Édition du 29 septembre 2026

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Élections québécoises 2026

Le Québec sur nos écrans : les partis politiques doivent s'engager à poursuivre la Stratégie québécoise de l'audiovisuel

Montréal, le 8 sept. 2026 - À l’approche des élections québécoises et à la veille du débat sur la culture, alors que l’industrie audiovisuelle demeure aux prises avec une crise sans précédent qui ébranle ses fondements et menace particulièrement la production francophone, l’ensemble des syndicats du secteur appelle les partis politiques à s’engager à mettre en action les initiatives proposées par la Stratégie québécoise de l’audiovisuel 2026-2031 et à inscrire clairement cet engagement dans leur plateforme électorale.

Les syndicats de l’audiovisuel québécois demandent à tous les partis de prendre un engagement électoral formel pour l’avenir du secteur et de garantir la poursuite de la Stratégie au-delà du prochain examen.

Lancé cette année après un vaste chantier de consultation du milieu, ce premier plan consacré à l’industrie de l’audiovisuel en 30 ans s’inscrit dans une période critique pour notre écosystème culturel, alors que nos écrans sont envahis par les plateformes étrangères et que la Loi sur la découvrabilité des contenus francophones a été directement ciblée par les négociateurs américains. Il doit maintenant être porté au-delà du calendrier électoral, avec une vision durable et des engagements clairs.

L’audiovisuel est une industrie stratégique

Le gouvernement du Québec intervient lorsque des secteurs économiques stratégiques sont confrontés à des bouleversements qui menacent leurs emplois, leurs capacités de production et leur capacité de production. L’industrie audiovisuelle doit bénéficier de la même considération.

Le parallèle avec la sidérurgie est révélateur : l’industrie canadienne de l’acier génère environ 4,2 milliards de dollars de PIB direct et compte quelque 23 000 emplois directs au pays. Selon les données rassemblées par la Fédération nationale des communications et de la culture-CSN (FNCC-CSN), au Québec seulement, l’audiovisuel génère 3,9 milliards de dollars de PIB et soutient environ 50 000 emplois directs et indirects en plus de produire 1,86$ de valeur ajoutée dans l’économie québécoise par dollar investi.

Lorsque l’industrie de l’acier a été frappée par les tarifs américains, les gouvernements ont reconnu qu’il était dans l’intérêt économique du Canada de protéger sa capacité industrielle et les milliers d’emplois qui en dépendent.

Pourtant, l’intervention de l’État en audiovisuel est encore trop souvent vue comme une dépense culturelle plutôt que comme un investissement stratégique. Cette perspective est réductrice : soutenir l’audiovisuel, c’est protéger une capacité de production québécoise, des dizaines de milliers d’emplois spécialisés, un réseau d’entreprises et un pilier incontournable de notre identité culturelle.

La production francophone est particulièrement vulnérable

La production québécoise ne traverse pas une simple période d’ajustement. Elle est en crise.

Les productions de langue française disposant de budgets nettement inférieurs à leurs équivalents anglophones : en dramatique télévisuelle, le devis moyen atteint 2,47 millions de dollars par heure en anglais, contre 595 000 $ en français.

Cette vulnérabilité est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans une tendance amorcée bien avant les compressions actuelles : depuis plusieurs années, la production québécoise indépendante, en cinéma comme en télévision, recule et fragilise progressivement tout son écosystème. Les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec confirment cette tendance : en 2024-2025, la valeur de la production cinématographique et télévisuelle québécoise indépendante a diminué de 2 %, tandis que la production télévisuelle indépendante reculait à elle seule de 8 %. Or, le sous-financement de la production francophone oblige l’industrie à produire plus vite avec des moyens de plus en plus limités, dans des conditions de travail toujours plus précaires. À terme, cette réalité compromet la qualité et la compétitivité des œuvres québécoises, tout en transférant une partie de la pression budgétaire aux artistes et aux équipes. Pour rayonner ici comme à l’international et assurer la vitalité de notre culture, nos productions doivent pouvoir compter sur des investissements à la hauteur de leurs ambitions. À défaut d’agir, ce sont des emplois, des entreprises et la capacité même du Québec de produire ses propres contenus en français qui sont menacés.

Faire de la Stratégie un engagement qui dépasse les partis

La Stratégie québécoise de l’audiovisuel 2026-2031 a amorcé un changement de cap attendu par le milieu, mais une stratégie qui porte sur cinq ans ne peut produire ses effets si sa pérennité dépend du résultat d’une élection.

Les syndicats de l’audiovisuel québécois demandent donc aux partis politiques de s’engager formellement, dans leur plateforme électorale, à maintenir, pérenniser et renforcer la Stratégie, ainsi qu’à assurer les investissements nécessaires à sa pleine mise en œuvre. Le prochain gouvernement devra poursuivre le travail avec le milieu afin d’adapter les mesures aux besoins d’une industrie en transformation rapide et veiller à ce que la Stratégie demeure adaptée à cette réalité.

Le Québec a fait le choix de soutenir une industrie capable à la fois de créer de la richesse et de raconter nos histoires. À quelques semaines du examen - et à la veille du débat sur la culture - les partis doivent maintenant dire clairement s’ils comptent préserver notre identité culturelle. Pour que demain encore, ce soit le Québec sur nos écrans.

Association des réalisateurs et des réalisatrices du Québec

L’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) est une association professionnelle qui comprend à ce jour plus de 650 membres, un regroupement de réalisateurs et réalisatrices pigistes oeuvrant principalement en français dans les domaines du cinéma, de la télévision et du web. L’ARRQ s’emploie à la défense des intérêts et des droits professionnels, économiques, culturels, sociaux, moraux de tous les réalisateurs et réalisatrices du Québec en toute occasion et dans tout dossier.

https://reals.quebec/

https://www.facebook.com/reals.arrq?locale=fr_CA

Conseil du Québec de la Guilde canadienne des réalisateurs (GCR- Québec)

Convaincu⸱es que la Guilde canadienne des réalisateurs et réalisatrices était la meilleure organisation pour les représenter, 15 artisan⸱es du milieu du cinéma et de la télévision déposèrent, le 1er novembre 1981, une demande afin que le Conseil du Québec de la Guilde canadienne des réalisateurs et réalisatrices soit officiellement reconnu selon la Loi sur les syndicats professionnels du Québec.

Quarante ans plus tard, le Conseil du Québec de la Guilde canadienne des réalisateurs et réalisatrices (GCR Québec) représente plus de 800 membres issu⸱es de catégories couvrant plusieurs facettes de la production cinématographique et télévisuelle, autant sur les plans artistique que logistique.

https://www.dgc.ca/fr/quebec

https://www.bctq.ca/fr/member/la-guilde-canadienne-des-realisateurs-fr/

Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ)

La Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ) a pour mission de représenter et défendre les intérêts moraux, sociaux et économiques des musiciens professionnels afin que leur apport à la société soit reconnu à sa juste valeur. Pour y parvenir, elle négocie des ententes collectives et met à la disposition de ses membres un contrat-type d’engagement. Ce formulaire procure aux musiciens un document contenant des clauses contractuelles qui déterminent le cachet de base et les autres conditions minimales de travail telles qu’établies par la GMMQ, par exemple : l’obligation pour le producteur de payer la cotisation à la caisse de retraite du musicien.

Notamment, la GMMQ établit les conditions minimales de travail des musiciens et agit collectivement au nom de ses membres lorsqu’elle estime que leur intérêt est touché. À cette fin, elle collabore avec toute organisation dont les objectifs sont semblables. La GMMQ exerce également des activités de lobbying visant à promouvoir la musique et les musiciens auprès des instances gouvernementales et des communautés locales, nationales et internationales.

De plus, elle offre une panoplie de services aux musiciens, comme des services juridiques et des taux préférentiels auprès de plusieurs entreprises, dont des compagnies d’assurance.

http://www.gmmq.com/

Société des auteur.e.trice.s de radio, télévision et cinéma (SARTEC)

La SARTEC a pour mission de défendre les droits et intérêts économiques, artistiques et professionnels des auteur.e.trice.s de langue française au Québec et au Canada, et de promouvoir leur profession et leur rôle fondamental dans l’industrie culturelle et la société.

https://sartec.qc.ca/

Union des artistes (UDA)

L’Union des artistes est un syndicat professionnel représentant plus de 13 000 artistes regroupés au sein de quatre champs de pratique artistique : acteurs, chanteurs, animateurs et danseurs. L’UDA représente les artistes professionnels œuvrant en français au Québec et ailleurs au Canada, de même que tous les artistes œuvrant dans une autre langue que le français sauf dans une production faite et exécutée en anglais et destinée principalement à un public de langue anglaise.

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