Édition du 3 mars 2026

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Israël - Palestine

Le « Conseil de la Paix » de Trump révèle l’avenir sombre que les États-Unis et Israël ont planifié pour Gaza

La première réunion du « Conseil de la Paix » de Donald Trump a mis en lumière l’avenir dystopique que les États-Unis envisagent pour les Palestinien.nes. Mais même ces plans pourraient bientôt être éclipsés par la reprise du génocide à grande échelle d’Israël à Gaza.

Tiré de Agence média Palestine

On dit que là où il y a de la fumée, il y a du feu. Mais parfois, la fumée est destinée à créer l’illusion d’un incendie.

C’est le cas du « Conseil de la Paix » de Donald Trump, dont le nom est spécieux, et qui s’est réuni cette semaine pour la première fois.

C’est un groupe hétéroclite d’autoritaires et de larbins de Trump, et les discours l’ont bien reflété. Un dirigeant après l’autre a offert des platitudes creuses et des éloges dithyrambiques, quoique fictifs, envers le président américain.

Il y a quelque chose de surréaliste à voir Trump convoquer un « Conseil de la Paix » alors qu’il se prépare à ce qui ressemble de plus en plus à une attaque inévitable et désastreuse contre l’Iran, tout en déclarant allègrement qu’il a apporté « la paix au Moyen-Orient » pendant qu’Israël continue de massacrer des civils palestinien.nes en masse.

Mais au-delà des effets de théâtre et de l’hypocrisie, rien dans ce « Conseil de la Paix » ne change quoi que ce soit. Son impact à Gaza est actuellement nul ; les conditions, les tueries et les tensions y seraient identiques même sans ce « Conseil de la Paix ».

Il est néanmoins important de suivre des rassemblements comme celui que Trump a convoqué jeudi. Même si ce qui y a été discuté n’a pour l’instant aucune pertinence pour la vie sur le terrain, cela reste révélateur de ce qu’Israël et ses alliés cherchent à construire sur les ruines du génocide. Si jeudi est un quelconque indicateur, les perspectives pour Gaza sont très sombres.

La réalité s’invite au « Conseil de la Paix »

Une attention légitime a été portée au fait que Trump a invité à la fois Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine à siéger au Conseil. Ces deux hommes font bien sûr face à des accusations de crimes de guerre pour lesquelles ils sont recherchés par la Cour pénale internationale.

Israël a accepté de rejoindre le Conseil juste avant que Netanyahu ne rencontre Trump la semaine dernière. La Russie n’a pas encore répondu à l’invitation. Et il n’y a, de manière très significative, aucune présence palestinienne au sein du Conseil. Cette semaine, l’administration Trump a annoncé avoir établi une « communication » bilatérale formelle entre le Conseil de la Paix et l’Autorité palestinienne, un organe qui n’est plus crédible aux yeux de la plupart des Palestinien.nes. Le contact palestinien, et encore moins leur participation, reste donc minime au mieux.

Les membres actuels du Conseil de la Paix sont :

 Albanie

 Argentine

 Arménie

 Azerbaïdjan

 Bahreïn

 Bulgarie

 Cambodge

 Égypte

 El Salvador

 Hongrie

 Indonésie

 Israël

 Jordanie

 Kazakhstan

 Kosovo

 Koweït

 Mongolie

 Maroc

 Pakistan

 Paraguay

 Qatar

 Arabie saoudite

 Turquie

 Émirats arabes unis

 Ouzbékistan

 Vietnam

C’est une liste d’États autoritaires et de dirigeants désireux de gagner les faveurs de Donald Trump. Il est notable que seule une poignée d’États d’Europe de l’Est aient rejoint le groupe, et aucun d’entre eux, à l’exception d’Israël, n’est un allié traditionnel des États-Unis.

Une vingtaine d’autres États ont envoyé des observateurs à la réunion du Conseil, tout comme l’Union européenne, mais beaucoup ont déjà clairement indiqué qu’ils ne le rejoindraient pas (même le Pape a refusé), et souhaitaient manifestement simplement être dans la salle pour avoir un aperçu direct de ce qui s’y passerait.

Ce qui s’est passé était très peu de chose.

Bien que l’accent ait été techniquement mis sur Gaza, presque rien de substantiel n’est sorti de la réunion concernant la Palestine. Trump a déclaré que les États-Unis donneraient 10 milliards de dollars au Conseil de la Paix, mais il n’a pas précisé à quoi cet argent serait destiné ni comment il entendait le lever, étant donné que c’est le Congrès, et non le président, qui contrôle les finances des États-Unis.

Trump a également déclaré que le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, les Émirats arabes unis, le Maroc, Bahreïn, le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Ouzbékistan et le Koweït débloqueraient 7 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza.

Mais tout cela n’est que fumée, car le « plan de reconstruction » de Gaza reste hors de portée. Israël contrôle plus de la moitié de la bande de Gaza, mène des attaques quotidiennes et meurtrières, et fait tout ce qui est en son pouvoir pour préparer le terrain à une nouvelle vague de génocide à grande échelle.

Le Hamas et les autres factions palestiniennes — dont aucune, rappelons-le, n’a jamais accepté de se désarmer — sont sur le point de se voir contraints d’abandonner leur droit de résister au siège et à l’occupation israéliens, pourtant garanti par le droit international.

Aucun des États ayant promis des troupes n’a l’intention que celles-ci affrontent les factions palestiniennes ; elles sont plutôt supposées constituer une force de maintien de la paix, assurant la sécurité aux côtés d’une police palestinienne.

Mais cette police, que les États-Unis tentent de constituer à partir de gangs armés palestiniens qui travaillent soit pour Israël, soit sont de simples bandits indépendants, ne se met pas en place de sitôt non plus.

Dans ces conditions, aucun des alliés de Trump n’enverra ni troupes ni fonds à Gaza pour son Conseil de la Paix, quoi qu’ils lui aient dit en le flattant à Washington cette semaine.

Peu de répit en vue à Gaza

Le Conseil de la Paix a réussi à obtenir l’approbation du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que le « Plan de paix en 20 points » profondément défaillant de Trump. Cette combinaison signifie que la fiction consistant à apporter la « paix » à Gaza a conféré au Conseil une certaine apparence de légitimité ; il a été vendu comme un moyen de mettre fin au « fauchage de gazon » israélien périodique qui, après le 7 octobre, s’est transformé en une horreur génocidaire ayant horrifié un monde occidental normalement complaisant.

La vérité, comme je l’ai déjà noté, est que Trump a des ambitions bien plus grandes pour le Conseil de la Paix. C’est pourquoi il a créé le soi-disant « Conseil exécutif », qui sera l’instrument qu’il entend utiliser pour gouverner Gaza afin de la transformer en une ville touristique sur la Méditerranée avec un nombre réduit de Palestinien.nes servant de « domestiques autochtones » pittoresques pour les touristes, dans la vision raciste de Trump et de Jared Kushner.

Le Conseil de la Paix, comme Trump l’a laissé entendre lors de ses remarques jeudi, est destiné à défier les Nations Unies et à servir de vecteur au pouvoir personnel et familial de Trump même après qu’il aura quitté ses fonctions.

« Le Conseil de la Paix va quasiment surveiller les Nations Unies et s’assurer que cela fonctionne correctement », a-t-il déclaré à son audience.

Pendant ce temps, Gaza reste dans l’impasse. Le comité technocratique qui est censé prendre en charge l’administration quotidienne et les responsabilités civiques à Gaza (et représente toute l’étendue de la participation des Palestinien.nes à la gestion de leur propre vie) est toujours en Égypte, son entrée à Gaza étant bloquée par Israël.

Mais ils ont un nom : le Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG). Ils ont même un logo, qui ressemble beaucoup à celui de l’Autorité palestinienne, ce qui a donné aux Israéliens une raison de se plaindre même de cela.

Tout cela reste accessoire et ne constitue guère plus qu’une distraction. Les dirigeants israéliens sont impatients de reprendre la violence intense qui a écrasé Gaza pendant deux ans.

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar représentait Israël à la réunion du Conseil de la Paix, et a clairement indiqué que la menace d’une violence majeure est très réelle.

« Distingués dirigeants, tous les plans précédents pour Gaza ont échoué parce qu’ils n’ont jamais traité les problèmes fondamentaux : la terreur, la haine, l’incitation et l’endoctrinement », a-t-il déclaré à l’assemblée. « Au cœur du plan global du président Trump se trouvent le désarmement du Hamas et du Jihad islamique, la démilitarisation de la bande de Gaza et la déradicalisation de la société palestinienne. »

Les propos de Sa’ar faisaient écho aux propres menaces de Netanyahu. « Le Hamas sera très bientôt confronté à un dilemme. Déposer les armes à l’amiable ou par la force », a-t-il déclaré devant un public de soldats israéliens jeudi.

Pendant ce temps, des personnalités encore plus extrémistes, comme la membre de la Knesset Limor Son Har-Melech du parti kahaniste « Pouvoir juif » d’Itamar Ben-Gvir, ont rejoint un rassemblement du groupe radical de colons Nahala plus tôt cette semaine pour s’infiltrer dans Gaza — sous la pleine protection de l’armée israélienne, naturellement — afin d’y planter des arbres en prévision du retour des colonies israéliennes.

« « Là où les Juifs règnent sur leurs ennemis » n’est pas seulement un verset du Livre d’Esther, c’est la réalité que nous construisons ici sur le terrain. Gaza sera juive, car c’est la seule façon de garantir la victoire et la vraie sécurité pour le peuple d’Israël », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie.

Nahala prévoit une marche vers Gaza à Pâques, qui commence le 1er avril. Si Netanyahu obtient ce qu’il veut, Har-Melech sera frustrée parce que l’invasion à grande échelle de Gaza aura repris d’ici là. Peut-être cela prendra-t-il plus de temps si le calendrier de Trump impose un délai. Mais cela arrive.

Voilà la situation dans laquelle se trouvent les Palestinien.nes de Gaza : pris en étau entre la folie des colons radicaux et les rêves expansionnistes du gouvernement israélien. Le génocide les regarde en face dans tous les cas, tandis que la communauté internationale joue la comédie pour amadouer Donald Trump, que les armes américaines affluent vers Israël et que ses navires de guerre se préparent à décimer l’Iran.

Le « Conseil de la Paix » n’est même pas suffisamment pertinent par rapport à cette réalité pour mériter d’être une blague.


Traduction pour l’Agence Média Palestine : L.D

Source : Mondoweiss

Mitchell Plitnick

Journaliste pour Mondoweiss

https://mondoweiss.net/

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