiques et étatiques étaient devenus monnaie courante, il n’a pas eu d’autre choix que de céder. Notons que même les chambres de commerce avaient commencé à faire pression pour que le gouvernement intervienne afin de mettre un terme au mouvement étudiant. Les patrons et les lobbys finissent par être exaspérés de voir des étudiants et des étudiantes envahir leurs plates-bandes.
Malgré la fermeture apparente du gouvernement à la négociation, il faut réaliser que notre force de frappe est imposante. L’intensité de la répression policière nous subissons en est la preuve. Notre force de perturbation à travers le Québec est supérieure à tout autre mouvement social. Le gouvernement ne peut pas continuer à nous ignorer et nous devons faire mentir sa stratégie qui vise à laisser le mouvement s’essouffler de lui-même.
Nous sommes au point tournant de la grève. C’est maintenant qu’il est important de la poursuivre et c’est maintenant que nous devons perturber quotidiennement les intérêts des élites économiques et politiques.
L’auteur est étudiant en communication, politique et société. Article tiré du numéro 6 de l’Ultimatum Express


