Édition du 29 septembre 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Élections québécoises 2026

Réponse à Pierre Dubuc et Mohamed Lotfi de L’Aut’journal :

Le PQ n’a jamais été un parti « indépendantiste » !

Dans l’Édition numérique du 11 septembre de L’Aut’journal (L’Aut’hebdo), à la Section «  Élections : Débat  », Dubuc et Lotfi exposent leur vision respective de l’Histoire de la gauche québécoise à l’aulne de la question nationale, donc celle de l’« indépendance » ou de la « souveraineté », les deux notions étant utilisées pêle-mêle selon le contexte auquel elles réfèrent.

Il y a pourtant une différence non-négligeable entre ces deux notions qui permet de situer, « idéologiquement » ou « pragmatiquement », la prise de position de celui qui y a recourt. La souveraineté renvoie à la sphère proprement juridique alors que l’indépendance renvoie plus spécifiquement à la sphère « politique  », les deux étant, bien entendu, entrelacés et interdépendants dans une démocratie de type libéral comme celle dans laquelle vit le Québec depuis la Conquête de 1760 (officialisée par le Traité de Paris de 1763).

Il n’empêche qu’un parti dont la raison d’être principale est la souveraineté («  association  » dans le cas du PQ) n’est pas nécessairement un parti qui défend l’indépendance en tant que telle, loin de là. À l’inverse, un parti qui se veut « indépendantiste », comme l’était le RIN dans les années 1960 ou le FLQ (qui n’était pas vraiment un « parti », au sens « électoral  » du terme, mais un «  mouvement » qui luttait pour l’indépendance « politique » du Québec), n’aspire pas a priori à la souveraineté « juridique », celle-ci étant corrélative à l’indépendance politique qui doit la précéder (dans la mesure où, pour le FLQ, la dimension «  juridique  » de l’indépendance pouvait être associée à l’ordre «  bourgeois » des relations internationales, la «  souveraineté » devient une coquille vide qui n’a rien à voir avec la réalité politique d’un peuple indépendant).

Une fois établit cette distinction, il va de soi que l’on ne peut pas accoler d’emblée l’étiquette « indépendantiste » au Parti Québécois, d’autant plus qu’il est né de la fusion du MSA (Mouvement Souveraineté-Association) de René Lévesque avec le RN (Rassemblement National), parti nationaliste de droite. Le seul parti véritablement «  indépendantiste  » à la fin des années 1960 (hormis le FLQ, qui n’était pas vraiment un parti), le RIN, s’est sabordé au moment de la formation du PQ et Pierre Bourgault (un des deux leaders) a invité ses militants à rejoindre ce qui allait devenir une Coalition nationaliste gauche-droite pour l’accession à l’Indépendance (ou à la Souveraineté, selon le degré de radicalité « indépendantiste » de ceux qui adhéraient au mouvement de libération nationale).

Si on ne saurait trop s’attarder sur la relation «  tumultueuse » de l’époque entre Bourgault et Lévesque, elle n’en constitue pas moins un exemple typique de ce qui divise les tenants des deux notions ci-haut mentionnées, la Souveraineté et/ou l’Indépendance. Au-delà du stigmate indépendantiste « radical » que ses adversaires fédéralistes s’acharnaient à lui faire porter, la Souveraineté-Association s’apparentait, à maints égards, à une forme de fédéralisme renouvelé accordant plus de pouvoir «  politique » (la Souveraineté) au Québec que ne le faisait l’AANB de 1867. L’« Association  » économique avec le ROC à laquelle tenait fermement René Lévesque trahissait tout de même, de sa part, une certaine foi dans la Confédération, devenue, au fil du temps, un soi-disant « Pacte  » entre deux Peuples fondateurs ; en d’autres termes, Lévesque voyait des « avantages  » évidents dans le fédéralisme canadien, d’où l’idée de maintenir un lien économique fort avec les autres provinces.

Rendre «  corrélative » la Souveraineté d’un pays à une Association négociée avec l’ancien conquérant dilue d’autant plus l’aspect «  indépendant » du projet que le vis-à-vis aura beau jeu d’instrumentaliser le caractère «  conditionnel  » de la rupture afin de s’opposer aux aspirations autonomistes des Québécois. C’est un peu comme demander la permission d’être ce que l’on est afin de s’assurer que l’affirmation nationale n’est pas trop de conséquences fâcheuses au plan « matériel  », le Canada demeurant, tout de même, un des pays les plus riches et privilégiés du monde (membre du G7, de l’OTAN, de l’ALENA/ AEUCM), qui n’a jamais vécu la guerre sur son territoire et qui avait, jusqu’à tout récemment, une bonne réputation à l’internationale.

Indépendance ou Souveraineté ?

Dans son analyse de l’évolution idéologique du Parti Québécois depuis sa fondation (1968), voici comment Lotfi inaugure son interprétation :

« À sa naissance, le Parti québécois mélange nationalisme, intervention de l’État, démocratie sociale et affirmation économique du Québec. L’indépendance doit donner aux Québécois les moyens politiques de bâtir une société plus égalitaire. »1

Sans aller jusqu’à contredire complètement cette affirmation, il faut tout de même y mettre certains bémols, ne serait-ce que pour relativiser la dimension «  égalitariste » que Lotfi voit à l’origine de la formation du PQ. Il serait peut-être plus juste de voir dans l’Avènement du Parti Québécois à la fin des années 1960 un prolongement «  logique » du fameux «  Maître chez-nous » de Jean Lesage et son « Équipe du tonnerre  » (dont faisait partie René Lévesque et Paul Gérin-Lajoie) qui a abouti, entre autres, à la nationalisation de l’électricité comme moteur du développement économique du Québec (complétée par la création de la Caisse de dépôt et placement, le ministère de l’Éducation et d’autres Sociétés d’État, en parfaite fidélité avec le keynésianisme qui servait de modèle d’intervention et de création de « richesses » dans tous les pays occidentaux depuis la fin de la deuxième guerre mondiale).

Lévesque avait claquer la porte du Parti Libéral suite à ses désaccords sur la question de la place du Québec dans la Confédération, ce qui l’amena à former le MSA, qui deviendra le PQ présentant ses premiers candidats à l’élection de 1970. C’est donc un «  libéral » (disons, de « gauche  ») qui fut à l’origine du parti à qui Lofti prête l’intention «  […] de bâtir une société plus égalitaire. » Au-delà de ses qualités (évidentes) de politicien, de rassembleur, d’homme modéré, Lévesque n’en demeure pas moins un représentant de la petite-bourgeoise canadienne-française («  régionale  » de surcroît) en manque de reconnaissance sociale, infériorisée par la grande bourgeoisie d’affaires anglo-saxonne, qui entend bien prendre sa place dans sa propre province qui souffre de plusieurs maux de différents ordres : non seulement économique mais aussi éducationnel, culturel, technique, scientifique, donc «  moral » et «  politique ».

Les circonstances historiques ont voulu que Lévesque puisse s’entourer d’autres acteurs n’ayant pas nécessairement le même curriculum, les mêmes intérêts, la même idéologie ni les mêmes objectifs dans la formation d’un parti nationaliste qui allait revendiquer haut et fort une renégociation du pacte confédératif de 1867. Ce sont sans doute les mêmes « circonstances » qui ont fait en sorte que le mouvement souverainiste, au tournant des années 1970, a pu réunir dans une même cause, à la fois une bourgeoisie d’affaires voulant sa part du gâteau de la croissance des trente glorieuses, des intellectuels jaugeant le retard cultuel (philosophique, idéologique, socio-politique) du Québec dans le monde moderne, des syndicalistes qui s’étaient confrontés à la vision duplessiste des relations industrielles faite d’interdits, de stigmatisation et de coups de matraque à l’encontre des grévistes, et à la fois le peuple québécois dans son ensemble, bien décidé à en finir avec la Grande Noirceur.

À l’appui de cette idée que le caractère « progressiste » du PQ était (quoique non seulement) corrélatif à cette Coalition gauche-droite (ce qui, vraisemblablement, n’est plus du tout le cas aujourd’hui2) qui voyait un intérêt commun à la libération nationale, c’est le virage à 180° du parti lors de la crise de 1981-82 (en lien avec la montée des prix du « pétrole » ── « substance » aussi vitale à l’économie capitaliste que peut l’être le sang qui circule dans les veines du corps humain) qui a secoué l’économie mondiale. L’amère déception de la défaite référendaire de 1980 y a peut-être été pour quelque chose3, toujours est-il qu’il est plus facile « […] de bâtir une société plus égalitaire. » lorsque la croissance atteint des niveaux historiques que lorsque frappe la récession et que le système économique craque de partout.

Le PQ a t-il montré son vrai visage au moment de la raréfaction des ressources disponibles pour la redistribution de la richesse ou cette cure d’austérité était-elle inévitable dans un système capitaliste qui ne peut survivre et profiter à tous qu’en situation de croissance économique soutenue comme ce fut le cas lors du boum de l’après-guerre ? Ce taux croissance ne pouvant être maintenu à un niveau aussi élevé de façon indéfinie4, il s’ensuit que le libéralisme de « gauche » de Lévesque, qui s’inscrit dans ce qu’on appelle la « social-démocratie », fonctionne tant et aussi longtemps que les bases de l’économie capitaliste ne sont pas remises en question, soit par une crise, soit par des bouleversements géopolitiques à l’échelle internationale (émergence d’une puissance hostile à l’Amérique et à l’Occident, attentats terroristes d’envergure, mouvements sociaux de contestations de l’ordre socio-économique bourgeois), soit par l’excroissance « naturelle  » à un capitalisme débridé, à savoir la montée du fascisme ou du néo-fascisme comme on en voit la résurgence aux États-Unis, en Allemagne, en Italie, en France et dans certains pays d’Amérique latine.

Dubuc fait des amalgames...

Il est tout à fait pertinent de se demander si Pierre Dubuc (rédacteur en chef de L’Aut’journal) saisit bien la portée de ses affirmations à l’emporte-pièce à propos de la gauche pas assez « nationaliste » à son goût, trop influencée par le multiculturalisme anglo-saxon qui, dans le contexte de lutte pour la libération nationale, concentre en son sein toutes les tares, les défauts et les déviations « idéologiques » que peut receler une philosophie politique. C’est ainsi que dans son « Bilan de la gauche Québec solidaire », il constate que :

« […] avec la disparition de la référence socialiste [suite à la chute de l’URSS], la gauche s’est « convertie » à l’islam.

(Sic !)

De là à adhérer aux thèses conspirationnistes et paranoïdes des chroniqueur(e)s du Journal de Montréal à l’effet d’une invasion « imminente » de l’islamo-gauchisme en Occident, thèses reprises et propagées à tout vent par l’extrême-droite, il n’y a qu’un pas (Dubuc serait-il prêt à le franchir ? C’est ce qu’on se demande). Il semblerait aussi que :

« Nous [ayons] assisté à une adhésion, dans une version de gauche, à la théorie du « Choc des civilisations » de Samuel P. Huntington. »

Rien que ça !

Les indépendantistes de « gauche » de la génération de Dubuc ne supportent pas qu’on puisse avoir d’autres préoccupations « humanitaires » que celles concernant le pauvre Peuple québécois, si opprimé par les méchants fédéralistes qui ne veulent qu’une chose : faire disparaître du paysage canadien l’exception québécoise afin de la réduire à une constante «  culturelle » cohabitant avec les autres constantes à l’intérieur d’un grand Tout multiculturel (c’est, dit vulgairement, l’essence du multiculturalisme telle que perçue par les nationalistes au Québec, de droite comme de gauche). Dubuc passe ainsi à la trappe tour à tour l’altermondialisme, la défense des minorités (ethnoculturelles, sexuelles), le «  chartisme » (entendre : cette politique « libérale » qui s’appuie sur les Chartes des droits et libertés, évacuant la question « nationale ») et, pourquoi pas, l’écologisme et le féminisme5.

… et verse dans le manichéisme

« Si on soutient que le Canada est une colonie des États-Unis, […] alors il faut appuyer le gouvernement Carney dans sa défense de la « souveraineté canadienne ». Si, au contraire, on reconnaît son caractère impérialiste, on doit militer pour son affaiblissement, son démantèlement en soutenant l’indépendance du Québec. »

En bon tacticien cherchant coûte que coûte les opportunités pour faire advenir son pays rêvé, Dubuc voit dans les velléités annexionnistes de Trump concernant le Canada l’occasion de faire éclater le cadre fédéral, ce qui ouvrirait la voie à l’indépendance du Québec… ou à son annexion par les États-Unis ! On est dans le totalitarisme du tout ou rien : en se solidarisant avec les autres canadiens (qui sont loin d’être tous des red neck comme semblent le supposer certains progressistes québécois), on fait nécessairement le jeu de ce que l’auteur appelle l’«  impérialisme » canadien ; à l’inverse, en œuvrant pour l’indépendance, on se libère de ce soi-disant impérialisme6 et la question nationale est réglée.

Concernant la stratégie électorale, là encore Dubuc est formel : pas de salut en dehors du PQ :

« […] voter QS contribue à diviser le vote nationaliste, augmente le risque d’une défaite du PQ et reporte le référendum sine die. Il est donc un apport au camp fédéraliste. »

Point à la ligne.

Le simplisme du propos pourrait faire sourire s’il n’émanait pas d’un observateur avisé de la scène politique québécoise qui nous a habitué à plus de discernement et de nuances dans ses analyses des faits à l’échelle internationale. Qu’à cela ne tienne. S’entêter à soutenir un parti qui a délibérément opté pour la stigmatisation des immigrants lors de la dernière session parlementaire, qui accentue toujours un peu plus son virage « à droite » concernant les questions économiques (comme l’a bien démontré Mohamed Lotfi), qui s’est compromis à plusieurs reprises en nommant à sa tête, 1- un politicien conservateur jusqu’au bout des ongles (Lucien Bouchard et son valet de chambre, Bernard Landry), 2- un homme d’affaires qui « crache » sur les travailleurs (PKP), 3- une féministe voulant propager (pour ne pas dire «  inculquer  ») la Bonne Nouvelle des Valeurs québécoises aux nouveaux arrivants ── et, surtout, aux «  nouvelles  » arrivantes (Pauline Marois) est tout simplement « pathétique  ».
Que voulez-vous, Pierre Dubuc a la «  foi  » : le PQ a bel et bien tourné le dos à sa raison d’être première (il n’y reviendra pas) mais il croit en la Résurrection des morts (et à la Vie éternelle...)

À tout prendre

Dans l’état actuel des choses (malgré certaines réserves exprimées plus haut, Lotfi voit beaucoup plus juste à ce propos), le seul comportement rationnel, réaliste et qui peut, à terme, aboutir à des résultats positifs pour la gauche québécoise est d’appuyer Québec Solidaire. Bien sûr, le parti manque de radicalité à bien des égards (il cherche trop à « rassurer » eu égard à son orientation de gauche), dans sa volonté de justice économique et fiscale, il passe sous silence la contribution des entreprises au Trésor public, il ne semble pas avoir pris acte des défections de députées, pourtant bien impliquées et très populaires dans l’électorat, suite à leurs douloureuses expériences avec le pouvoir au sein de l’aile parlementaire qui gravitait autour de GND, les exhortations de ce dernier au « pragmatisme », au « parti de gouvernement », à la nécessité du recentrage idéologique en ont déçu plusieurs, tout comme les compromissions de QS avec la «  bien-pensance » médiatique, contredisant frontalement le mot d’ordre pourtant maintes fois répété : «  faire de la politique autrement  ».

Il n’empêche que QS ressort du lot de l’offre électoral actuel qui, sous les apparences de la diversité et du « choix », se caractérise par une navrante uniformité ; sur le plan « économique », les programmes de chaque parti sont interchangeables : austérité budgétaire à l’horizon, réduction du déficit à plus ou moins long terme, coupes dans les dépenses (ce qui signifie, en clair, au-delà de l’image de gestion « rationnelle » des finances nourrit par la propagande, encore moins de services à la population, encore plus de pression sur les infirmières, les enseignants, les éducateurs spécialisés, les préposés aux bénéficiaires, bref les salarié(e)s de la fonction publique en général), allègement du « fardeau  » fiscal des plus aptes à contribuer au refinancement des programmes sociaux, dénigrement de l’intervention de l’État, toujours plus coûteuse et inefficace que celle du privé, rentable et pragmatique.

Concernant la question « nationale », le PQ est allé à la pêche et certains ont mordu à l’hameçon :

« Aujourd’hui, Paul St-Pierre Plamondon a le grand mérite d’avoir ramené l’idée de l’indépendance au cœur du programme politique du PQ et à l’avant-scène politique. »

Les dernières déclarations de PSPP à propos du référendum (promis quelque temps auparavant) montre bien le leurre que constitue cette utilisation périodique de la consultation populaire dans le but de construire, enfin, un nouveau pays. Les nationalistes qui carburent à l’idée d’un éventuel nouveau référendum organisé par le Parti Québécois tombent toujours dans le piège et se mettent à rêver de nouveau au Grand Soir de la libération nationale. Entre le fédéralisme militarisé actuel et un Québec indépendant (improbable à court terme), tout à fait « Maître » de sa destinée, il y a peut-être moyen de «  moyenner ».

Il serait-possible d’envisager un Québec toujours partie prenante de la Confédération mais avec des pouvoirs accrus (un peu comme ceux qui furent proposés dans l’Accord du Lac Meech ── malheureusement rejeté), membre actif (comme Province ou quelconque autre entité « politique  » en accord avec son caractère « distinct ») à l’intérieur d’une Société d’obédience social-démocrate (selon l’ancien modèle keynésien ou un nouveau modèle plus proche de la démocratie directe) qui mettrait au cœur de ses préoccupations, de ses engagements, de ses pratiques (inscrits dans sa Constitution) la Justice sociale, la Justice climatique, la Paix mondiale.

Il pourrait s’agir d’un compromis entre une forme d’Indépendance politique et l’inclusion dans un plus grand ensemble adhérant à une philosophie Internationaliste revisitant les relations Nord-Sud dans une optique de dépassement du capitalisme «  mortifère » qui nous sert aujourd’hui de politique économique destructrice de l’environnement, du tissu social, de notre santé mentale et physique. Ce ne serait pas le Québec «  Souverain » tel que l’envisageaient les premiers péquistes ni le Canada «  technocratique » de Mark Carney compromis avec le monde de la finance et les marchands de canon. C’est toujours mieux qu’une souveraineté pétrie de xénophobie à la sauce MBC...

Notes
1.C’est moi qui souligne.
2.La « gauche » péquiste ayant fondu comme peau de chagrin, malgré quelques tentatives « avortées » comme le SPQ Libre (à l’époque de Bernard Landry), sur lequel Pierre Dubuc semblait avoir fondé beaucoup d’espoir...
3.L’objectif du « déficit zéro », promut au rang de « projet de société » par Lucien Bouchard, a curieusement été lancé au lendemain de la défaite référendaire de 1995. S’agit-il seulement d’un concours de circonstances ou peut-on y voir, du moins en partie, l’expression d’un ressentiment envers la population suite à ce nouvel échec du projet péquiste ?
4.Pour des raisons à la fois économiques ── étant donné la baisse tendancielle du taux de profit comme le prétendent encore aujourd’hui beaucoup d’économistes à la suite Marx ── , politiques, environnementales.
5.Le « féminisme » défendu par L’Aut’journal est purement « identitaire » et s’inscrit dans une vision conservatrice de la laïcité telle que promue par la CAQ et le PQ ; c’est un féminisme bourgeois et chauvin, occidentalocentré, qui se permet de faire la morale aux communautés ethnoculturelles qui ont une conception différente des rapports hommes/femmes, de la place de celles-ci dans la société, du rôle de la famille, des traditions, de la religion, etc.
6.Le Canada n’a jamais eu de colonies et n’est pas un Empire, il est plutôt le rejeton de ce qui fut jadis un Empire très puissant, l’Empire britannique. Cela ne l’empêche pas de favoriser indûment certaines provinces au détriment des autres et de mener des pratiques discriminatoires envers certaines de ses minorités « culturelles », comme la minorité canadienne-française concentrée dans la province de Québec...

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Mario Charland

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