Édition du 20 janvier 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le mouvement syndical du Canada est uni face au gouvernement qui viole les droits des travailleurs

Les agents de bord du SCFP prouvent que la négociation, et non l'article 107 de Carney, permet de réaliser des accords

OTTAWA, ON, le 19 août 2025 - Les agents de bord d’Air Canada, membres du SCFP, ont porté un coup décisif aux employeurs qui croient pouvoir contourner une négociation équitable en invoquant l’article 107 du Code canadien du travail.

Le gouvernement du Premier ministre Carney a choisi d’imposer l’article 107 quelques heures à peine après le déclenchement de la grève - une mesure musclée et sans précédent visant à faire pencher la balance en faveur de l’employeur. Avec le soutien de l’ensemble du mouvement syndical, le SCFP a tenu bon, a défié l’ordre et a forcé l’entreprise à retourner à la table de négociation - où un accord équitable a été conclu. Le résultat est très clair sur un point : l’article 107 n’est plus une arme fiable pour les employeurs.

En refusant de se soumettre face à l’ingérence du gouvernement, les agents de bord du SCFP ont démasqué l’article 107 pour ce qu’il est : une violation inconstitutionnelle du droit à la négociation collective libre et équitable par les travailleuses et travailleurs qui est protégé par la Charte. Tout employeur qui pense pouvoir utiliser l’article 107 devrait désormais y réfléchir à deux fois - leur espoir vient de se briser.

Les accords sont conclus là où ils devraient l’être - à la table de négociation. C’est favorable pour les travailleuses et travailleurs, pour les collectivités et pour nouer des relations durables entre les syndicats et les employeurs. Le mouvement syndical tout entier est reconnaissant aux agents de bord pour leur force et leur persévérance à rester ferme dans la défense de ces droits.

Depuis les dernières 24 heures, il a été prouvé que l’article 107 est inconstitutionnel, inapplicable et destructeur pour la libre négociation collective. Les syndicats du Canada réclament qu’il soit retiré du Code canadien du travail. Nous demandons à tous les partis au Parlement d’en faire une priorité lors de la prochaine session cet automne - car la protection des droits des travailleuses et travailleurs garantis par la Charte ne doit jamais être optionnelle, et les employeurs ne doivent plus jamais être autorisés à compter sur l’article 107 pour retarder ou refuser une négociation équitable.

La leçon à tirer de cette grève est indéniable : les travailleuses et travailleurs sont gagnants quand ils mènent une lutte, et les conventions collectives sont conclues par la négociation, et non par des ordonnances imposées par le gouvernement. L’article 107 a été sérieusement ébranlé et ne devrait pas s’en remettre - c’est une bonne nouvelle pour tous les travailleurs et travailleuses du Canada.

Congrès du Travail du Canada

Le gouvernement Carney cède à la pression d’Air Canada et trahit les agent(e)s de bord

Le gouvernement libéral de Mark Carney a causé des dommages incalculables à la Charte et aux droits des travailleuses et travailleurs en se rangeant du côté d’Air Canada pour piétiner les droits des agent(e)s de bord. Aujourd’hui, la ministre de l’Emploi et des Familles, Patty Hajdu, a invoqué l’article 107 du Code canadien du travail pour intervenir au nom d’Air Canada afin de mettre fin à la grève des agent(e)s de bord moins de 12 heures après son déclenchement. La ministre renvoi ainsi l’affaire au CCRI en imposant un arbitrage de différends.

« Ce n’est pas fini », a déclaré Mark Hancock, président national du SCFP. « Nous continuerons à nous battre sur les lignes de piquetage, dans les rues, à la table de négociation, devant les tribunaux et au Parlement, jusqu’à ce que l’injustice du travail non rémunéré soit définitivement éliminée. Malgré tous les efforts du gouvernement libéral et de ses alliés du monde des affaires, les travailleuses et travailleurs gagneront cette bataille. »

Air Canada savait qu’elle pouvait éviter de régler les enjeux du travail non payé et des salaires de misère des agent(e)s de bord en entravant les négociations ; les libéraux lui ont donné raison une fois de plus.

« C’est absolument honteux et une énorme trahison », a déclaré Candace Rennick, secrétaire-trésorière nationale du SCFP. « La décision du gouvernement d’intervenir en faveur d’un employeur extrêmement rentable, contre une main-d’œuvre majoritairement féminine qui se bat bec et ongles pour sortir de la pauvreté, n’est pas seulement injuste, c’est un abus de pouvoir utilisé pour servir les intérêts des entreprises au mépris des principes d’équité. »

Les mesures prises aujourd’hui par les libéraux ne garantiront pas la bonne entente chez Air Canada. Elles ne feront que repousser les problèmes non résolus, qui continueront ainsi de s’aggraver. Cela ne garantira pas non plus la bonne entente dans ce secteur, car le travail non payé est une pratique qui touche presque l’ensemble du secteur du transport aérien. Cette question continuera de se poser dans les négociations entre les agent(e)s de bord et d’autres transporteurs comme WestJet et Porter, qui n’ont désormais plus aucune raison de négocier, car ils savent que Mark Carney et les libéraux viendront à leur secours.


Le mouvement syndical du Canada est uni face au gouvernement qui viole les droits des travailleurs - Congrès du travail du Canada (CTC)

Déclaration de Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada, à la suite d’une réunion d’urgence des syndicats du Canada concernant la grève des agentes et agents de bord d’Air Canada

«  Ce soir, les dirigeantes et dirigeants des syndicats du Canada se sont réunis en session d’urgence pour faire front commun avec les agentes et agents de bord d’Air Canada pour défier la violation inconstitutionnelle des droits des travailleuses et travailleurs par le gouvernement.

Nous en sommes sortis plus forts et plus unis, avec un message clair que nous allons riposter contre les atteintes du gouvernement aux droits des travailleuses et travailleurs  : une attaque contre l’un d’entre eux est une attaque contre nous tous. Le mouvement syndical se tient ferme et uni, et nous ne tolérerons pas que ces droits protégés par la Charte soient bafoués.

Les syndicats du Canada ont voté à l’unanimité pour demander au gouvernement fédéral de  :

Retirer immédiatement l’ordonnance en vertu de l’article 107 pour mettre fin à la grève légale de la composante Air Canada du SCFP ;

S’engager à cesser immédiatement le recours à l’article 107 pour mettre fin à une grève légale dans le cadre d’un conflit de travail relevant de la compétence fédérale ou pour la prévenir ;

Convenir de modifier le Code canadien du travail afin de supprimer l’article 107, en tant que première affaire à l’ordre du jour à la reprise des travaux du Parlement.

Pour appuyer ces revendications, les syndicats du Canada sont prêts à  :

Coordonner une campagne de riposte, en rappelant aux élus politiques et à la population canadienne plus largement les raisons pour lesquelles ces travailleuses et travailleurs se battent ;

Promouvoir et coordonner les contributions financières des syndicats affiliés et d’autres afin d’aider à régler les coûts judiciaires et autres frais encourus liés à la décision de la composante Air Canada du SCFP de défier l’ordre de la ministre ;

Diffuser rapidement auprès des syndicats affiliés des informations sur les manifestations et autres actions pour assurer un impact maximal ;

Travailler avec le SCFP et tous les syndicats affiliés afin de garantir que, si le gouvernement engage des mesures judiciaires contre ces travailleuses et travailleurs, le mouvement syndical répondra rapidement et sera uni dans une solidarité inébranlable.

Le Premier ministre Carney a été élu pour lutter contre Trump, et non pour miner les droits des travailleuses et travailleurs du Canada. Ce gouvernement a été élu pour protéger nos emplois et nos collectivités, et non pour appuyer des sociétés comme Air Canada qui exigent de leurs employés qu’ils travaillent gratuitement.

Il est temps de prendre la bonne décision et de respecter le droit des travailleuses et travailleurs canadiens à la négociation collective.  »


Grève chez Air Canada - Déclaration de la présidente de la CSN

MONTRÉAL, le 18 août 2025 - Les représentantes et représentants des médias sont priés de prendre note de la réaction de la présidente de la CSN, Mme Caroline Senneville, quant aux récents développements de la grève des agentes et agents de bord d’Air Canada.

« Les agentes et agents de bord d’Air Canada peuvent compter sur la solidarité de la CSN. Les gouvernements Legault et Carney se permettent de plus en plus d’attaques envers le droit de grève et dévoilent leurs vraies couleurs : ils ne sont pas du côté des travailleuses et des travailleurs. Par ailleurs, j’inviterais la ministre du Travail à éviter le recours à l’article 107 pour mettre fin à des conflits de travail, puisque le droit de grève est constitutionnellement protégé. »

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