Édition du 31 mars 2020

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Négociations du secteur public

Le gouvernement doit cesser d’appauvrir les salarié.es du service public

Québec, mardi 12 janvier 2016 - La récente entente conclue entre le gouvernement Couillard et le Front commun, sur les salaires de la fonction publique, a été négociée sur base des paramètres budgétaires tronqués imposés par le gouvernement, et sous la menace constante d’une loi spéciale.

Pierre-Louis Cauchon, co-porte-parole de Québec solidaire dans la région de la Capitale-nationale s’insurge : « Le gouvernement libéral prétend qu’il n’a pas d’argent. Mais il en trouve pour les médecins et pour Bombardier. Pendant ce temps les libéraux veulent nous faire croire que les fonctionnaires qui assurent tous les services à la populations sont des "privilégié.es", alors qu’ils et elles obtiennent un salaire inférieur à un travail équivalent au privé. L’austérité n’est manifestement qu’une stratégie sélective. »

Québec solidaire capitale-nationale, qui a été présent en appui lors de nombreuses actions du front commun dans la région cet automne, tient à féliciter les employé.es du service public pour leur très forte mobilisation. Malheureusement l’entente actuellement sur la table est bien en-deçà des demandes du Front commun. Ce résultat n’a pu être obtenu que sous la menace d’une loi spéciale, cet outil arbitraire qui permet à nos gouvernements de ne pas négocier de bonne foi.

Marie-Ève Duchesne, co-porte-parole de Québec solidaire Capitale-nationale rajoute que « les demandes de départ du Front commun sont en tous points légitimes : rattrapage salarial par rapport au privé, maintien des salaires par rapport au coût de la vie, participation à l’enrichissement collectif. Avec cette entente, les syndiqué.es ne reçoivent même pas la moitié de ce qu’ils demandaient, sans parler des reculs sur les retraites. Aussi, les employé.es de la fonction publique étant en majorité des femmes, ce sont donc encore une fois les femmes qui vont payer le plus pour l’avarice sélective de ce gouvernement. »

Solidarité plutôt que relativité

C’est en introduisant la relativité salariale dans les négociations que le gouvernement a réussi son pire tour de passe-passe. Issue d’un processus différent (la loi sur l’équité), elle devait faire l’objet d’une négociation à part. Injectée dans l’entente, la relativité jette la confusion quant aux véritables gains de convention obtenus (en vrai, 5,25%). Surtout, elle divise les employé.es des services publics en distribuant des gains aléatoires selon les professions, indépendamment des niveaux de salaire.

« Nous soutenons la démarche du conseil fédéral de la FSSS, qui appelle au rejet de l’entente. Puisque le gouvernement a les moyens de donner plus, nous encourageons les employé.es des services publics à s’interroger sur la pertinence d’accepter cette entente, ainsi qu’à maintenir la solidarité avec les syndicats qui sont encore en négociation. Pensons à la FAE et au SPGQ, ou encore à l’APTS pour le volet sectoriel », ajoute M. Cauchon.

« Cette négociation s’inscrit en droite ligne dans la lutte contre l’austérité. Celle-ci est loin d’être terminée, car en plus de toutes les coupures précédentes, les attaques se multiplient : réforme de l’aide sociale avec le projet de loi 70, financement des CPEs, sans parler de la lutte historique et continue des groupes communautaires. Ce gouvernement n’a pas le mandat d’appauvrir les fonctionnaires et de saccager les services publics. Il doit être stoppé. Québec solidaire ne cessera de s’y opposer. Québec solidaire représente la seule alternative aux politiques néolibérales appuyées par les trois autres grands partis », conclut Mme Duchesne.

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