(Illustration : tiré d’une affiche de l’OPDS)
Deux aspects cruciaux du plan d’action
Cette assemblée générale composée des délégués des syndicats affiliées à la CSN de la grande région de Montréal et, exceptionnellement, des représentants de plus d’une quarantaine de groupes communautaires et sociaux, a endossé avec enthousiasme le plan d’action proposé et notamment deux de ses aspects cruciaux. Le premier porte sur l’importance de la création d’outils de communication et d’information afin de mobiliser les syndicats locaux et les membres à la base pour qu’ils se dotent d’un plan d’action local tout en participant à la mobilisation générale. Le deuxième porte sur la mise sur pied d’un forum de coordination mensuel avec les groupes communautaires et les alliés intersyndicaux afin de renforcer les mobilisations et cimenter la coopération sur le terrain.
Dans l’optique du déclenchement d’une grève sociale, qui combinerait des débrayages dans les milieux de travail avec des actions d’appui populaires (grèves du milieu communautaire, grèves étudiantes, mobilisation dans les quartiers et les régions, etc…), le tout préparé par une stratégie d’escalade des moyens de pression, l’éducation populaire d’une part ainsi que des coordinations démocratiques de l’autre, sont absolument essentielles au succès de l’opération.
Quelles suites ?
Le conseil central de Montréal est la première instance syndicale au Québec à s’être dotée d’un mandat de grève sociale ainsi que, ceci est crucial, d’un plan d’action pour la réaliser. Il s’agît maintenant de rendre ce plan opérationnel et de le populariser plus largement.
Pour ce faire, il serait bon d’explorer quelques pistes d’action.
Il faudrait adopter des mandats de grève sociale et des plans d’action dans les syndicats locaux car sans participation de ces instances et des membres à la base, la grève sociale ne restera qu’un projet sur papier. Quelques syndicats locaux ont déjà annoncé leur volonté d’adopter de tels mandats dans les semaines à venir. Ce sont d’excellentes initiatives qu’ils faudrait populariser et multiplier afin de donner une base solide au projet de grève.
La recherche d’alliés syndicaux tant au sein de la CSN, que parmi les autres centrales syndicales, est un enjeu de premier ordre sur lequel se penche déjà l’exécutif du conseil central. C’est une tâche à laquelle les militants/es syndicaux peuvent aussi contribuer en proposant des plans d’action vers la grève sociale dans les instances professionnelles et régionales auxquelles ils participent. Il faut que l’appui à la grève sociale fasse tache d’huile dans tout le mouvement syndical.
Enfin, la solidarité active avec les groupes communautaires qui préparent déjà une série d’actions contre le gouvernement caquiste est cruciale pour cimenter l’alliance populaire qui sous-tend le plan d’action. La présence enthousiaste et dynamique des représentants communautaires à l’AG du 30 janvier est d’excellente augure pour l’avenir.
La conjoncture est propice à la mobilisation sociale
La démission annoncée de François Legault n’a pas fragmenté l’opposition populaire ou redonné du tonus à son gouvernement en butte à un niveau d’impopularité historique. Tout en saluant son départ, les directions syndicales se sont empressées de répéter l’exigence du retrait des lois autoritaires (1).
Les chefs autochtones ont répété avec force leur farouche opposition au projet constitutionnel de la CAQ qui nie leurs droits historiques. La ligue des droits et libertés, les juristes progressistes, les groupes antiracistes ont maintenu leur opposition aux lois (ou projets de loi) brimant les libertés fondamentales et affaiblissant les contrepouvoirs. De leur côté, les groupes communautaires annoncent des mouvements de mobilisation et de grèves contre les mesures d’austérité ainsi que l’inaction face à la crise du logement (2). Quant au mouvement étudiant, il semble vouloir se remobiliser alors qu’un appel est lancé à « une semaine de grèves et d’action contre l’austérité du 23 au 27 mars 2026 » (3).
En face, le gouvernement de la CAQ est sérieusement affaibli. Les principaux prétendant à la succession de Legault s’empressent de prendre leurs distances d’avec son héritage toxique dans une vaine tentative de sauver leur carrière politique. La favorite Christine Frechette, remet en doute le projet constitutionnel ainsi que le projet du Troisième Lien, tous deux très chers à Legault, tandis que Bernard Drainville, fragilisé par la montée du Parti conservateur dans la région de Québec, vire encore plus à droite se présentant comme le seul vrai continuateur du parti. Ces failles dans le parti gouvernemental démontrent qu’une reprise forte et unifiée de l’opposition populaire, et à fortiori, d’une mobilisation menant à la grève sociale pourrait être couronnée de succès.
Aux attaques historiques de la CAQ, il faut répondre par une mobilisation toute aussi historique. Le plan d’action du conseil central du Montréal Métropolitain-CSN est l’amorce d’une riposte syndicale et populaire au défi lancé par ce gouvernement autoritaire.
Notes
2. Le communautaire à boutte. Mouvement nationale de grève et de revendications du milieu communautaire. https://aboutte.info
3. LA CRUES APPELLE À UNE SEMAINE DE GRÈVE ET D’ACTIONS CONTRE L’AUSTÉRITÉ, https://www.facebook.com/events/1218540296627252/?view=permalink&post_id=1218541869960428&_rdr






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