Une fusion qui fragilise un équilibre déjà précaire
Le démantèlement de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et sa fusion avec l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), dont la vocation est curative, risquent fortement d’affecter la capacité d’action de la santé publique au Québec. La Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l’efficacité de l’État et à renforcer l’imputabilité des hauts fonctionnaires (2026, chapitre 5), qui officialise cette fusion, a été lancée et adoptée à toute vitesse, sans évaluation des impacts sur la santé des Québécoises et des Québécois. L’heure n’est plus au lourd brassage de structure : la population mérite une santé publique agile et efficace pour affronter les prochaines crises.
L’indépendance de la santé publique en danger
L’indépendance scientifique est une condition essentielle pour que les équipes de santé publique puissent étudier directement des sujets délicats, comme les jeux de hasard et d’argent, les changements climatiques, les inégalités sociales ou les comportements suicidaires, sans crainte d’une influence politique ou économique. En cette époque où la confiance envers les institutions est déjà fragile, la fusion annoncée en ajoute une couche en limitant l’indépendance scientifique des équipes de santé publique. Que feront les partis politiques pour protéger l’indépendance de la santé publique et maintenir la confiance de la population envers les institutions ?
Une vision de la santé qui dépasse le curatif
« Les partis politiques doivent se positionner clairement sur leur vision de la santé. Elle ne doit pas se limiter aux aspects curatifs et doit prendre au sérieux les déterminants de la santé : les conditions de vie, de travail, d’environnement et de logement qui font qu’une population développe ou non des problèmes de santé. C’est cette vision de prévention en santé que le Québec doit se donner. C’est pourquoi notre syndicat et ses membres se mobilisent pendant toute cette campagne électorale, pour que la prévention cesse d’être le parent pauvre du système de santé », affirme Étienne Pigeon, président du SPPSPQ-CSQ.
Le syndicat invite justement les journalistes à interpeller les personnes candidates à ce propos, lors des débats et des entrevues électorales. Nous nous attendons à ce qu’elles se commettent sur leur vision du financement de la santé publique, sur son indépendance scientifique et sur les moyens concrets envisagés pour agir sur les déterminants sociaux, économiques, climatiques et environnementaux de la santé.




Un message, un commentaire ?