Nos pensées accompagnent les proches de ces deux personnes et toutes celles qui vivent dans l’insécurité aujourd’hui. Ces pertes rappellent brutalement que derrière les statistiques, il y a des vies, des histoires, des êtres humains qui méritent dignité et sécurité. Les solutions existent et sont documentées depuis des décennies cependant un point de rupture a été atteint.
Nous ne devons plus tolérer l’intolérable
Le nombre de décès de personnes en situation d’itinérance au Québec continue d’être alarmant. Même si les chiffres pour l’ensemble de la province en 2025 ne sont pas encore connus, 108 personnes sont mortes en 2024 comparativement à 88 l’année précédente. Des mesures hivernales mises en place tardivement et avec un financement insuffisant ne peuvent être considérées comme une réussite, surtout si elles mènent à des décès.
À titre d’exemple, La Presse rapportait en février dernier que les organismes communautaires montréalais plongés dans la crise ont fait des demandes pour 126 projets d’une valeur totale de 92 M$ à la suite de l’entente sur la lutte contre l’itinérance conclue entre Québec et Ottawa. Or, le financement disponible pour Montréal n’est que de 24 M$ sur deux ans.
Une absence de priorisation politique
Pendant que la course à la chefferie bat son plein à la CAQ, les candidats consacrent peu d’attention à l’itinérance en dehors des débats : le RSIQ n’a pu les rencontrer et il n’y a eu aucune réalisation en lien avec la Déclaration commune en faveur des personnes en situation d’itinérance, d’exclusion sociale et de pauvreté depuis les 4e États généraux de l’itinérance au Québec tenus en novembre 2024. Le droit au logement, le droit à un revenu décent et l’accessibilité aux services demeurent des enjeux sociaux largement ignorés. Les besoins croissent et le financement fait du sur place : 25 M$ du budget du 42,4 M$ prévu pour l’année 2026 a servi uniquement à compenser le retrait du Plan de réponse communautaire aux campements (PRCC)... sans majoration ou indexation.
Revendications du mouvement Le communautaire à boutte
En solidarité avec ce mouvement, le RSIQ rappelle ses revendications. Selon les organisations mobilisées, le sous-financement chronique du secteur communautaire et le manque de reconnaissance de son expertise compromettent lourdement sa capacité à répondre aux besoins des personnes désaffiliées, tout en créant des conditions de travail inacceptables et de la précarité chez les personnes qui y travaillent. Le mouvement revendique une reconnaissance pleine et entière ainsi qu’un financement à la hauteur des besoins, soit :
– Des conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs du communautaire ;
– Un financement suffisant à la mission ;
– Une reconnaissance pleine et entière des organismes ;
– La protection de l’autonomie et la fin du financement précaire ;
– Un investissement dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.
*****
ITINÉRANCE : UN GESTE ATTENDU DE COHÉRENCE INTERGOUVERNEMENTALE
Québec, le 2 avril 2026 – Le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ) salue la collaboration entre les gouvernements fédéral et provincial pour bonifier significativement la réponse aux besoins des personnes en situation d’itinérance au Québec pour l’année 2026-2027. En effet, l’annonce faite hier par le gouvernement fédéral vient maintenir à travers le Plan de réponse communautaire aux campements (PRCC) son financement qui se terminait.
Une cohérence attendue depuis longtemps
Dans le contexte de crise actuelle, cette alliance intergouvernementale répond directement à l’une des recommandations centrales issues des 4e États généraux de l’itinérance tenus en novembre 2024. Le gouvernement provincial a annoncé dans son dernier budget un investissement de 25 M$ pour 2026-2027 visant à maintenir l’offre de services aux personnes vulnérables. De son côté, le gouvernement fédéral a entendu les besoins du terrain exprimés par le milieu communautaire et maintient son soutien de 25 M$ par l’entreprise du PRCC pour total d’environ 50 M$.
Un peu d’air pour le milieu communautaire
Cette annonce conjointe garantit à des milliers de personnes au Québec davantage de dignité et une véritable possibilité de sortir de la rue. En cette journée où le mouvement Le communautaire à boutte ! fait entendre sa voix, ce financement représente un engagement tant réclamé par les organismes communautaires en itinérance.
Nous ne devons plus tolérer l’intolérable et plutôt nous allier devant l’itinérance, rappelle le RSIQ, qui voit enfin dans cette collaboration une possibilité de renverser la tendance en itinérance.
À propos du RSIQ
Actif depuis 1998, le RSIQ regroupe 19 concertations régionales en itinérance, ce qui représente plus de 275 organismes au Québec. Organisant des actions et des mobilisations afin de sensibiliser décideurs et grand public, de défendre les droits des personnes en situation d’itinérance, d’améliorer leurs conditions de vie et de permettre aux organismes d’aide de réaliser leur mission, le RSIQ est reconnu comme porteur du projet de la Politique québécoise de lutte à l’itinérance adopté en 2014, et comme défenseur du financement des organismes sur les scènes fédérale et provinciale.
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :










Un message, un commentaire ?